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BEAUCAIRE De grandes découvertes mises au jour par les fouilles à l’Abbaye Saint-Roman

Jean-Luc Piat, archéologue et directeur scientifiques des recherches, avec une quinzaine d'étudiants ont effectué des fouilles sur le site de l'abbaye Saint-Roman du 6 au 31 juillet. (photo CCBTA)

Percer à jour l'histoire de l'abbaye troglodytique Saint-Roman. Ou du moins une partie car le site mystérieux ne se laisse pas facilement décrypter. C'était l'objectif des fouilles menées en juillet par le directeur scientifique, Jean-Luc Piat et une quinzaine d'étudiants. Et déjà plusieurs découvertes viennent bousculer l'idée que l'on se faisait du lieu. 

"Ce qu'on a trouvé renouvelle beaucoup l'histoire du site. On ne pourra pas tout reconstituer car beaucoup de choses ont été gommées, mais ces fouilles vont permettre de mettre au jour des éléments crédibles, fondés sur la science et pas sur des on-dit", explique Jean-Luc Piat, archéologue bordelais.

Ces fouilles ont donc eu lieu du 6 au 31 juillet. Elles s'inscrivent dans la campagne d'étude programmée d'un projet collectif de recherche mis en place à l'initiative de la CCBTA qui finance les travaux archéologiques avec les soutiens de l’État (DRAC Occitanie) et de l'Europe. Une première sur ce site troglodytique ! Jusqu'alors, aucune sondage du site n'avait été effectué. La collectivité tenait à faire le point sur la chronologie des aménagements encore visibles sur le site et d'en comprendre les dispositions topographiques et fonctionnelles.

Il y a quelques semaines, une stèle a été découverte où figure le nom d'un défunt et une date : 1 100. (photo CCBTA)

Autre élément fortuit qui a motivé les fouilles : la découverte d'une inscription latine sur une stèle en contrebas de l'Abbaye il y a quelques semaines. Dessus figure le nom d'un défunt et une date : 1 100. En-dessous de cette pierre, cinq squelettes ont été retrouvés.

Une dizaine de squelettes a été retrouvée puis sera analysée et datée au carbone 14

Au total, une dizaine d'ossements a été recensée. Ces derniers seront analysés de "manière anthropologique" pour savoir s'il s'agit d'hommes, de femmes, comment ils ont été inhumés... Il sera aussi possible de connaître leur datation en utilisant le procédé au carbone 14. "Ça nous aidera à comprendre l'origine de ce cimetière", ajoute l'archéologue. Le site compte également de nombreuses sépultures vides : on en dénombre environ 200 la terrasse et Jean-Luc Piat estime qu'il pourrait y en avoir entre 500 et 1 000 sur les pentes.

Une dizaine de squelettes a été retrouvée lors des fouilles. (photo CCBTA)

Autre découverte majeure relevée au sein-même de l'Abbaye : "Des dizaines de petites niches sont creusées dans la roche. On a longtemps pensé que c'était soit pour accueillir des luminaires ou que c'était d'ordre religieux", contextualise Jean-Luc Piat. L'équipe de recherche a émis une nouvelle hypothèse, très probable : il s'agirait d'un sanctuaire de répit pour baptiser des bébé mort-nés.

"On exposait les enfants le temps de la cérémonie du baptême. On est à l'époque du Moyen Âge où on pensait que ceux qui n'étaient pas baptisés revenaient hanter les vivants et devenaient des esprits malveillants. Alors l'église a mis en place de système de baptême en urgence pour rassurer les parents qui venaient de perdre leur bébé", avance le directeur scientifique des fouilles. Ce qui lui fait penser cela, c'est aussi l'aménagement d'un couloir où devait arriver l'eau remplissant une cuve baptismale. Si l'hypothèse se vérifiait, il s'agirait d'une découverte unique pour l'époque, où on recense davantage des cimetières de répit.

Mieux comprendre le site pour le mettre en valeur et le préserver

Dernière hypothèse avancée par les chercheurs mais pas aussi évidente que les autres : il y aurait eu deux églises sur le site. Une au sud du plateau et une autre souterraine, dans la crypte. Il faudra attendre un à deux ans pour la communication des principaux résultats et pour la présentation publique des travaux.

Une fois les travaux des fouilles restitués, un architecte prendra en compte ces éléments de découverte pour valoriser et conserver le site. (photo CCBTA)

Fort de ces nouveaux éléments, un architecte prendra ensuite le relais pour réfléchir à la mise en valeur et à la conservation du site. Et ainsi éviter que le piétinement des visiteurs et l'érosion viennent dégrader ce pan unique du patrimoine beaucairois. Pour que ce bijou traverse les époques encore et encore...

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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