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Le 7H50 de Benoît Julien, éleveur à Générac : « Les jours suivant l’incendie, c’est la dépression, le néant »

Benoît Julien, éleveur de vaches et de chevaux, victime des incendies de Générac l'été dernier. (Photo : Stéphanie Marin / Objectif Gard)

À la tête d'un cheptel bovin et équin, soit 80 bêtes en tout, Benoît Julien a vécu des heures sombres l'été dernier, tandis que les flammes menaçaient son exploitation agricole - 40 hectares au milieu desquels sont plantées sa ferme et sa maison - située chemin des Mollières à Générac. Le 30 juillet 2019, dès 14 heures, le Généracois, aidé par ses proches et des bénévoles, a dû évacuer ses vaches et ses chevaux tandis que le feu grignotait ses terres. Une quinzaine d'hectares sont partis en fumée.

 Objectif Gard : Comment avez-vous vécu ce moment où les flammes se faisaient de plus en plus menaçantes sur votre exploitation ? 

Benoît Julien : Sur l'instant, je ne sais pas si j'ai eu peur. On fait les choses comme on doit les faire, machinalement. C'est après qu'on le vit mal, quelques jours après, une fois que la pression retombe. J'ai alors réalisé qu'on a eu de la chance. On a pu tout épargner. Pas grâce à nous seulement, mais surtout aux pompiers et aux bénévoles qui étaient présents. Ce jour-là, ce que nous avons fait a été colossal, quelque chose d'un peu fou mais nécessaire et vital. Le bétail bovins a été évacué chez des amis à Saint-Laurent-d'Aigouze et les chevaux ont été éparpillés dans tout le département.

Et les jours suivants, comment se sont-ils passés ?

Les jours suivants, c'est la dépression la plus totale. Le néant, l'arrêt complet. On se sent vidé. Ça a été comme ça pendant une semaine. Et puis, on s'en est remis même si ça a été compliqué, très compliqué. On a passé un très mauvais été jusqu'aux vendanges. Les vignes n'avaient pas été touchées au premier incendie mais au second (le 2 août 2019, NDLR) deux hectares ont été brûlés.

Quels sont les préjudices causés par ces incendies sur votre exploitation ?

Plus de trois kilomètres de clôtures ont été détruits et divers matériels ont brûlé ainsi qu'une quinzaine d'hectares. La somme du préjudice est relativement conséquente. On a demandé aux assurances un billet de 150 000 euros.

Quelles aides avez-vous reçues ?

Pour tout vous dire, la Mutualité sociale agricole (*)  - et c'est pour ça que j'ai répondu à leur sollicitation - est l'organisme qui a été le plus présent, qui nous a aidé financièrement et moralement. Nous avons été reçus par les assistantes sociales. On nous a aidé à remplir des dossiers. On nous a dédommagé. On nous a déduit des charges. On nous a versé un peu d'argent. Nous nous sommes sentis soutenus, ce qui était vraiment important parce que c'était une période très difficile moralement. Quand ce genre de choses arrivent, on a plus envie de tout arrêter que de continuer. Mais je ne suis pas en train de vous dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce n'est pas vrai parce que d'autres problèmes se greffent.

De quoi parlez-vous ?

De problèmes d'assurance notamment. Six mois après, on vient de toucher un chèque qui représente 9% de la somme demandée. Alors pour pouvoir reconstruire les trois kilomètres de clôture, et parce que nous n'avons pas la trésorerie, nous allons vendre une partie du cheptel bovin, soit 40 vaches.

Propos recueillis par Stéphanie Marin

* La MSA du Languedoc organisait une réunion sur l'exploitation de Benoît Julien, le lundi 20 janvier 2020, jour de lancement de la campagne électorale des délégués (jusqu'au 31 janvier 2020), pour faire le point sur les accompagnements proposés suite aux incendies de Générac. Entre 80 et 100 dossiers spécifiques aux incendies ont été déposés à la MSA.   

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