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GARD Le député Olivier Gaillard : « Je vais enfin pouvoir démissionner ! »

Olivier Gaillard a été élu député de la 5ème circonscription en 2017. Il a été élu dès le premier tour aux municipales à Sauve (Photo : Coralie Mollaret)

Élu maire dès le premier tour à Sauve aux récentes municipales, Olivier Gaillard a décidé de démissionner de l’Assemblée nationale. Une décision qu’il n’avait pas prévue… Explications. 

Objectif Gard : L’ex-maire conteste votre victoire aux municipales de Sauve. Pendant l’audience au tribunal administratif, le rapporteur public a demandé l’annulation des élections. Comment réagissez-vous ? 

Olivier Gaillard : Ce n’est pas le jugement, seulement l’avis du rapporteur public. Le jugement sera prononcé d’ici 15 jours, trois semaines. On verra bien. Si on annule l’élection, nous prendrons les décisions qui s’imposent. En tous cas, moi, ce que je vois c’est que l’ex-maire, qui a perdu l’élection dans les urnes, s’est engagée sur le terrain judiciaire.

« Les délais de recours s’éternisent… » 

Qu’en est-il de votre mandat de député ? 

Je vais enfin pouvoir démissionner ! J’attends la fin des délais de recours sur les élections municipales de Sauve et j’enclencherai la procédure administrative pour entériner ma démission. D’ici le mois de décembre, je serai parti du Palais Bourbon. 

Même si vous souhaitiez quitter l'Assemblée, vous n'aviez pas prévu ce scénario… 

Effectivement. Ma démission se fait en dehors de la règle sur le non-cumul des mandats. De fait, ça déclenchera l’organisation d’élections législatives. Mais attention : si le tribunal administratif confirme mon élection dans 10 jours, je ne démissionnerai plus. La loi du non-cumul s’appliquera et ce sera ma suppléante qui sera automatiquement élue. 

Pourquoi démissionner maintenant et ne pas attendre la fin de votre contentieux avec l'ancienne maire de Sauve ? 

Étant toujours en contentieux, je pourrais rester député, c'est vrai. Sauf que les délais de recours s’éternisent et ça risque de s’éterniser encore plusieurs mois. Je préfère donc démissionner de mon propre chef.

En France, toutes les élections partielles ont été défavorables à La Républicains en marche. Le parti n’a-t-il pas essayé de vous appeler pour trouver une autre solution ? 

Loin s'en faut ! (Oliver gaillard a démissionné de LREM fin février, NDLR). La preuve en est que lors de la visite du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dimanche dans les Cévennes, nous étions convenu que je puisse poser une question au Gouvernement sur ces intempéries. Une question qui finalement a été retoquée par la présidence de l’Assemblée nationale (Richard Ferrand, NDLR).  

Une autre solution existe pour éviter l’organisation d’une élection : le président du Conseil départemental pourrait vous attribuer une délégation. Dans ce cas là aussi vous seriez assujetti à la loi sur le non-cumul…

Il y a encore une autre possibilité : que je devienne ministre (rires) ! Plus sérieusement, je ne suis pas dans ces combines. Je ne veux pas prêter le flanc à ces conneries.

Comment se dérouleront ces Législatives partielles ? 

J’ai assez de mal à me gérer sans m’occuper de l’avenir politique des autres. 

Votre réaction n’est pas très responsable… 

Je ne vous ai pas attendue pour prendre mes responsabilités. 

« J'ai la reconnaissance du ventre »

Que retenez-vous de votre expérience de trois ans et demi à l’Assemblée nationale ? 

J’ai vécu une belle expérience qui plus est, en tant que rapporteur du budget de la Défense. Après la difficulté, c’est qu’il est quasi impossible de faire entendre la voix des territoires ruraux à Paris. C’est ce qui m’a le plus affecté. Quel que soit le parti politique, notre constitution donne un pouvoir fort au président de la République et les députés sont élus dans la vague de la Présidentielle. Tout ça fait qu’un parlementaire n’a pas un rapport de force suffisant. On ne peut pas à la fois être député d’un territoire et d’un parti. 

Cette réponse ressemble à un aveu d’échec…  

Tout dépend la manière dont on voit les choses. Ça peut être une forme d’aveu d’échec mais ça peut être aussi une forme de courage. Il faut être droit dans ses bottes et pouvoir se regarder dans la glace. Quand je défends des éleveurs gardois, je ne peux pas 15 jours après voter le CETA (Accord économique entre le Canada et l'Union européenne, NDLR). Quand je ne peux pas, je ne peux plus. La difficulté, c’est que quel que soit le parti et le Président, s’il n’y pas une refonte de la Ve république, nous sommes toujours dans cette problématique. 

N’est-ce pas justement là l’échec du Président Macron, lui qui promettait pendant la campagne de faire de la politique autrement ? 

Absolument pas. Je ne veux pas être aussi affirmatif. À un moment donné, j'ai la reconnaissance du ventre. Moi, je n’aurais jamais été élu sans l’étiquette La République en marche. Et je pense aussi que le linge sale, ça se lave en famille. Pas dans la presse. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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