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FAIT DU JOUR Benjamin Bonzi : « J’aborde mon second Roland-Garros avec plus de maturité qu’en 2017 »

Né à Nîmes, formé à Anduze, Benjamin Bonzi est de retour à Roland-Garros. (Photo FFT)

Trois ans après sa première participation, Benjamin Bonzi est de retour à Roland-Garros. Aux portes du top 200, le tennisman anduzien de 24 ans est le seul joueur français à s'être défait des trois tours de qualification. Pour son entrée en lice dans le tableau principal, il retrouvera ce dimanche l'espoir finlandais Emil Ruusuvuori, 93e au classement ATP. Entretien. 

Objectif Gard : On compare souvent les qualifications des tournois du Grand-Chelem à un parcours du combattant. Comment se sont-elles passées pour vous ? 

Benjamin Bonzi : Je suis un peu un survivant car j'aurais pu passer à la trappe d'entrée de jeu. Contre le Tchèque Zdenek Kolar j'étais mené 5/2 dans la manche décisive et j'ai dû sauver cinq balles de match. Ce succès m'a donné confiance et j'ai fait un très bon match contre Ivo Karlovic. Il est très expérimenté et a été dans le top 20 mondial. Son service est considéré comme l'un des meilleurs du monde et c'est très compliqué de jouer contre lui. Les échanges sont courts et il frappe très fort mais j'ai réussi à m'en sortir en deux sets. Je n'ai pas eu à jouer mon dernier match de qualification car mon adversaire a déclaré forfait.

Vous affrontez ce dimanche un espoir du tennis mondial, le Finlandais Emil Ruusuvuori. Est-ce un bon tirage ? 

J'aurais pu tomber sur un joueur du top 10 mondial, donc oui, c'est un tirage plutôt clément. Maintenant, il est classé 130 places devant moi à l'ATP, donc je ne serai pas du tout favori. Mais de toute façon, depuis le début des qualifications, je n'ai affronté que des joueurs mieux classés que moi.

Que connaissez-vous de lui ?

Pour être honnête, il doit être l'un des rares joueurs que je n'ai jamais croisé sur le circuit. Je ne sais pas du tout comment il joue. Je vais regarder quelques vidéos avec mon coach pour préparer un plan tactique pour mon match, mais c'est sur le court qu'il faudra s'adapter. Ce qui est sûr, c'est qu'il est dans les 100 meilleurs joueurs du monde à seulement 21 ans. C'est costaud.

Vous, à 21 ans, vous n'étiez pas dans le top 100 mais vous disputiez aussi votre premier Roland-Garros. Vous battiez d'ailleurs au premier tour Daniil Medvedev, aujourd'hui dans le top 5 mondial. 

Oui, il était encore loin de ce niveau là (rires). Mais c'est vrai que c'était déjà une belle performance.

Le service de Benjamin Bonzi est l'un de ses points forts. (Photo FFT)

Par la suite, les choses se sont compliquées pour vous et vous avez eu du mal à confirmer les espoirs entrevus. Comment l'expliquez-vous ? 

J'ai connu quelques pépins physiques qui m'ont handicapé à la fin de l'année 2017 et au début de l'année 2018. Derrière j'ai eu quelques soucis personnels. Plein de petites choses se sont ajoutées et la confiance est un peu tombée. Tout va très vite dans le tennis. Dans les deux sens.

Vous êtes à nouveau dans une phase ascendante depuis le début de l'année 2020. 

Oui, j'ai pris pas mal de décisions difficiles l'hiver dernier. J'ai décidé de partir de Toulouse où je m'entrainais depuis six ans et où tout se passait bien. J'avais besoin de changer tous mes repères pour me relancer. Je suis parti à Marseille et j'ai travaillé avec un nouveau coach, Lionel Zimbler. Je me suis mis en danger. Je ne pensais pas forcément avoir des résultats tout de suite mais, dès cet hiver, ça a payé avec de nombreux succès.

"Lors d'un tournoi au Portugal, des bergers passaient à cinq mètres des courts pour ramener leurs chèvres qui rentraient du pâturage"

Sur le plan économique, beaucoup de joueurs expliquent qu'il est très difficile de vivre du tennis en dehors du top 100 mondial. Qu'en est-il pour vous ? 

Franchement, je n'ai pas à me plaindre à ce niveau là. J'ai eu la chance de participer à Roland-Garros en 2017 et à Wimbledon en 2018. En Grand-Chelem, les rentrées d'argent sont importantes (en se qualifiant pour le tableau principal de Roland-Garros, Benjamin Bonzi est assuré de gagner 60 000€, Ndlr). J'ai assez bien géré mes revenus et j'ai gagné pas mal de matches en début d'année donc ça va. Mais c'est clair qu'en dessous du top 250, sans les qualifications pour les tournois du Grand-Chelem, ça peut vite devenir compliqué.

Le circuit secondaire est souvent réputé pour être folklorique. Avez-vous des anecdotes à raconter ?

En 2016, je participais à un tournoi Future au Portugal. Tous les soirs à 18 heures, des bergers passaient à cinq mètres des courts pour ramener leurs chèvres qui rentraient du pâturage. On était obligé d'interrompre les matches pendant une dizaine de minutes pour pouvoir nous concentrer de nouveau (rires).

Ces expériences vous ont-elles rendues plus fort qu'en 2017 ? 

Je veux le croire. Je suis plus mature que lors de mon premier Roland-Garros. Je pense que je gère mieux le côté émotionnel et aussi tout ce qui se passe hors du court.

Comment décrieriez-vous votre style de jeu ?

Je pense que je suis un joueur complet. Quand je suis en forme, je m'appuie sur mon service pour développer un jeu offensif. Mais je suis capable de défendre et de contrer aussi. J'aime bien toutes les surfaces, j'ai réussi à avoir de bons résultats sur chacune d'entre elles.

Vous-êtes loin du Gard depuis plusieurs années. Avez-vous gardé des attaches dans le département ?

Absolument. Ma famille vit toujours à Anduze. J'y ai fait toute mon enfance et j'adore y retourner. J'aime ce côté calme au milieu des montagnes.

"Je continue à progresser"

Comment préparez-vous votre match de dimanche ? 

J'ai fait un dernier entraînement samedi après-midi puis l'objectif a été de bien récupérer et d'analyser en vidéo le jeu de mon adversaire. De toute façon, ici, l'ambiance est beaucoup plus calme qu'à l'ordinaire. On n'a le droit de circuler qu'entre l'hôtel et le club. Il y aura moins de public, ce qui signifie moins de pression mais aussi moins de soutien. Après, il y a des problèmes beaucoup plus graves que le tennis en ce moment. Je pense qu'il faut simplement profiter de l'instant et se faire plaisir sur le court.

Quel sera votre programme et vos objectifs après Roland-Garros ? 

Je vais faire quelques tournois Challenger en Espagne et au Portugal, sur terre puis sur dur. Avec la Covid, il y a moins de tournois et ils sont donc plus relevés. Je vais me rapprocher du top 200 mondial avec les points gagnés grâce aux qualifications de Roland-Garros. L'idée c'est d'y rester pour pouvoir participer aux qualifications de l'Open d'Australie, en janvier. Pour la suite, je ne me fixe pas de limite car je suis encore en train de progresser. La moyenne d'âge des joueurs du top 100 n'a jamais été aussi élevée et le niveau aussi relevé. En Challenger, les matches sont très ouverts et ça se joue sur des détails. Beaucoup de joueurs arrivent à maturité sur le tard. J'espère être de ceux-là.

Propos recueillis par Boris Boutet

Dimanche 27 septembre à partir de 11 heures. Benjamin Bonzi affronte Emil Ruusuvuori sur le court 13 de Roland-Garros. Match à suivre en intégralité sur le site internet de FranceTV Sports.

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