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FAIT DU JOUR Françoise Laurent-Perrigot : « Je veux que le Département reste à Gauche ! »

Francoise Laurent-Perrigot, élue socialiste du canton de Quissac. Discrète et consensuelle, elle serait la plus à même de faire consensus (Photo : droits réservés)

Première femme élue au Conseil départemental en 1981, la socialiste Françoise Laurent-Perrigot est la candidate de la Gauche pour présider la collectivité en novembre. Une élection qui fera suite à la démission du président sortant, Denis Bouad, élu au Sénat. 

Objectif Gard : Les conseillers départementaux de Gauche vous ont choisie, lundi, pour remplacer Denis Bouad. Êtes-vous satisfaite ? 

Françoise Laurent-Perrigot : Effectivement, j’ai été désignée par mes collègues de la majorité. Je suis quand même lucide, la tâche ne va pas être facile. En majorité relative, le contexte est loin d’être simple. Ce que je veux c’est que le Conseil départemental reste à Gauche. Il l’est depuis toujours… Toutefois comme en 2015, cette élection n'est pas acquise. La Gauche n’a qu'une majorité relative. Si la Droite s’allie au Rassemblement national, le Département changera de majorité. 

« Ma carrière politique est dernière moi » 

Pourquoi est-ce vous qui avez été choisie ?

Ce sont mes collègues qui m’ont proposée, je ne me suis pas présentée. La situation n’est pas simple et contrairement à ce que l’on peut penser, il n’y avait pas tellement de candidats. Après, je suis élue depuis longtemps (soit 39 ans, ndlr). Ma carrière politique est dernière moi. Ça compte pour assurer l'intérim de la présidence avant les nouvelles élections. Ensuite comme cela a été dit, je ne suis pas quelqu’un de clivant. Je m'entends bien avec tout le monde. 

Malgré votre longévité politique, vous êtes une élue très discrète. On ne vous connaît pas vraiment !

Ah oui... C'est vrai. Que dire ? Je suis née dans une famille très politique, j’ai toujours baigné dedans. Mon grand-père, Léon Castanet, a même été président du Conseil départemental de 1957 à 1961. Mon père, Francis Perrigot, a été conseiller départemental du canton de Lédignan (aujourd’hui Quissac, ndlr). À sa mort, j’ai pris la suite en 1981. Employée comme chef de service aux Festivités puis au service Retraite, je me suis mise en disponibilité. En parallèle, je suis exploitante agricole dans le secteur viticole. 

Avec 39 ans de carrière politique au compteur, quel a été votre moment le plus joyeux et a contrario, le plus difficile ? 

Mon élection au Département en 1981 a été un grand bonheur. À l’époque vous savez, il n’y avait de femme conseillère départementale. Encore moins de jeune femme (Françoise Laurent-Perrigot avait 31 ans à l'époque, NDLR) issue d'un canton rural. D’ailleurs, pendant longtemps, je suis restée seule (rires) ! Ensuite comme autre moment heureux, il y a eu l'élection à la mairie d’Aigremont en 1985. Proche des gens, le mandat de maire est formidable.

D'accord mais qu'en est-il des déconvenues ? Peut-être votre défaite aux élections sénatoriales de 2014 ?  

Oh... Oui, ça a été un coup dur. J’étais sénatrice sortante, élue la première fois en 2008, sur mon nom. Seulement, la défaite de 2014 s’est faite sur un scrutin de liste, en raison de la modification du mode de scrutin. Donc, cet échec n'a pas été aussi violent que si j'avais perdu sur mon nom. On ressent les choses de façon moins personnelle.

Un autre moment douloureux a peut-être été votre condamnation, en 2001, dans l’affaire des emplois fictifs de Gilbert Baumet ?

Oui. Ça a été un épisode vraiment dur. 

« Moi, j'ai confiance en Alexandre Pissas » 

Revenons au Conseil départemental. Vous qui êtes élue depuis 1981, comment la collectivité a-t-elle évolué ? 

J'ai assisté à la décentralisation des années 80 qui a permis de donner plus de pouvoir au Département, notamment avec la gestion des collèges, des routes. À l'époque j'étais vice-présidente en charge des Collèges. Je trouvais ça génial de pouvoir répondre plus rapidement aux besoins des administrés. Hélas aujourd'hui, je constate que l’État nous retire des compétences, des moyens avec la baisse des dotations. C’est dommage ! Pour moi, élue locale, être proche des gens nous permet d'être plus à même de répondre leurs besoins.

En novembre doit se tenir l'élection d'un nouvel exécutif pour succéder à Denis Bouad élu au Sénat. Comment allez-vous faire pour conserver la collectivité à Gauche ? Comment allez-vous convaincre Alexandre Pissas de rester dans sa famille politique ?

En politique, il ne faut jamais être excessif. Moi, j'ai confiance en Alexandre Pissas. C’est un élu de Gauche. C’est un homme qui vient de vivre une déception aux Sénatoriales... Il a été meurtri. Pour autant, Alexandre Pissas est un élu responsable qui, comme moi, aime son département. Je souhaite, je pense et, j’en suis même pratiquement sûre : il aura à cœur que le Département conserve la majorité actuelle. 

Reste que comme en 2015, il faudra sûrement donner des gages à Alexandre Pissas pour qu'il reste dans votre camp. Que lui avez-vous promis ? 

Alexandre Pissas ne sera pas laissé de côté. Il n’y a pas de raison. Chaque conseiller départemental doit être respecté.

Quels rapports entretenez-vous avec Laurent Burgoa, président Les Républicains du principal groupe d'opposition ? 

J’ai de bons rapports avec tous. On a des différences politiques, c’est important, c'est même l’humain. Ça fait notre diversité. Après, il ne faut pas être obsédé par ça. 

On écoute beaucoup d'élus de Gauche dire que le Département doit rester à Gauche. Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous distingue de la Droite ? 

Déjà, nous avons fait du bon travail ces cinq dernières années. Malgré les difficultés financières avec la baisse des aides de l’État, nous avons continué à investir en construisant des collèges : deux sur le mandat (Mas de Mingue et Remoulins). Il y aussi le projet du raccordement des communes en Très haut débit. Dossier que je porte et qui devrait être terminé en 2022. Ce n’est pas n’importe quoi. Et puis nous avons continué à investir dans l’aide aux communes et à soutenir les associations dans les domaines du sport et de la culture. Des compétences facultatives. Si la Droite arrivait au pouvoir, elle ne continuerait peut-être pas ces actions...

Si vous êtes élue, en quoi serez-vous différente de Denis Bouad ? 

On a tous notre propre personnalité et nos manières d’agir. Franchement je ne sais pas quoi répondre… Ce que je sais, c’est que je travaillerai avec mes collègues en nous mettant tous autour d’une table pour discuter. C’est indispensable. 

« Quand on est élu, on est d'abord au service des autres »

Vous êtes élue socialiste au Conseil départemental. Êtes-vous à jour de vos cotisations ? 

Mes cotisations d'élu non, de militant oui. Comme d'autres, j'ai arrêté de payer au moment où le Parti socialiste a connu ces problèmes de détournement de fonds. Certaines choses ne m'ont pas plu. Après, on en discutera entre nous.

Enfin si vous êtes élue en novembre pour assurer l'intérim, briguerez-vous la présidence du Conseil départemental après les élections de mars ? 

Pour l'instant, je suis là pour les quelques mois qui nous séparent des élections départementales de mars. Après, il y a de grandes chances que je sois candidate sur mon canton de Quissac. Quand on est élu, on est d'abord au service des autres. Le reste, on verra. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

 

 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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