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FAIT DU JOUR La mairie de Saint-Christol-lez-Alès peut-elle rebasculer à Gauche ?

Jean-Charles Bénézet, maire sortant, et André Montiny, tête d'une liste de gauche. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Jean-Charles Bénézet, maire sortant, et André Montiny, tête d'une liste de Gauche. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

À Saint-Christol-lez-Alès, deuxième commune de l’agglomération d’Alès, l’histoire pourrait bien se répéter. La Gauche, n’ayant pas trouvé un terrain d’entente, part divisée. Et ce n’est pas Jean-Charles Bénézet, le maire sortant (UDI), qui va s’en plaindre, lui qui avait déjà profité d’une situation similaire en 2014.

« La Gauche rassemblée à Saint-Christol-lez-Alès ». C’est le titre du communiqué envoyé à la presse, en septembre dernier. Dans ces quelques lignes, on apprenait que les trois composantes de la Gauche implantées sur cette commune – représentées aux précédentes élections par Philippe Roux (Clarté et Démocratie), Jean Sirvin (Union et Dynamisme) et Suzanne Coulet (Agir Ensemble) – avaient décidé de présenter une liste unique aux élections municipales de 2020.

« Une première pour l’histoire locale », pouvait-on lire. On découvrait également le nom de la personne qui conduirait la liste : André Montigny, choisi « d’un commun accord. » Tous les ingrédients pour faire rebasculer la mairie à gauche semblaient réunis. Jusqu’à ce que les tensions et les rancœurs enfouies resurgissent.

André Montigny, un ancien premier adjoint en tête de liste

Pourtant, dès janvier 2019, des réunions préparatoires entre les membres de "Clarté et démocratie", "Agir ensemble" et "Union et dynamisme" ont eu lieu, motivées par l’envie commune d’éjecter Jean-Charles Bénézet de la mairie. « Pendant plusieurs mois, nous avons mesuré notre capacité à travailler ensemble et un consensus s’était créé, se souvient André Montigny. Alors, en septembre, nous avons commencé à construire le projet. Cela a fonctionné jusqu’au 15 novembre, lorsque le groupe "Union et dynamisme" a voulu nous faire signer un protocole où l’on devait positionner les postes de chacun. Ce sont des vieilles pratiques et leur état d’esprit n’était pas du tout le même que le nôtre. »

André Montingy était premier adjoint sous l'ère de Philippe Roux. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
André Montingy était premier adjoint sous l'ère de Philippe Roux. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Comme dans toute sa carrière d’éducateur physique, André Montigny, 74 ans, mise plutôt sur « l’équipe » et « l’intérêt collectif ». « Nous, nous partons avec l’engagement citoyen comme fil conducteur, poursuit-il. Eux étaient dans la politique politicienne. Malgré tout, nous regrettons cette situation. »

Pour autant, il ne s’avoue pas vaincu. Ancien premier adjoint chargé de la Politique sociale sous l’ère de Philippe Roux, le septuagénaire, bien connu dans la vie associative saint-christolenne, rêve d’une mairie qui retrouve ses couleurs de Gauche grâce à sa liste baptisée "Saint-Christol dynamique et solidaire".

« Alors que Bénézet a supprimé les subventions aux associations, nous souhaitons, si nous sommes élus, les remettre à leur niveau. Nous voulons également donner davantage la parole aux habitants avec, par exemple, des élus référents dans chaque quartier. Nous proposons aussi de construire des infrastructures décentralisées dans des secteurs de la ville qui en ont besoin mais surtout, remettre de l’humain dans la gestion aujourd’hui beaucoup trop comptable de cette commune », explique André Montigny pour donner quelques exemples de projets qui figureront dans son programme, présenté à la population le 28 février, à 18h30, à la Maison pour tous.

Une liste en gestation du côté d’Union et dynamisme ?

Du côté d’"Union et dynamisme", on déplore aussi l’échec du rassemblement de la Gauche. « L’union, ça se fait à deux et en face. Ce n’était pas perçu comme ça », résume Grégory Thomas, président du groupe. « Étant donné que nous laissions le poste de maire, ç'aurait été la moindre des choses de nous proposer un poste d’adjoint, poursuit-il. Nous avons proposé à "Clarté et démocratie" un protocole d’accord où l’on revendiquait des places proportionnelles à nos résultats de 2014. Il a été refusé, donc nous avons repris notre indépendance. »

Grégory Thomas laisse également entendre que « André Montigny a prévu de passer la main à Lionel Sugier (le président de "Clarté et démocratie", Ndlr) en cours de mandat. » Depuis cette rupture, "Union et dynamisme" travaille « d’arrache-pied à monter une liste qui proposerait l'alternative » à la politique de Jean-Charles Bénézet et d’André Montigny. Une tête de liste pourrait être annoncée prochainement.

Jean-Charles Bénézet brigue un second mandat de maire

Entré en campagne il y a quelques semaines seulement, le maire sortant, Jean-Charles Bénézet, 51 ans, a quant à lui bien l’intention de poursuivre sur sa lancée. Celui qui est aussi enseignant-chercheur au sein de l’Institut Mines-Télécom d’Alès n’a pas eu d’hésitation à briguer un second mandat de maire. « J’ai envie de bien faire pour ma commune. Je considère que nous avons déjà réalisé pas mal de choses, mais il y a encore du travail », estime-t-il.

De ces six dernières années, il retient plusieurs réalisations phares : « La construction des vestiaires du Rouret qui a beaucoup marqué la population, mais aussi des travaux conséquents comme la rénovation de l’ensemble des toitures des bâtiments communaux. Cela ne se voit pas, mais pourtant c’était à faire. » Si d’après lui, « 95% du programme a été réalisé », il concède cependant que certains projets peinent à aboutir en raison « des longueurs liées aux demandes de financements et d’autorisations. »

Il regrette, par exemple, « qu’en six ans il n’y ait pas eu d’enquête publique » sur le projet de contournement routier de Saint-Christol. « J’y croyais beaucoup… Mais à chaque fois, les services de l’État demandent des études complémentaires. Apparemment, ce sera pour 2020 », s’avance-t-il avec prudence.

Le maire de Saint-Christol-lez-Alès, Jean-Charles Bénézet. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Quant à son programme pour le mandat à venir, le maire UDI se positionne dans la continuité des actions engagées, notamment sur la sécurité des biens et des personnes : « Nous avons mis en place la vidéo-protection que nous voulons aujourd’hui développer avec plus de caméras. » Jean-Charles Bénézet compte également construire de nouveaux bâtiments pour le tissu associatif, ne pas augmenter les impôts et « garder le cap sur les finances en étalant les projets sur plusieurs exercices. » Présentée le 29 janvier dernier à la population, la liste, baptisée « Saint-Christol pour vous », est renouvelée d’un tiers. Quant à ses adversaires, l’édile n’est pas surpris que « cette soi-disant union qui ne repose sur pas grand-chose » n’ait pas tenue.

Élodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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