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NÎMES Quel avenir pour les onze familles relogées rue Pierre-Sémard ?

Ce bâtiment était inoccupé avant que 11 familles ne s'y installent (Photo Corentin Corger)

Depuis le 21 septembre, 11 familles déboutées d'une demande d'asile vivent en situation irrégulière dans deux bâtiments de la rue Pierre-Sémard à Nîmes. Différentes associations les soutiennent et ont prévu de se rassembler pour demander au préfet du Gard de leur trouver un logement social et de régulariser leur situation. 

Pouvoir se payer un toit sur la tête n'est pas à la portée de chacun, d'autant plus pour les personnes migrantes. Quand ces dernières fuient leur pays pour se rendre en France, elles sont accueillies au Cada (Centre d'accueil de demandeurs d'asile). Mais si leur demande est refusée, elles se retrouvent dans l'illégalité et en obligation de quitter le territoire français.

Menacées dans leur pays d'origine, ces familles ne souhaitent pas y retourner. Alors elles tentent de se loger comme elles peuvent mais peuvent se retrouver à la rue. Face à cette situation intolérable et aux nombreux cas qui se multiplient, des associations locales comme le DAL (Droit au logement) ou l'Apti (Association pour la promotion des travailleurs immigrants) ont décidé d'agir et de réquisitionner deux immeubles quasiment inoccupés.

À gauche, Monica, entouré de parents, originaires de Serbie (Photo Corentin Corger)

Ces lieux sont la propriété d'une filiale de la SNCF et seul un couple de cheminot réside encore dans une des deux bâtisses, situées rue Pierre-Sémard à Nîmes. Alors ces défenseurs du droit au logement ont ouvert les portes, remis l'électricité et refait quelques travaux après des actes de vandalisme de quelques squatteurs, pour permettre à 11 familles de bénéficier d'un toit depuis le 21 septembre.

En provenance d'Algérie, Maroc, Albanie, Arménie, Géorgie, Tchétchénie et Serbie, au total ces près de 40 personnes relogées sont toutes en situation d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). C'est de Serbie dont est originaire la famille Lazic, composée de quatre enfants dont Monica, 17 ans. "On souhaite vivre tranquille et ne plus avoir peur de la police. C'est mieux ici que de dormir dehors, dans la voiture", déclare l'adolescente en français. Son père nous montre les photos de leur précédent logement. Une caravane située dans un terrain vague près du Marché gare.

Yves Carel, membre de Droit au logement (Photo Corentin Corger)

Environ une vingtaine d'enfants ont trouvé un toit dont trois sont âgés d'à peine quelques mois. Une situation provisoire comme l'explique Roger Mathieu, responsable de l’antenne nîmoise du DAL : "Il n'est pas question de les installer de façon définitive. On veut seulement les mettre à l'abri à l'approche de l'hiver."

Le combat se poursuit désormais avec la préfecture. Une lettre a été envoyée au préfet, Didier Lauga. Elle stipule très clairement : "Nous exigeons une prise en charge sociale de ces familles qui aboutira à un relogement digne et à une régularisation."

Pour faire entendre le message, un rassemblement est prévu devant la préfecture ce jeudi, à 17h30, afin d'obtenir un rendez-vous avec le préfet. "On espère que ce ne sera pas Christophe Malaval (membre du cabinet du préfet, NDLR) qui prendra des notes pour la 15e fois !", peste Yves Carel, membre du DAL.

D'après l'association, près de 800 logements sociaux seraient vacants sur Nîmes et le représentant de l'État a la possibilité d'en réquisitionner. La seconde requête, l'obtention d'un visa, permettrait aux parents de travailler et de poursuivre la vie nouvelle débutée en France, la plupart des enfants de ces familles étant scolarisés. Si rien est fait, ces familles peuvent à tout moment être expulsées dans leur pays d'origine.

Corentin Corger

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6 réactions sur “NÎMES Quel avenir pour les onze familles relogées rue Pierre-Sémard ?”

  1. Faut il encore rappeler le nombre toujours plus grand de nos compatriotes qui sont dans la précarité ?
    Combien sont-ils nos retraités, nos salariés, nos chômeurs à survivre avec qq centaines d’€ par mois ?
    Combien sont-ils à reporter leurs soins, leurs achats, leur retraite, leurs factures jusqu’à l’épuisement ?
    Ces familles Serbes, Tchétchènes, Albanaises, Algériennes, Marocaines, sont sans aucun doute très sympathiques et ce qu’elles vivent est indigne mais voilà, les Français n’en peuvent plus de supporter toujours plus l’incurie des pouvoirs, qu’ils soient Serbes, Algériens, Marocains et … Français parce que nous aussi nous avons des difficultés, des familles monoparentales sans toit, des jeunes à la rue, des laissés pour compte, des « sans dents », des travailleurs pauvres.
    Il faut renvoyer ces familles d’où elles viennent. C’est aux pouvoirs Algériens, Tchétchènes, au roi du Maroc de faire en sorte que leurs compatriotes vivent au pays. Il en est de même pour le gouvernement Philippe et le président Macron.
    La colère gronde. Les Français exigent, à juste titre, la considération qu’ils méritent.
    Sans ça … pas de pacte Républicain !

    Conseiller RN Nîmes

  2. Maroc, Algérie, Croatie …. mais que je sache ce ne sont pas des zones de guerre , alors pourquoi les régulariser ???? , non il faut accompagner leur retour dans leur pays d origine .

    1. Bonjour je suis Française d’origine Marocaines et fière de l’être, certes mon pays n’est pas en guerre mais la France a appelé mon grand-père en novembre 1939 je suis autant française que vous! Arrêté d’écrire des sottises surtout derrière vos écrans! C’est trop facile de critiquer où étaient vos grands-parents pendant la guerre ? Vous me faîtes bien rires

  3. Marre de payer pour ces nouveaux arrivants qui ont droit à tout ce que peut offrir notre pays alors qu’ils sont en situation irrégulière et qu’ils devraient être reconduits manu militari. Par contre, nous, nous ne sommes bon qu’à tout payer au prix fort, à bosser tous les jours, à payer nos impôts, (la France à le taux de prélèvement le plus important de la zone euro) et à fermer notre G !!!! Il serait temps de faire appliquer nos lois et de réserver nos avantages à ceux qui le méritent

  4. Les bas du front peuvent taper sur les pauvres ça rend bien service à Macron. Globalement, quand un soutien financier est retiré à un il est retiré à tous. Il suffit juste de regarder l’histoire au lieu de beugler.

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