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FAIT DU JOUR Clément Depres : « J’ai dit au coach que je serai un joker en fin de saison »

À la 64e minute de jeu face à Angers, Clément Depres quittait ses partenaires après avoir inscrit un doublé (Photo Anthony Maurin)

Ce 23 janvier 2020 marque un triste anniversaire, celui des un an de la blessure de Clément Depres, l'attaquant du Nîmes Olympique. Opéré des ligaments croisés, le Gardois aurait dû revenir en septembre mais son genou en a décidé autrement pour une durée encore indéterminée. 

Objectif Gard : Comment avez-vous vécu cette année ?

Clément Depres : Ça n'a pas été la meilleure des années, c'est clair et net. Mais je dis tout le temps que dans chaque épreuve, il y a toujours une opportunité. Pour moi ça a été notamment la marque "Le Nîmois". Ce n'est pas la vie que j'aimerais mener aujourd'hui mais elle n'est quand même pas "dégueu". Je suis footballeur, ça se passe bien. Je ne me plains pas. J'essaie de garder une bonne santé mentale et de me remettre le plus vite possible sur pied.

Quel mot emploieriez-vous pour qualifier cette période ?

Le travail, vraiment. La rééducation ne m'a pas lâché. Il a fallu travailler tous les jours. Ce n'était pas toujours agréable. Je ne me suis pas arrêté. Il y avait toujours quelque chose à faire : la musculation, la piscine, du vélo... 2019 a été une année de travail. Pas celui que j'aime car je préférerais travailler devant le but.

Vous êtes-vous senti accompagné par le club ?

Je suis vachement accompagné par les personnes que je vois tous les jours, notamment les kinés. Le coach prend des nouvelles assez souvent pour savoir comment je vais. Le fait que le club m'ait fait signé à nouveau a été une énorme marque de confiance. Ça m'a fait beaucoup de bien. Cela m'a permis de travailler beaucoup plus sereinement. Aujourd'hui si je n'avais pas renouvelé, je serai en fin de contrat à la fin de l'année. Je ne serais pas dans le même état d'esprit.

Le matin Clement Depres travaille sur le rétablissement de son genou (Photo Corentin Corger)

À quoi ressemble votre quotidien ? 

Je me réserve tous les matins pour travailler sur mon genou. L'après-midi, ça peut être d'autres rendez-vous avec d'autres spécialistes, comme des ostéopathes. Après le repos évidemment et je profite de l'après-midi pour penser à autre chose. La marque de vêtements "Le Nîmois". On a pas mal de boulot pour préparer la nouvelle collection pour la prochaine Feria. Cela m'a permis de complètement oublier la blessure et de basculer dans quelque chose qui me passionnait. Je ne sais pas si je serais autant positif aujourd'hui sans ça. Il y aussi le dressage de mon chien, un Malinois. Au lieu de faire du vélo en salle, je vais dans la garrigue avec lui. Je promène mon chien et ça me fait ma séance de cardio.

Fin juillet, vous disiez être proche de la "flamme rouge" avec un retour espéré pour septembre, que s'est-il passé ?

On était dans les temps sur la première partie de ma rééducation. Quand on arrivait vers la fin sur la ré-athlétisation, alors que j'étais à quasiment deux entraînements par jour, j'ai réveillé un œdème osseux. Mon genou a gonflé, ça a été le signal d'alerte. C'est là où on a pris conscience qu'il y avait un petit souci. C'est très fréquent quand on se "fait" les croisés. Avec la reprise que j'ai fait à Capbreton ou à Nîmes, ça a été très intensif et je l'ai réveillé. Il fallait que j'arrête de courir et éviter les chocs, ça m'a stoppé net. Le genou était vraiment enflammé. Aujourd'hui il a dégonflé mais l'œdème est encore présent. Je ne peux pas reprendre aujourd'hui.

Avez-vous imaginé que rejouer au foot ne serait plus possible ? 

Oui mais ça a duré deux minutes car j'avais vraiment l'impression d'être reparti sur une autre blessure et de pas m'en sortir. Mais même si on ne peut pas me donner de date, c'est physiologique, ça va partir. Ça ne peut pas se passer autrement. On ne peut pas garder un œdème à vie. C'est comme une tendinite, ça s'en va.

"Beaucoup de gens me disent : on a besoin de toi"

Comment vivez-vous ce sentiment d'impuissance en assistant à cette période délicate que traverse les Crocos ? 

C'est vraiment le point négatif de ma rééducation, de ne pas pouvoir aider les collègues aujourd'hui. Il y a beaucoup de demandes surtout au niveau des attaquants où on a dû mal devant à se créer des occasions. J'étais presque une recrue pour le club mais comme j'ai dit au coach que je serai un joker en fin de saison si mon genou le permet. J'espère que ce sera le cas, si je peux aider pour marquer le but du maintien je ne me gênerai pas. De ne pas être sur le terrain j'ai l'impression vraiment de manquer à mon devoir. Beaucoup de gens aussi me demande : "quand je reviens", et me disent "on a besoin de toi". C'est compliqué de leur dire que ce n'est pas pour tout de suite.

Comment votre blessure a-t-elle influencé vos relations avec le reste du groupe ? 

J'essaie de discuter avec beaucoup de joueurs, de remotiver quand je sens un petit coup mou. Je suis là à tous les matches aux Costières. Je vais dans les vestiaires à la fin des matches pour discuter avec certains. Les soirs de défaites c'est très compliqué. D'autant plus pour moi, je suis le plus malheureux. C'est mon équipe, c'est moi qui ai perdu même si je ne participe en aucun cas à cette défaite je la prends aussi pour moi.

Les joueurs prennent-ils souvent de vos nouvelles ? 

Ils sont au courant de l'évolution de mon état. Il n'y a pas que les anciens. Beaucoup de nouveaux s'inquiètent aussi de savoir quand je vais revenir. Je discute pas mal avec Lucas Deaux, Romain (Philippoteaux) ou Zinou (Ferhat). Je sens qu'ils sont aussi impatients que je revienne.

Clément Depres s'impatiente de retrouver les Costières (Photo Anthony Maurin)

Le soir dans votre lit, imaginez-vous votre retour aux Costières ?

Tous les jours ! Maintenant il n'y a pas de match précis. Revoir mes parents en tribune et ne plus être à côté d'eux, ça viendra un jour. Je l'espère en Ligue 1 même si ce n'est pas cette année. J'espère en Ligue 1. J'ai hâte d'y être. Je sais que mon retour est attendu mais faut pas que je déçoive donc je veux revenir à 100% en étant opérationnel mentalement et physiquement.

Si vous pouviez choisir la date de ton retour ?

On va regarder le calendrier (il fait défiler sur son téléphone). Le 11 avril contre Montpellier. Je rentre à la 85e et j'en mets un. On gagne 1-0. Ce match-là a toujours été un objectif. L'année dernière je ne suis pas rentré à Montpellier et pour le match à la maison je me blesse une semaine avant. Je veux marquer aux Costières contre Montpellier. C'est loin d'être impossible, ce serait le retour idéal pour un Nîmois.

Propos recueillis par Corentin Corger

 

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