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PAROLE DE SUPPORTER « Je suis parti voir un match de foot et suis rentré avec les yeux rouges et la gorge irritée »

Les supporters nîmois n'ont pas pu accéder au stade Vélodrome (photo archives Corentin Corger)
Les supporters nîmois n'ont pas pu accéder au stade Vélodrome (photo archives Corentin Corger)

Partis pour aller supporter le Nîmes Olympique au Stade Vélodrome, les supporters des Crocos ont vécu une drôle de soirée ce samedi. Yann, présent dans l'un des huit bus arrêtés sur l'aire de Lançon, témoigne. 

" Je suis parti à Marseille dans l'un des huit bus de supporters pour clore l'année 2019 par un beau déplacement. J'étais conscient que nous avions des chances de ne pas accéder au stade Vélodrome car nous étions le double de la limite fixée à 200 personnes par le préfet des Bouches-du-Rhône. Mais je crois dur comme fer à la désobéissance civile et pacifique comme moyen de protestation. Nous avions fait la même chose à Nice la saison passée et les forces de l'ordre avaient eu l'intelligence de nous escorter jusqu'au stade et tout s'était bien déroulé.

Au départ, l'ambiance était festive mais les choses se sont tendues à Arles où une escorte policière nous attendait. C'était surprenant car le point de rendez-vous avec les forces de l'ordre était fixé plusieurs kilomètres plus loin, sur l'aire de Lançon. 

Une fois sur place, un peu avant 18 heures, nous avons dû rester dans les bus le temps des négociations, ne pouvant sortir qu'un par un pour satisfaire des besoins naturels. Tout le monde est resté très calme et nous avons même obtenu par la suite le droit de sortir devant les véhicules pour fumer. Environ deux heures plus tard, les supporters responsables du déplacement nous ont donné pour consigne de remonter dans les bus. Nous avons alors compris que nous ne verrions pas le stade Vélodrome. 

Gaz lacrymogènes et coup de matraque pour un chauffeur de bus

Les bus ont fait demi-tour sous escorte en direction de Nîmes. À l'intérieur, nous étions tous dégoûtés et désabusés. Afin que nous puissions voir le match dans un bar, le chauffeur est sorti de l'autoroute vers Salon de Provence. La police nous a alors barré la route pour venir à la hauteur de la porte avant du véhicule. Souhaitant échanger avec eux, le chauffeur la ouverte et a reçu en réponse des gaz lacrymogènes et un coup de matraque sur la main. 

Sommé de repartir mais aveuglé par les gaz lacrymogènes, le chauffeur ne pouvait circuler qu'au ralenti sur l'autoroute. J'étais assis juste derrière lui et il paraissait vraiment mal. Après avoir repris ses esprits, il nous a conduit jusqu'à Nîmes sans encombre. 

Nous pensions que l'escorte s'arrêterait une fois entrés sur le parking du stade des Costières, mais policiers et CRS nous attendaient encore à la sortie des bus. Tandis que les uns nettoyaient les véhicules et que les autres regagnaient leurs voitures, des protestations verbales ont fusé envers les forces de l'ordre. Ces dernières ont immédiatement répliqué par plusieurs charges à grand renfort de grenades de désencerclement, bombes lacrymogènes et tirs de flashball. Chacun a tenté de se réfugier comme il pouvait, c'était le chaos. J'étais parti pour voir un match de football. Je suis rentré sans l'avoir vu, avec les yeux qui piquent et la gorge irritée. "

Propos recueillis par Boris Boutet

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