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UZÈS Une centaine de personnes mobilisée devant le centre hospitalier Mas Careiron

L'intersyndicale CGT-Sud-FO a appelé le personnel hospitalier et leurs soutiens à se mobiliser ce mardi 16 dans le cadre de la grève nationale. Une centaine de personnes était mobilisée le matin. (Marie Meunier / Objectif Gard)

De 10 à 16h, ce mardi 16 juin, une centaine de personnels hospitaliers et leurs soutiens s'est mobilisée devant le centre hospitalier psychiatrique Mas Careiron, à Uzès, suite à l'appel de l'intersyndicale CGT-Sud-FO dans le cadre du mouvement de grève nationale.

Outre les revendications partagées par les syndicats à échelle de la France, les personnels ont souhaité "dénoncer la gestion de crise inadaptée de la part de la direction". Une vision pas du tout partagée par le directeur, Roman Cencic.

Augmentation des salaires de 300 €, augmentation des effectifs, prime de 1 500 €  pour tous (même en psychiatrie), davantage de moyens pour l'hôpital public, etc. figuraient parmi les principales revendications de l'intersyndicale CGT-Sud-FO. "Cette crise a mis en lumière des dysfonctionnements déjà existants", estime Leïla Tribes, secrétaire CGT au Mas Careiron. Les syndicats reprochent à la direction une "mauvaise gestion des masques" qui sont arrivés en retard et... périmés.

"Nous soignants, avons besoin de reconnaissance, d'un salaire décent pour pouvoir vivre et pas survivre", avance Édouard Gloanec pour Sud. Ils recensent des personnels qui ont été en difficulté pendant la crise notamment les agents des services hospitaliers (ASH), le personnel paramédical... : "On souhaite des embauches immédiates pour soulager les collègues qui sont fatigués."

"On veut pas de médaille en chocolat, mais avoir de la reconnaissance, de revaloriser les conditions de travail et salaire", poursuit Édouard Gloanec. Il déplore "un management actuel de l'hôpital centré sur les économies. On veut redonner ses lettres de noblesse à la fonction publique hospitalière."

L'intersyndicale reproche aussi "un rapatriement en effectif inadapté des personnels sur les structures d’hospitalisation", une "absence de communication claire et harmonisée au personnel sur les consignes" ou encore une "réduction drastique de la réponse ambulatoire par la fermeture des hôpitaux de jours et la mise des CMP en mode restreint."

La direction revendique une gestion de crise "qui s'est plutôt bien passée" avec peu de cas covid

Suite à cette mobilisation, Roman Cencic, le directeur du centre hospitalier psychiatrique Mas Careiron, et Myriam Canonge, coordinatrice des soins, ont réagi aux revendications avancées. Tous deux se disent plutôt satisfaits de la gestion de la crise : "Sur l'ensemble, on a eu très peu de cas comparé au Nord ou d'autres établissements du département. On n'a eu aucun décès", affirme le directeur. Le centre hospitalier recense neuf cas avérés de patients positifs au covid (tous cantonnés dans une maisonnée et restés confinés, NDLR), cinq cas suspects et cinq cas avérés au sein du personnel. Aucune fermeture de lits n'a eu lieu sur les 150 que comptent l'établissement.

"On a appliqué les consignes faites au niveau national avec une adaptation locale. On a le sentiment que la gestion de crise avec l'ensemble du corps médical s'est plutôt bien passée. On a réuni tous les jours une cellule de crise avec les quatre chefs de pôles", explique Roman Cencic, qui poursuit : "Il y a eu un travail de qualité avec un engagement remarquable pour contenir le covid. On a parfois des patients avec qui c'est compliqué de respecter les gestes barrières. Si on a pu réussir le pari, c'est grâce à un engagement professionnel sur le terrain."

Concernant la mobilisation des effectifs, le directeur affirme que du personnel a été mis en renfort dans les unités "alors même qu'elles n'étaient pas pleines" suite à la fermeture de l'accueil maintenant juste les urgences. Une équipe covid a aussi été constituée sur la base du volontariat. Quant aux effectifs, "il n'y a jamais eu autant de personnel recruté" et "une dizaine d'infirmiers a été recrutée depuis le début de l'année et il y a eu un renforcement de l'unité dédiée au spectre autistique."

Jusqu'à une soixantaine d'agents arrêtés pendant la crise

Pour les masques, il reconnaît qu'au départ, ceux qui ont été fournis dataient du H1N1 : "On a eu de la chance d'en avoir garder à l'hôpital d'Alès (Roman Cencic est aussi directeur du CH Alès-Cévennes, ndlr), on a ainsi pu dépanner Uzès. C'est vrai qu'ils étaient périmés mais leur efficacité restait intacte." Myriam Canonge insiste : "L'information a été transmise régulièrement par la direction des ressources humaines. Même si toutes les décisions n'ont pas été acceptées, l'information était là en temps et en heure."

Aujourd'hui, le centre hospitalier du Mas Careiron est toujours vigilant par rapport au covid, en contrôlant régulièrement la température des patients. Il y a toujours une partie du personnel qui est en arrêt, soit par peur du virus, soit parce qu'elle est considérée comme "personnes à risques". Au plus fort de la crise sanitaire, le centre hospitalier a enregistré jusqu'à une soixantaine d'arrêts maladie sur les 700 agents de l'établissement. Le directeur termine : "On est sur des revendications habituelles. Ça fait partie du jeu syndical. Si le Gouvernement décide d'attribuer les 1 500 € à tout le monde, ce sera avec plaisir mais là, je ne peux pas aller au-delà du décret."

Marie Meunier  

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