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SPÉCIAL FÊTES L’année vue par… Béatrice Bertrand, directrice du CIDFF 30

Pendant les fêtes, Objectif Gard vous propose chaque jour à 8h30, un retour sur l'année 2020 et une projection sur 2021 avec une personnalité gardoise.

Béatrice Bertrand, directrice du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Gard. (Photo DR/)

Comme chaque année, Objectif Gard demande aux personnalités du territoire de faire le bilan de l'année et de se projeter sur la prochaine. C'est au tour de Béatrice Bertrand, directrice du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Gard (CIDFF 30), de se prêter au jeu des questions-réponses.

ObjectifGard : Quel est votre meilleur souvenir du confinement ?

Béatrice Bertrand : La période du premier confinement fut très difficile et très compliquée en matière des violences faites aux femmes puisque nous avons eu à déplorer une hausse de 50% de ces dernières. En même temps, je retiens de ce confinement une grande solidarité et un travail en réseaux de tous les institutionnels gardois (police, justice, médecins, avocats... ) qui nous ont permis d’être au plusprès des femmes et des enfants qui se sont trouvés dans de terribles situations.

Mon meilleur souvenir se situe juste au début du déconfinement, en effet nous avons eu l’honneur de recevoir dans les locaux du CIDFF du Gard l’ancienne ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Elle a souhaité rencontrer toute l’équipe du CIDFF du Gard pour faire le point sur notre activité notamment pendant cette période.

Quel événement annulé en 2020 attendez-vous en 2021 ?

Un événement spécifique à l’association que je dirige devait avoir lieu en mai 2020 et qui malheureusement a dû être annulé en raison de la pandémie de covid-19. Je devais partir avec deux collaboratrices à Montréal pendant une semaine afin d’être en immersion et rencontrer tous les acteurs et institutionnels qui travaillent sur la prévention des féminicides, car en cette matière, le Canada est le seul pays à avoir diminué de moitié le nombre de féminicides en 10 ans. C’est un véritable exemple à suivre et nous comptons bien rapporter quelques-uns de leurs outils de prévention, je pense notamment à la grille d’évaluation du danger que nous avons déjà commencé à déployer depuis le début de l’année 2020 sur tout le territoire national.

Quelle personnalité vous a marquée en 2020 ?

Je pense tout de suite à Kamala Harris, qui sera la première vice-présidente de l’histoire des États- Unis. Cette femme indo-jamaïco-américaine doit être un exemple pour toutes les femmes et elle nous démontre que le champ des possibles est ouvert. C’est une femme moderne, fière de sa famille mixte et recomposée, engagée aux côtés des femmes, et pour la défense des minorités. Forte d’un parcours brillant, digne du rêve américain, elle sera un élément clé dans l’ère post-Trump.

Des prédictions pour 2021 ?

L’année 2021, sera l’année du vaccin, la victoire de la médecine sur la pandémie sera éclatante. Après l’annus horribilis du covis-19, l’humanité tout entière aspire à un retour à la normale. En finir avec la peur de la maladie, les affres des confinements, renouer avec la vie sans distanciation sociale. Envisager l’avenir avec sérénité, en tirant d’utiles leçons d’une crise sans précédent.

Un peu plus d’un an après la mise en place du Grenelle contre les violences conjugales, plusieurs actions ont été réalisées. Il en reste encore. Quel sera - ou devrait être selon vous – l’action prioritaire à mener en 2021 ?

Nous allons organiser avec en partenariat avec le CCPG les premières assises départementales des violences au sein du couple. Une première édition qui sera axée sur le rôle des professionnels.

Puis, plusieurs dispositifs expérimentaux vont être mis en place. Le protocole Féminicide qui permet une prise en charge hospitalière urgente et totale des enfants ayant un ou deux parents tués lors d'un féminicide. Le dispositif "Où est Angela ?" qui est un code pour lutter contre le harcèlement de rue, en partenariat avec les bars nîmois, notamment dans le cadre de la feria. Ainsi que le dispositif "App'elles", une application avec un bracelet connecté pour protéger les femmes victimes de violences, qui permet d'alerter, de parler et d'agir.

Nous continuerons également à réaliser nos actions habituelles comme la formation aux professionnels mais aussi toutes les interventions de prévention sur les violences sexistes et de promotion de l'égalité en direction des jeunes, de la maternelle à l'université.

Propos recueillis par Stéphanie Marin

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