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FAIT DU JOUR Réouverture des commerces : chacun son protocole contre le covid-19

À Nîmes, à l'heure du déconfinement (Photo Anthony Maurin).

Presque deux mois que les commerces non essentiels sont fermés. Ils sont enfin autorisés à rouvrir ce lundi 11 mai. En se baladant dans les rues de Nîmes et de Bagnols/Cèze, on peut apercevoir les commerçants s'affairer dans leur boutique pour préparer la reprise. Magasins de chaussures, de prêt-à-porter, de jouets, boulangeries, librairies... Tous ont établi leur protocole pour accueillir les clients dans les meilleures conditions possibles. Tour d'horizon.

À Nîmes, rue de l'Aspic, c'est le grand chambardement depuis mercredi. Chez la franchise Bocage, spécialisée dans les chaussures, " on vient d'être livré ce matin ! On a la nouvelle collection mais aussi le kit sanitaire. Tout sera prêt d'ici l'ouverture que nous ferons mardi. Nous réduisons le nombre d'heures d'ouverture ", assure Anissa Peyret. Par contre, j'ai un peu peur pour Nîmes car je trouve qu'il y a beaucoup de monde dans les rues du centre-ville. Notamment des personnes âgées sans masque... "

Chez Bocage (Photo Anthony Maurin).

Certaines commandes faites par les clients avant le confinement les attendent encore en magasin. Anissa poursuit : " On a été vandalisé. Mais j'ai l'impression que toute la rue l'a été. Mardi, nous serons ouverts de 11h à 19h, venez voir la collection. Et pour ceux qui ont peur de venir en magasin, il reste les commandes sur Internet qu'ils peuvent venir chercher ici ! " Visière, masque, gants, gel, produit pour nettoyer les surfaces, trois clients maximum dans le magasin et deux zones d'essayage séparées : tout a été pensé pour assurer l'accueil des clients en toute sécurité.

À la boulangerie Alle, rue Fresque (Photo Anthony Maurin).

Plus loin, rue Fresque, c'est la boulangerie Alle qui s'apprête à rouvrir. Le patron, Frédéric, a réuni son équipe mercredi pour les salaires et les explications qui vont avec la reprise. " Je ne reprends pas tout le monde pour l'instant... Nous serons cinq au lieu de sept, moi inclus. Nous sommes en train de tout nettoyer, de tout préparer, le magasin comme l'atelier. " La boulangerie sera ouverte 7h-13h30  et de 16h30 à 19h30.

"Nous sommes commerçants et nous n'avons pas l'habitude de dire non"

Le boulanger a perdu 38 professionnels qu'il fournissait avant le confinement. Le lycée Daudet, à deux pas, sera lui aussi fermé. Les banques, le tribunal, la mairie, on ne sait pas trop comment et quand tout cela va redémarrer à 100 %. " On va produire peu et on avisera au fil de la semaine. On essaie de sauver les meubles. J'ai fermé à cause du confinement et du manque de circulation dans la rue Fresque. Je suis relativement pessimiste... ", conclut Frédéric Alle.

L'Eau Vive (Photo Anthony Maurin).

Sylvie Fayard de " l'Eau Vive ", rue Régale, une librairie jeunesse qui vend aussi des jouets, fera aussi respecter plusieurs consignes : " On va demander aux clients de ne pas manipuler les livres, les jouets, les cartes postales. Les parents devront tenir la main de leurs enfants afin qu'ils ne circulent pas dans tout le magasin. Notre priorité, c'est la librairie car le circuit a été bloqué pendant deux mois. "

Le port du masque paraît essentiel, le civisme aussi. Deux par deux dans un magasin, forcément il y aura la queue. Il faudra prendre son mal (qui n'en est pas un) en patience. " J'espère que tout va bien se passer mais c'est stressant. C'est surtout la petite marge d'inconscients qui enquiquine mais on compte surtout sur les 95 % qui se plieront à ces contraintes. Le problème c'est que nous sommes commerçants et nous n'avons pas l'habitude de dire non, ça nous fait plaisir de faire plaisir ", ajoute Sylvie qui est persuadée que les gens sont de bonne volonté.

Chose compliquée à avoir en temps de confinement en passant par le circuit classique, les jeux et jouets. " Si les libraires ont un syndicat organisé, le monde du jouet est parti un peu dans tous les sens ! Je ne vais plus rien mettre à l'extérieur car j'ai peur que les gens touchent tout et nous serons deux à travailler à l'intérieur au lieu de quatre. On s'organise au mieux. On repense tout, on note nos idées... ", termine Sylvie Fayard. La boutique a vécu quelques changements car elle a été entièrement rénovée et les espaces complètement réaménagés.

L'ouverture se fera du mardi au samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h. Les commandes seront à retirer en magasin et deux personnes en même temps pourront pénétrer dans la boutique. À leur disposition, du gel et tout ce qu'il faudra.

Vêtement essayé = plus de 24h avant d'être remis en rayon

À Bagnols-sur-Cèze aussi, Florence Meseguer, présidente de l'association Bagnols commerces et gérante de deux magasins de prêt-à-porter, Jorice boutique et Chantal boutique, prépare sa reprise, prévue ce mardi dès 8 heures. Elle a prévu toute une batterie de mesures pour rouvrir ses deux commerces dans les meilleures conditions possibles. Surtout qu'essayer des vêtements ne peut se faire sans contact.

Dès l'entrée, les clients devront se mettre du gel hydroalcoolique sur les mains et venir équipés d'un masque. Florence Meseguer a fait un petit stock au cas où certains n'en auraient pas. Ceux qui veulent essayer des vêtements devront mettre des gants jetables. "J'ai la chance d'être installée depuis 30 ans. Je connais les goûts, la taille de ma clientèle. Donc une fois le vêtement essayé, j'ai bon espoir que ça convienne et qu'ils partent avec", relate la commerçante. En revanche, si l'habit n'est pas acheté, il ne doit pas être ré-exposer en magasin de suite. "Il faut que je le laisse de côté pendant quatre heures, que je le passe à la vapeur puis le laisser ensuite 24h sur un cintre avant de le remettre en rayon", précise Florence Meseguer.

Florence Meseguer est commerçante à Bagnols-sur-Cèze depuis 30 ans. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Elle a aussi condamné une des deux cabines d'essayage qui sont côte à côte afin de respecter la distanciation. Celle qui fonctionnera sera désinfectée à la vapeur et avec des produits désinfectants après chaque passage de client. Enfin, quand les acheteurs passeront à la caisse, il seront protégés par un hygiaphone. S'ils payent par carte bleue, Florence nettoiera le terminal juste après.

Après chaque essayage, Florence Meseguer va désinfecter la cabine à la vapeur pendant cinq minutes puis la passer au désinfectant. (Marie Meunier / Objectif Gard)

"J'ai espoir que les gens en ont ras-le-bol du confinement, qu'ils ont mis de l'argent de côté et qu'après avoir été frustrés de ne pas dépenser, ils vont se faire plaisir", avance la commerçante. En deux mois de fermeture, elle déplore près de 100 000 € de perte de chiffre d'affaires. Loin d'être compensés par les 2X1 500 € qu'elle a perçus du fonds de solidarité. Elle attend encore des collections qui ne sont pas arrivées. "Mon magasin n'est même pas plein", constate-t-elle. Espérons qu'il soit plein de clients dès mardi, toujours en respectant 1 mètre de distance bien sûr.

En vidéo :

Anthony Maurin et Marie Meunier

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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