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ALÈS Conseil communautaire : l’Agglo met le paquet pour enrayer la délinquance

46 délibérations étaient au menu de ce conseil communautaire d'Alès Agglomération organisé ce mercredi dans la salle des assemblées du bâtiment Atome. (Photo Corentin Migoule)

Le conseil communautaire, qui s’est tenu hier soir dans la salle des assemblées du bâtiment Atome, a donné l’occasion à son président, Christophe Rivenq, d’entreprendre plusieurs mises au point, avant d’inviter les élus des 72 communes membres à voter une quarantaine de délibérations où la lutte contre les phénomènes de délinquance figurait en bonne place.

« Ce conseil d’Agglo est le dernier d’une année compliquée », embrayait d’entrée Christophe Rivenq hier soir, dans la salle de réunion du bâtiment Atome, après avoir invité les 112 conseillers à s’asseoir pour entamer une assemblée qui avait déjà pris un quart d’heure de retard. D’autant qu’avant de voter la première des 46 délibérations à l’ordre du jour, le président d’Alès Agglomération s’autorisait quelques mises au point relative à l’actualité du territoire.

L’avenir de l’entreprise Crouzet Automatismes, dont le site alésien qui emploie 64 personnes va sans doute fermer, inquiète. « Nous sommes en contact avec les dirigeants de l’entreprise et nous avons exigé des réponses pour, autant que faire se peut, tenter de sauver le site d’Alès. Si par malheur cette entreprise devait fermer, ce ne serait pas avant mi-2022 ce qui nous laisse quelques mois pour trouver des solutions », indiquait Christophe Rivenq. Par ailleurs, il reconnaissait que « le premier trimestre 2021 est celui de tous les dangers au niveau économique. » Ainsi, Jalil Benabdillah, premier vice-président au Développement économique d’Alès Agglo, mentionnait le début d’une « tournée fastidieuse mais indispensable des principaux entrepreneurs du territoire pour faire un état des lieux après neuf mois de crise sanitaire. »

 Le dossier alésien techniquement retenu

Dans un second temps, le président d’Alès Agglomération se montrait confiant mais prudent quant à l’arrivée d’un centre pénitentiaire en 2025 sur le bassin alésien. Ce dernier « nous a été annoncé par le premier ministre de l’époque, M. Valls, puis confirmé par M. Philippe et à nouveau par M. Castex », a d’abord rappelé Christophe Rivenq. Et d’ajouter : « J’ai eu la semaine dernière le cabinet du Garde des Sceaux qui m’a promis qu’aucune décision n’avait été prise mais que le dossier alésien était techniquement celui qui était retenu. »

Après avoir rafraîchi la mémoire des conseillers quant aux enjeux que représente l’implantation d’un centre pénitentiaire de 450 places sur le territoire (au moins autant d’emplois directs et indirects et un renforcement durable du tribunal d’Alès notamment), entièrement à la charge de l’État, le premier adjoint à la mairie d’Alès faisait part de sa volonté de travailler, « avec les maires des communes concernées », dans une forme de confidentialité profitable à l’avancée du dossier. « J’ai proposé au ministre de la Justice un nouveau lieu, qui semble correspondre aux critères requis, pour qu’il diligente une étude de terrain. Si ce dossier ne convient pas, alors je crois qu’on pourra dire qu’on a fait le tour et il faudra faire une croix pour une prison sur Alès », a-t-il conclu, précisant que le lieu serait annoncé rapidement en cas de validation.

La création d'un outil pour endiguer et prévenir la délinquance

Ces points abordés, le vote des délibérations pouvait s’enclencher et très vite arrivait sur la table le projet de création d’un conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD). Un dispositif qui débutera par un état des lieux des communes avant « un démarrage fin 2021 ou début 2022 », dixit Serge Bord, maire de Saint-Julien-les-Rosiers, délégué au CISPD, qui voit en cette création d'outil « un moment marquant pour notre territoire. » Outre les maires, l’instance inclura, entre autres, le sous-préfet, le procureur de la République, les représentants des forces de l’ordre et les associations œuvrant dans le domaine de la prévention.

Parce que « la délinquance de Concoules n’est pas la même que celle de Cendras ou celle d’Alès », toutes les municipalités ne seront pas réunies pour traiter les mêmes problématiques. Voté à l’unanimité, le projet a donc reçu un accueil favorable par les membres de l’assemblée, à commencer par Sylvain André, maire de Cendras, dont la commune connaît des problèmes d’incivilités. « Ce CISPD aura un véritable poids pour essayer de trouver des solutions. C’est un acte politique fort », a notamment réagi l’édile cendrasien. « Que la réflexion soit globale et l’action localisée en fonction des besoins », a abondé Patrick Malavieille, maire de La Grand-Combe, avant d’alerter sur « la question de l’habitat insalubre et des marchands de sommeil qui engendrent parfois des situations difficiles sur nos communes. »

L'obtention d'un label unique en Occitanie

Dans la même veine, profitant à la teneur des débats, le conseiller communautaire Paul Planque, dont les habituelles passes d’armes avec Christophe Rivenq n’ont cette fois-ci pas eu lieu, tirait la sonnette d’alarme au sujet de la répartition des logements sociaux sur le territoire. « Sur Alès, le taux actuel de logements sociaux est de 31 %. Il est bien loin de répondre aux besoins de la population et je crains que ce projet de renouvellement urbain ne le diminue encore », a notamment lancé la tête de liste du "Printemps alésien" lors des dernières élections municipales.

Jean-Michel Perret, maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, profitait de l’aubaine pour signifier sa volonté d’accueillir sur sa commune des logements sociaux, « parce que je pense qu’il y a un effort de solidarité à avoir. » Et de poursuivre : « Mais le logement social ne doit pas être créé de manière concentrationnaire, en ghettos. Mon équipe et moi-même refusons la politique du chiffre que les services du préfet souhaitent nous faire appliquer. »

Ainsi, en un peu moins de trois heures, le dernier conseil communautaire de l’année 2020 s’achevait sur ces paroles de Christophe Rivenq félicitant l’Agglo (la seule de toute l’Occitanie, NDLR) et ses membres pour l’obtention du label "Territoire engagé pour la nature".

Corentin Migoule

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