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MARCOULE Des vœux, des emplois et un couac sur le site nucléaire

(De gauche à droite) Éric Villatel, directeur de Cyclife Socodei, Marie-Emmanuelle Brunel, directrice de la communication de la business-unit recyclage chez Orano, Philippe Regnault, directeur d'Orano D&S Marcoule, Philippe Guiberteau, directeur du CEA Marcoule et Nicolas Cabrière, directeur de Steris Marcoule (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Difficile de faire exercice plus convenu que la cérémonie annuelle de vœux des directeurs des différentes entités du site nucléaire de Marcoule. Reste que, entre les termes scientifiques inaccessibles au commun des mortels et les bons vœux, on trouve chaque année quelques informations intéressantes.

La première est un classique de cette cérémonie : les recrutements. Car « oui, dans le nucléaire sur Marcoule, il y a encore du boulot ! », lancera le directeur d’Orano démantèlement et services Marcoule, Philippe Regnault, reprenant une récente campagne de communication d’Orano. En bref, Orano a recruté 90 salariés en 2019 sur son site de fabrication de combustible nucléaire Melox, précisera la directrice de la communication de la business-unit recyclage chez Orano, Marie-Emmanuelle Brunel, et a prévu d’en recruter 250 (plus 50 alternants) sur le bassin sud-est, comme l’avancera Philippe Regnault.

Tout le monde recrute

Le CEA Marcoule n’est pas en reste, puisque son directeur, Philippe Guiberteau, notera que le site de recherche avait recruté « 90 salariés en 2019, dont 78 en CDI », et que le CEA avait localement « un impact économique de 540 millions d’euros par an. » La filiale d’EDF Cyclife Centraco (ex-Socodei) revendiquera quant à elle le recrutement de « 34 salariés, essentiellement dans le Gard », précisera son directeur, Éric Villatel. Et la plus petite installation du site de Marcoule, Steris, qui fait dans la stérilisation par rayons gamma, a aussi son mot à dire, avec « cinq nouveaux collaborateurs cette année. Nous avons doublé nos effectifs en deux ans », expliquera son directeur, Nicolas Cabrière.

Bref, tout le monde recrute. « Ces vœux permettent de dresser un portrait du dynamisme de l’industrie nucléaire en France », estimera Éric Villatel. De fait, l’industrie du nucléaire a passé une année « de discussions », estimera le directeur de Cyclife Centraco. Un euphémisme pour parler des débats, souvent électriques, qui ont jalonné 2019 sur le nucléaire. L’exemple du débat sur le "Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs", qui avait tourné au pugilat en septembre dernier à Bagnols, en est une bonne illustration, localement.

Dans ce contexte, rappeler le poids économique et les créations d’emplois dans ce secteur, primordial dans le Gard rhodanien, ne fait pas de mal du point de vue des grands donneurs d’ordres.

Le couac

La deuxième information de cette cérémonie de vœux était à chercher du côté des différents projets des opérateurs. Pas tellement le premier essai de vitrification des déchets prévu en 2020 par le CEA, ni les tests de fabrication de Mox à partir de combustible britannique par Melox. Cette information était plutôt à chercher du côté de Cyclife Socodei et de son projet de construction d’une nouvelle unité dédiée au traitement des longues pièces faiblement radioactives, So’Gard.

Un projet compris dans le contrat de transition écologique, qui correspond à un investissement de 60 millions d’euros. « Un projet qui développera les compétences et les savoir-faire industriels dans la région. Un projet source de valeur qui réduit l’empreinte carbone et permet de maîtriser mieux le cycle de vie », soulignera Éric Villatel, comme pour vendre à nouveau un projet qu’on pensait déjà lancé. « J’ai confiance en l’avenir pour que dans les prochains mois des étapes soient franchies sur ce projet », poursuivra-t-il, dans une phrase sibylline qui dénote tout de même d’un couac.

D’après nos informations, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) bloquerait le projet sur des questions de risque inondation, en s’appuyant sur le "Plan de prévention du risque d’inondation". Ce dossier sera, à coup sûr, un des plus sensibles de l’année à venir à Marcoule.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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