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GARD « Papa, maman, je vous aime, mais je vais vous tuer »

Mis en examen pour tentative de meurtre, le fils ne sera jamais jugé.

(Photo d'illustration)

Cet homme âgé de 50 ans a été déclaré irresponsable pénalement par la chambre de l’instruction de Nîmes. D’après les expertises des psychiatres, son discernement était aboli au moment de l’agression de ses parents.

De l’extérieur, il était difficilement imaginable de connaître le mal profond et incurable qui rongeait cet homme depuis des années. Surveillant pénitentiaire aux Baumettes, il était inséré professionnellement, mais totalement dévoré par sa maladie qui l’isolait dans sa vie intime et privée. « Il a fait plusieurs poussées psychiatriques qui ont tendance à s’aggraver à chaque fois. Le premier épisode date de 10 ans avant les faits avec des compensations délirantes », assure la médecin psychiatre venue résumer « les délires » de cet homme incarcéré depuis l’agression de ses parents survenue en juin 2019 dans un village proche d’Uzès.

« Cette nuit-là, il est deux heures du matin lorsqu’il hurle dans la maison, se tape la tête contre les murs. Il tient des propos incohérents et veut tuer ses parents », résume Christophe Teissier, le président de la chambre de l’instruction de Nîmes. « Papa, maman, je vous aime mais je vais vous tuer », disjoncte le fils de la famille. Il se saisit d'un couteau et poignarde à plusieurs reprises son père âgé de 74 ans... La victime est grièvement blessée et prise en charge par les secours. Hospitalisé, le septuagénaire a une ITT fixée à 30 jours.

La mère de l’agresseur, qui essaie de le calmer, est également blessée mais plus légèrement. Elle est obligée de s’enfermer dans une chambre alors que son fils hors de lui essaie de casser la porte. Heureusement pour elle, des voisins, puis des secours vont la sauver. Le fils ne se souvient de rien. Il est incapable de donner la moindre explication d’autant qu’il s’entendait bien avec ses parents. "Il aurait pu s'en prendre à n'importe qui car il est malade depuis longtemps et il doit être traité dans une unité spécialisé. Sa place n'est pas en prison", souligne avec conviction l'avocat du mis en examen, maître Roch-Vincent Carail.

Ce surveillant pénitentiaire en souffrance imaginait que la directrice de la prison était amoureuse de lui car un jour elle était venue s’asseoir près de lui. Il pensait que ses collègues lui en voulaient. Un délire envahissant avec au final un homme qui est devenu quelqu’un d’autre pour s’en prendre à ses parents. « C’est un trouble qui ne peut pas disparaître. Ce qu’il a vécu, il pense que c’est la réalité. Monsieur relève d’un suivi psychiatrique. Il doit être traité sans son consentement et son irresponsabilité pénale est évidente », conclut l’expert.

Il sera suivi dans ses conclusions par les magistrats de la cour d’appel de Nîmes qui ont rendu leur décision vendredi 4 décembre alors que l'audience s'est tenue il y a une quinzaine de jours. Cet homme accusé de tentative de meurtre sur ses parents ne sera donc jamais jugé.

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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