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MERCREDI CULTURE Lansky Namek fait rapper les collégiens sur les inégalités hommes-femmes

La rappeuse marseillaise Lansky Namek avec les élèves du collège Eugène-Vigne à Beaucaire. (Photo : Stéphanie Marin / Objectif Gard)

Lundi, les élèves de la 3e C du collège beaucairois Eugène-Vigne ont eu droit à un cours bien particulier animé par la rappeuse Lansky Namek, venue de Marseille.  

Si aujourd'hui, et à seulement 21 ans, Lansky Namek s'est fait un nom dans la sphère hip-hop marseillaise, elle ne cache pas ses débuts compliqués, ses premiers pas hésitants dans un univers dominé par les hommes. La rappeuse a dû faire ses preuves pour se faire accepter.

À force de travail, elle a enfoncé des portes, sans jamais jouer au rôle de la fille parmi les garçons, mais en restant elle-même, "une personne parmi d'autres", avec un tempérament affirmé de garçon manqué certes. Ces portes enfoncées, Lansky Namek les a laissé entrouvertes pour les générations à venir, pour qu'elles emboîtent son pas, "parce que même si les femmes prennent un peu plus de place dans le rap, il y a encore du travail à faire."

"Le rap, c'est pas pour les meufs"

Ce travail, elle le mène depuis le mois de janvier dans quatre collèges gardois - Eugène-Vigne et Elsa-Triolet à Beaucaire et Les Oliviers et Condorcet à Nîmes - dans le cadre du projet "Le rap, c'est pas pour les meufs" initié par l'association Da Storm, en partenariat avec la SMAC Paloma et en collaboration avec l’association "Les culottées du genre humain". "L'objectif est de sensibiliser les jeunes (*) à l’égalité entre les femmes et les hommes à travers le rap, ainsi que de valoriser les femmes du milieu. Trop souvent encore, on parle d'elles davantage pour leur look, leur esthétique ou leur comportement que pour leur travail", explique Thibault Rayne, chargé de projet et de communication chez Da Storm.

Quatre collèges gardois participent au projet "Le rap c'est pas pour les meufs", lancé par l'association Da Storm. (Photo : Stéphanie Marin / Objectif Gard)

Lundi matin, Lansky Namek et Thibault Rayne ont été accueillis dans la classe des 3e C du collège beaucairois Eugène-Vigne. Le son hip-hop rythme ce cours particulier, un atelier d'écriture d'un texte de rap sur le thème des inégalités hommes-femmes. "C'est une méthode amusante, adaptée à notre époque, pour amener les élèves à réfléchir sur le sujet", glisse la Marseillaise avant de rejoindre les apprentis rappeurs tout juste en train de commencer à noircir leur feuille blanche.

Le sujet inspire. Des histoires souvent sombres. "Avec le rap, on peut faire passer des messages", lance Ambre, 14 ans. Avec ses copines, Tiffany 14 ans, Luna et Célia, toutes deux âgées de 15 ans, elle a choisi de raconter, au fil des lignes et des rimes, la journée d'une femme battue à travers ses impressions, ses pensées.

Après les ateliers d'écriture, les collégiens enregistreront leur texte le 24 mars prochain. (Photo : Stéphanie Marin / Objectif Gard)

Jul, Nekfeu, Lomepal, Iam, Hornet la frappe, Alonzo, Booba... Les collégiens ne manquent pas de références. Que des hommes. Et les rappeuses ? L'énumération est plus hésitante : Cardi B, Nicki Minaj, Shay, Chilla. Adem, 15 ans, pointe du doigt "le sexisme" qui sévit dans le rap et empêche les femmes de percer dans le milieu. "Elles ont en tout cas moins de chance d'être connues." La prochaine étape passera par les ateliers d'écriture qui s'achèveront le 23 mars et l'enregistrement de leur production.

Stéphanie Marin 

* Les lycéens des établissements Frédéric-Mistral et Saint-Vincent-de-Paul ainsi que le lycée agricole de Rodilhan participent également au projet.

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