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SALINDRES-ROUSSON Neuf cas de glioblastome inquiètent les services de l’État

C'est le préfet du Gard, Didier Lauga, qui le dit et qui entame le suivi d'une situation de santé sur les communes de Salindres et Rousson.

Le neurochirurgien Luc Bauchet, spécialiste au CHU de Montpellier du glioblastome (Photo Anthony Maurin).

Salindres et Rousson. Tout a commencé à la fin des années quand une association, l'ADISL, a émis des doutes. En effet, dans le Nord du département, un bassin industriel s'est fortement développé à la fin de XIXe siècle jusqu'aux années 1980. Une étude sur la santé et la qualité de vie y a été menée en 2012 mais le recensement des personnes atteintes de glioblastomes y avait débuté en 2006.

Là est le problème... Le glioblastome. Ce mot barbare signe la présence d'une tumeur primaire du système nerveux central. Parmi les plus agressives connues, la survie du patient à dix ans n'est que de 5 %. Il se trouve que dans le Gard, entre 2011 et 2015, 170 cas de glioblastomes ont été décelé. Dans les seules villes de Salindres et Rousson, on dénombre neuf cas entre 2006 et 2015. Rien de très inquiétant mais quelques soupçons demeurent alors l'État joue franc-jeu.

Pierre Ricordeau, directeur général de l'Agence régionale de santé d'Occitanie au micro (Photo Anthony Maurin).

La surveillance de l'incidence des glioblastomes dans ces communes est désormais à l'ordre du jour. " C'est une information préoccupante et nous allons faire un suivi de la situation de santé. Nous allons agir dans la transparence, rendre les rapports publics. Il y a surmortalité par maladie grave dans ce secteur du département. Les données sont arrêtées en 2015 et il est donc possible que les neuf cas connus ne soient pas seuls. Le 27 février prochain nous allons organiser un comité de liaison ", affirme le préfet ,Didier Lauga.

Sur les neuf cas connus, huit sont décédés et le dernier se porte bien. " L'étude est rendue publique aujourd'hui mais a été mise en place en 2012 à Salindres après plusieurs observations. Les cas sont faibles mais derrière il y a des familles qui sont déjà prévenues ", précise quant à lui Pierre Ricordeau, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Occitanie.

64,5 ans de moyenne d'âge

En fait, entre 2006 et 2010, trois cas ont été recensés, pas de quoi mettre en alerte. Une veille sanitaire suffisait. Entre 2011 et 2015, six nouveaux cas ont été relevés. En tout donc, neuf malades, cinq femmes et quatre hommes d'une moyenne d'âge de plus de 64 ans. Le glioblastome est rare mais la mortalité est importante. Le facteur de risque connu est le rayonnement ionisant. La plateforme industrielle de Salindres proche, le mal était tout trouvé. Sauf que nul n'est sûr de rien.

Ce chiffre de neuf glioblastomes pourrait être tout à fait naturel comme purement inquiétant. Le recensement s'est poursuivi entre 2016 et 2019 et ses conclusions devraient nous parvenir en 2021 mais d'ici là, mieux vaut prévenir et tenter de guérir.

(Photo Anthony Maurin).

Pour l'expert Luc Bauchet, neurochirurgien au CHU de Montpellier, " il est complexe de dire pourquoi et comment. Cette tumeur des cellules de soutien existe parmi 140 autres types. C'est une maladie grave. On parle d'un an de survie en moyenne. Dans ces deux communes, on trouve un peu plus de ces cas mais ce ne sont que des statistiques, il faut les affiner. Dans 95 % des cas, on ne connaît pas les causes. "

Facteurs à risques

Si en France, on en dénombre 3 500 nouveaux cas chaque année, nos neuf cas gardois de Salindres et Rousson sont sujet à questionnements. On le sait, le nucléaire a pris ses aises sur notre territoire. Plus proche dans le secteur, les produits chimiques, pesticides et autres dérivés nitrosourées pourraient éventuellement faire partie de facteurs à risque mais rien n'est encore prouvé.

La plateforme chimique de Salindres (Photo DR Axens).

De son côté, l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) en la personne d'Aubert Le Brozec est claire : " Ce que je peux dire c'est que tout est classique dans nos données. Il n'y a rien d'atypique et aucun événement particulier n'a été recensé dans nos archives. Nous allons continuer d'investiguer. " Une fragilité génétique alliée aux facteurs environnementaux à risques pourrait suffire.

Les boues rouges alors ? Salindres était spécialisée dans l'aluminium et ces boues en sont les résidus, déchets mis sous capsules. On ira voir de ce côté aussi car neuf millions de tonnes sont réparties en deux bassins. Sur les neuf cas détectés, les trois premiers travaillaient à la plateforme de Salindres, les six autres non. Toutes ces familles participent activement aux enquêtes en cours.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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