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FAIT DU JOUR Coronavirus : des entreprises gardoises en état d’urgence

Certains salariés ont été mis au chômage partiel ou font du télétravail (Photo : CM)

Depuis plusieurs semaines, l'épidémie du Covid-19 perturbe l'activité des entreprises et celles de leurs salariés. Dans le Gard, le tissu économique s'organise. 

Il y a la santé physique mais également économique qui pourrait être lourdement impactée par le coronavirus. Samedi soir, l’annonce du Premier ministre, Édouard Philippe, a eu l’effet d’une bombe pour une partie des entreprises gardoises. Fermeture des bars, des restaurants et autres commerces non indispensables à la vie du pays... Tel fût le premier coup d’arrêt porté à l’activité du territoire. 

Le recours au chômage partiel

À Nîmes, Xavier Douais, gérant d’une boutique de vêtements, a fermé son entreprise installée dans le centre commercial Cap Costières. « C’est la Cata ! », soupire celui qui, par ailleurs, préside le syndicat patronal CPEM du Gard. Depuis plusieurs jours, le quadragénaire reçoit bon nombre d’appels de chefs d’entreprises inquiets : « Tous nous demandent comment nous allons payer les charges le 15 mars et la TVA du 21 mars ! » Pour l’heure, Xavier Douais a mis au chômage partiel quatre de ses salariés : « Quand il n'y a plus rien qui rentre, il faut minimiser les sorties par peur de mettre la clef sous la porte », confie-t-il.

Le dispositif du chômage partiel est présenté, par le Gouvernement, comme l'une des mesures (*) clés pour permettre aux entreprises de traverser cette crise sanitaire liée à la progression du coronavirus et d'assurer, en cas de réduction ou d'arrêt d'activité, la rémunération des salariés. Un décret sera pris, dans les prochains jours pour le réformer. L'État prendra alors en charge le chômage partiel - 70% du salaire brut - dans la limite de 4,5 SMIC. Autre mesure phare annoncée ce lundi, le ministère du Travail a décidé d’accorder aux entreprises un délai de 30 jours pour déposer leur demande, avec effet rétroactif.

Le succès de ce dispositif n'est déjà plus à prouver. Depuis l'annonce d'Édouard Philippe, "le serveur de l’Agence de service et de paiement accessible aux employeurs pour procéder à leur demande d’activité partielle (aussi nommé chômage partiel, Ndlr) fait face à un afflux exceptionnel qui conduit à rendre le site inaccessible pour de nombreuses entreprises", précise le ministère du Travail dans un communiqué. Des travaux techniques sont en cours pour permettre le bon fonctionnement du site.

Télétravail pour des salariés de Saint-Mamet

D’autres sociétés, comme l’entreprise Saint-Mamet, réfléchissent depuis plusieurs jours à l’évolution de la crise sanitaire. Hier soir le président Emmanuel Macron est allé plus loin dans les mesures de confinement pour 15 jours, limitant les déplacements dans des établissements de santé ou pour faire les courses. Plus robuste, mieux organisée, Saint-Mamet l'avait anticipé. L’entreprise spécialisée dans la conserve de fruits fait partie des activités stratégiques : « Nous fournissons la grande distribution. Nous participons à nourrir les Français », relève le directeur commercial, Ghislain Gelpi.

Du coup, contrairement aux restaurants et autres bars, l’entreprise n’a pas été (pour l'instant) touchée de plein fouet par la crise sanitaire. Son activité dans la grande distribution est en pleine croissance. Elle vient pallier le manque de repas qui ne sont plus servis dans la restauration des collectivités et pour lesquels la société prenait sa part. Outre l'anticipation, Saint-Mamet souhaite participer à l'éradication de l’épidémie.

« Nous avons acheté 38 ordinateurs pour permettre à nos salariés de travailler à domicile. La semaine prochaine, nos 35 salariés au siège travailleront de chez eux », poursuit le responsable commercial qui préserve aussi « l’activité de nos 138 personnes en usine. » Sur le terrain, les commerciaux pourraient être mis au chômage partiel, « puisque les grandes surfaces ne veulent plus de prospection en voiture. »

Craintes pour l'avenir

Au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, les nouvelles restrictions de déplacements mettront un nouveau coup d’arrêt à l'activité économique. À la tête d’une entreprise de 160 salariés dans l’installation de panneaux photovoltaïques, le Nîmois Stéphane Gilli a vu son activité décroître : « Ça a commencé par une baisse des ventes aux particuliers. L’atmosphère est angoissante et avec la mise en place du chômage partiel. On a moins de clients. » 

Aujourd’hui, « nous avons des charpentiers originaires d’Europe de l’Est qui ne peuvent pas rentrer chez eux à cause des frontières fermées », indique Stéphane Gilli, « aussi, nos fournisseurs ne pourront plus nous livrer et nous ne pourront plus nous déplacer. » Du coup, Stéphane Gilli a proposé à ses salariés de décaler les vacances : « Nos ingénieurs sont payés bien au-dessus du SMIC. Du coup, ils ne seront pas payés suffisamment en chômage partiel. Outre l’activité, la gestion de l’humain est compliquée. » Le coronavirus n’a pas encore engendré toutes ses conséquences.

Quelles mesures d'aide aux entreprises ?

Plusieurs mesures d'aides immédiates ont été mises en place par le Gouvernement telles que des délais d'échanges sociales et/ou fiscales (URSSAF, impôts), des mesures exceptionnelles de report de paiement d'impôts directs ou encore et avec la Banque de France, la médiation du crédit. La DIRECCTE du Gard, la Chambre du commerce et de l'industrie (CCI) ainsi que la Chambre de Métiers et de l'Artisanat (CMA) du Gard accompagnent les entreprises dans leur démarche.

Afin de répondre au mieux à l'urgence de cette situation, les deux chambres consulaires ont mis en place des dispositifs exceptionnels d'accompagnement. La CCI du Gard a créé une cellule de crise, ouverte 7j/7 via une adresse email dédiée : covid19@gard.cci.fr et mobilisant 17 conseillers experts sont mobilisés pour répondre à l’ensemble des questions des entreprises et les orienter.

Tous les cas pratiques et situation – entrepreneurs, travailleurs indépendants, commerçants restant fermés ou ouverts - seront pris en compte et étudiés. La CMA a quant à elle mis en ligne un guide pratique pour là encore répondre aux interrogations et aux inquiétudes, mais aussi recueillir les propositions des entreprises artisanales et de les transmettre aux services de la préfecture du Gard.

Stéphanie Marin et Coralie Mollaret 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Coronavirus : des entreprises gardoises en état d’urgence”

  1. Il faut obliger les grosses entreprises (le BTP en particulier, mais pas que) et les grosses fortunes (Arnault, Pinault, Bouygues, Dassault et bien d’autres) à faire preuve de solidarité, en utilisant la manière forte au besoin. Ces gens sont prêts à donner des Millions d’euros pour la reconstruction de Notre Dame, parce que ça rentre dans leur plan com’, alors qu’ils paient pour la solidarité !

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