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ENQUÊTE Homosexuel étranglé et enterré dans la garrigue : deux mis en examen pour une énigme criminelle

Laurent Julien a été retrouvé enterré dans la garrigue en 2011 (Photo : DR)

Sa disparition avait inquiété durant la Feria de Pentecôte 2011 et avait fait la Une des journaux régionaux. La découverte le 3 juillet 2011 par un témoin de son corps enterré dans la garrigue a suscité beaucoup d’interrogations.

De nombreuses pistes ont été explorées, mais les doutes dans ce dossier sont nombreux. Deux hommes proches des milieux islamistes et fichés S sont mis en examen depuis 7 ans pour "enlèvement, séquestration, suivi de meurtre » concernant le décès de Laurent Julien. Un des suspects nie en bloc. L'autre est en fuite depuis 2013.

L'avocate de ce dernier conteste toujours la mise en examen de son client et va d'ailleurs déposer une demande de « démise en examen » dans les prochains jours. « Depuis des années il n’y a aucun élément nouveau dans cette terrible affaire criminelle. Il n’y a aucun indice grave et concordant. Depuis sept ans, il est mis en examen sur la foi d’un témoignage anonyme envoyé aux renseignements intérieurs qui évoque la possibilité pour mon client de détenir une part de vérité, indique maître Kadidja Aoudia alors que son client est en fuite depuis des années. Près de neuf ans après le meurtre et sept ans après sa mise en examen, je ne dispose toujours pas dans le dossier du fameux témoignage anonyme à l’origine de tous ses ennuis judiciaires."

Depuis 2013, deux hommes sont donc mis en examen. Ils ont toujours nié le meurtre du jeune serveur homosexuel qui vivait avec son compagnon au quartier de Pissevin et qui travaillait dans un restaurant sur la rocade d’Alès. L’autre mis en cause dans cette affaire a été depuis arrêté et condamné pour son appartenance à une filière de combattant en Syrie. Dans le dossier criminel nîmois, il nie en bloc toute participation à l'enlèvement ou la mort de la victime.

Laurent Julien disparaît alors qu'il doit rejoindre des copains à la Feria

Pour rappel des faits, Laurent Julien disparaît le 10 juin 2011 au soir, alors qu'il venait d'appeler ses copains en expliquant qu'il arrivait pour faire la fête dans le centre-ville de Nîmes en pleine Feria de Pentecôte. Il part à pied de son domicile de Pissevin, pour prendre la direction des arènes, mais il n’arrivera jamais à destination. Que s’est-il passé et qui a-t-il rencontré en chemin ?

Un appel à témoin est lancé par les autorités et une enquête pour disparition inquiétante activée, mais le disparu ne sera retrouvé que le 3 juillet 2011. Un témoin qui promène dans un champ en dessous d’un pont de la RN 106 et de l’intersection de la vieille route d’Alès, à hauteur des hauts de Nîmes, fait la macabre découverte. Le corps du jeune homme est retrouvé mort et enterré dans un terrain vague, il est habillé d'un simple slip. Des expertises ADN prouveront quelques jours plus tard qu'il s'agit bien du disparu de la Feria, dont le décès est lié à un étranglement.

Les policiers ont multiplié les actes d’enquête. En épluchant les fadettes et le réseau de téléphonie, les enquêteurs ciblent une zone où la victime a passé la soirée. Une certitude : il n'a jamais mis les pieds en centre-ville cette nuit-là et n’a jamais rejoint ses copains de fête, place Montcalm. Son téléphone avant d'être éteint, émet dans un secteur qui passe par chez lui et qui se poursuit vers les hauts de Nîmes, vers l'endroit où le corps sera retrouvé en état de décomposition avancé trois semaines plus tard.

En 2013, l’enquête rebondit avec l’interpellation à Valdegour et Pissevin d’une dizaine d’hommes soupçonnés à l’époque d’appartenir à une mouvance djihadiste. Un des hommes impliqués dans ce réseau sera condamné plus tard par le tribunal correctionnel de Paris pour son implication dans ce réseau.

Des gens détiennent une part de vérité

« Ce n’est pas un homme seul qui a transporté un gaillard comme Laurent Julien dans cet endroit de la garrigue. Il faut être plusieurs. La famille de la victime garde espoir et je suis persuadé que des gens savent, détiennent une part de la vérité. Des témoins sont silencieux à cause d’une certaine loi du silence et des craintes, souligne pour sa part maître Olivier Bessode, l'avocat de la famille de Laurent Julien. Dans ce dossier il y a deux mis en examen. Un est en fuite depuis des années, l’autre a essayé de s’échapper mais il a été interpellé à Toulouse avec une arme et une cagoule dans son véhicule. Lorsque l’on n’a rien à se reprocher on ne s’enfuit pas, on ne garde pas le silence, mais au contraire on s'explique », poursuit Maître Bessode. Il appelle les témoins éventuels à se rapprocher de la justice et de la police : « Un jeune homme qui partait faire la fête une belle nuit d’été a été retrouvé assassiné, sa famille est en droit de connaître la vérité ».

Depuis neuf ans en tout cas l’enquête est enlisée, même si le juge d’instruction poursuit sa quête de vérité. En début de cette année, des résultats complémentaires ADN ont été demandés concernant des objets et éléments retrouvés près du corps. Des expertises qui n’ont malheureusement rien donné.

Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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