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GARD Soldes : l’heure du bilan

A Nîmes, soldes d'été, grande braderie et vid'boutik se sont télescopés (Photo Anthony Maurin).

Les soldes d’été se sont achevés cette semaine partout en France, et notamment dans le Gard. Nous sommes allés voir des commerçants à Nîmes, Alès et Bagnols pour tirer le bilan de ces quatre semaines de bonnes affaires en période de crise sanitaire.

Après deux mois de fermeture pour cause de covid-19 pour les commerçants, ces soldes revêtaient une importance particulière en cet été 2020. Ont-ils tenu leur rang ?

La rue de la République, à Bagnols, jeudi après-midi (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

À Bagnols, nous sommes retournés voir Florence Meseguer, qui tient deux magasins de vêtements dans la principale artère commerçante de la ville, la rue de la République. Pour elle, « le bilan est positif, même si j’en entends dans les grandes villes qui se plaignent. » Sur sa boutique Jorice, qui fait dans les vêtements pour hommes et pour femmes, la commerçante est même « en positif par rapport à l’année dernière » sur les soldes d’été.

Il faut dire que la commerçante, qui préside par ailleurs l’association des commerçants du centre-ville de Bagnols, trouve qu'« il y a plus de gens qui passent, plus de visites. » La clientèle s’est diversifiée cet été, avec « plus de touristes des gens de passage. » Résultat : dans la boutique Jorice, « il n’y a presque plus de stock. » Les soldes ont donc fait leur office.

En revanche, dans sa deuxième boutique, Chantal Boutique, le bilan de ces soldes est « moyen », estime-t-elle. Il faut dire que cette deuxième boutique a une clientèle « plus âgée, pour qui c’est plus difficile avec le masque et les chaleurs de l’été, et certaines clientes ont peur », affirme la commerçante.

Plus loin, la gérante de la boutique de vêtements pour femmes Tentation, Anne Perez, se dit « satisfaite dans l’ensemble » des soldes d’été. Elle n’a pas remarqué de différence fondamentale par rapport à l’été 2019 : « nous avons eu une bonne reprise après le confinement, et pour les soldes, c’est un peu toujours pareil, on travaille bien la première semaine, mais ça s’essouffle vite. »

Reste que bilan qu’elle en fait est « positif », notamment, estime-t-elle, du fait du report des soldes à juillet, plus adapté au marché local. Quant à la clientèle, elle était dans sa boutique plus locale que d’habitude à pareille période : « il y a des étrangers, mais cette année ils consomment beaucoup moins. »

La rue général Perrier à Nîmes pendant la grande braderie (Photo Anthony Maurin).

À Nîmes, cette année, tout ou presque est arrivé en même temps. "D'habitude on se sent seul en été en centre-ville mais là, j'ai l'impression qu'on était un peu comme à la foire. Un coup les soldes sur un mois, une grande braderie sur trois jours et un vid'boutik sur deux, c'est trop pour des consommateurs qui n'achètent presque plus en boutique et qui préfèrent se balader en ville et acheter leurs fringues dans les zones commerciales", note un commerçant de la rue de l'Aspic qui n'y va pas par quatre chemins.

"Oui, je suis venue, j'ai vu mais j'ai toujours l'impression de me faire arnaquer. Ici, les gens pratiquent des prix improbables tout au long de l'année et qu'ils cassent durant cette petite période. À trop nous prendre pour des pigeons on ne vient plus", fulmine une consommatrice qui avoue acheter de plus en plus en ligne ou sur les marchés. Il est certain que les soldes d'aujourd'hui ne sont plus les soldes d'il y a 20 ans. Avant, on accourait pour y dénicher la bonne affaire mais aujourd'hui, pourquoi jouer le jeu ?

"Avec les ventes privées, tout est déjà soldé bien avant que ne débutent les soldes...", affirme un autre commerçant du centre-ville. "Je comprends que les gens soient lassés par toutes ces animations, c'est presque contre-productif pour la consommation d'avoir autant de dates et de ristournes. C'est déstabilisant... Nous sommes en 2020, pendant le confinement les gens sont allés sur Internet et je pense que nous ne tiendrons plus longtemps, surtout si des sociétés comme Amazon s'implantent ici viennent dérégler le peu de marché que nous avons ! "

Les rues et magasins d'Alès n'étaient pas bondés pour ce premier jour de soldes. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Les rues et magasins d'Alès n'étaient pas bondés pour ce premier jour de soldes. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

À Alès, deux jours après la braderie d’été qui marque la fin des soldes, le bilan est plutôt satisfaisant au vu de la situation sanitaire. Jennifer Peniguet, présidente de l’Union des commerçants d’Alès (UCIA), a même été « très surprise » de l’engouement des clients dès le premier jour des soldes, le 15 juillet. « Nous, boutiques indépendantes, avons déjà été très contentes du décalage des soldes, cela nous a permis d’avoir trois semaines supplémentaires à prix non remisés. Et le jour où ça a commencé, nous avons eu un monde impressionnant ! Je pense que cela tient notamment au fait que les gens étaient en vacances, mais aussi peut-être parce qu’il y a eu un phénomène ‘Je consomme local’ pendant le confinement qui s’est poursuivi à la réouverture des commerces », analyse-t-elle.

Également responsable de la boutique Le Duplex, située dans la rue d’Avéjan à Alès, Jennifer Peniguet a fait « le même chiffre que l’année dernière alors qu’on s’attendait clairement à une diminution. » Mais force est de constater que le public n’a pas été découragé par la Covid-19. « Les gens ont bien respecté le port du masque, nous n’avons pas eu besoin de faire la Police. Globalement, les commerçants sont satisfaits car ils imaginaient au départ une situation beaucoup plus catastrophique. » Quant à la braderie, « elle a eu le même succès que l’année dernière », constate la présidente de l’UCIA. « Mais avec deux mois de fermeture, poursuit-elle, nous avons quand même des stocks plus importants que d’habitude que nous devons encore écouler. Nous comptons sur la foire de la Saint-Barthélémy pour le faire. » Celle-ci aura lieu le lundi 24 août.

Thierry Allard (à Bagnols), Anthony Maurin (à Nîmes), Élodie Boschet (à Alès)

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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