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CORONAVIRUS À l’hôpital de Nîmes, « la troisième vague est déjà là ! »

Ce matin, en conférence de presse à l'hôpital public de Nîmes (Photo : Coralie Mollaret)
Ce matin, en conférence de presse à l'hôpital public de Nîmes (Photo : Coralie Mollaret)

Dans le Gard, le nombre de personnes contaminées par la covid-19 est en augmentation. À l’approche des fêtes, l’hôpital public appelle à la responsabilité de chacun. 

« Je suis très inquiet ! », s’agace le professeur Jean-Emmanuel de la Coussaye. Ce vendredi, l’hôpital public de Nîmes a dressé un bilan de l’épidémie avant de dresser quelques perspectives… assez pessimistes. « Nous ne sommes pas sortis de la deuxième vague. On peut même dire que la troisième est déjà là », alerte le professeur. Le scientifique en veut pour preuve le taux d’incidence dans le Gard. L’un des principaux indicateurs de l’épidémie, correspondant au nombre de tests positifs pour 100 000 habitants : « Le 6 décembre, le taux d’incidence dans le Gard était de 95 pour 100 000 habitants. Une semaine après, ce taux était à 120. Hier, nous étions à 133 ! Sur l’agglomération nîmoise, ce taux était hier de 172 ! »

L'importance des gestes barrières

Albert Sotto, chef des maladies infectieuses et tropicales, en explique simplement les raisons : « Le deuxième confinement a été moins drastique que le premier. Or, plus vous lâchez la bride, plus vous risquez une circulation du virus. » D’où l’importance du respect des gestes barrières pour « contrebalancer » ce confinement « light. » Pour marquer d’avantage les esprits, Albert Sotto fait état des entrées covid-19 à l’hôpital : « En avril, nous étions à 87 entrées sur le mois, 25 en mai et 10 en juillet. En octobre, nous sommes à 233 entrées ! Pour le mois de décembre, nous sommes pour l’instant à 72 entrées, sachant que le mois n’est pas terminé. »

À l’approche des fêtes, l’hôpital lance un message d'alerte. S’il s’est préparé à la seconde vague, « contrairement à ce que l’on entend », peste le directeur Nicolas Best, la troisième pourrait être plus violente, notamment autour « du 4 janvier », soit 10 jours après Noël. « On a l’impression que tout va bien, que les fêtes arrivent… Or, on sait que l’essentiel des contaminations se fait lors de regroupements familiaux et amicaux », insiste le professeur de la Coussaye, rappelant crûment que « ce virus est une belle saloperie.»  

Au plus fort de l'épidémie, 25% des patients de l’hôpital étaient atteints de la covid-19. « Du jamais vu  ! », poursuit Nicolas Best. L’établissement public rappelle les moyens logistiques et humains mis en place : « En 2019, nous avions 30 lits de réanimation. Nous avons ajouté 15 lits correspondant à l’embauche de 140 soignants recrutés entre juin et octobre. » À noter également que la durée d’hospitalisation des patients infectés équivaut au double d’une hospitalisation classique : « Si un patient passe 7 jours en réanimation, pour un patient covid, la médiane est à 16 jours. » De quoi engager l'hôpital...

Vaccination dès le 28 décembre ? 

Alors que le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada ont démarré leur campagne de vaccination, la France s’apprête à en faire de même. La vaccination pourrait commencer dès le 28 décembre, une fois que l’Agence européenne du médicament aura donné son aval. En attendant, les pouvoirs publics se préparent pour la première phase. Celle-ci concerne les personnes âgées placées dans les maisons de retraite ainsi que les soignants, soit un million de Français.

Dans le Gard, les chiffres ne sont pas encore connus. L’hôpital nîmois devrait recevoir aujourd’hui ou lundi un congélateur capable de conserver le vaccin Pfizer à une température de - 80°. Cette première  phase devrait durer environ deux mois, avant que les vaccins ne soient inoculés aux personnes de plus de 75 ans puis à celles âgées entre 65 et 74 ans. Parallèlement, les autorités sanitaires devront recueillir les consentements des personnes devant se faire vacciner. Un autre combat, sachant qu’aujourd’hui près d’un Français sur deux ne compte pas se faire vacciner, selon un dernier sondage Elabe réalisé pour BFMTV. 

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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