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À TABLE Avec le comédien et humoriste Patrick Timsit

Patrick Timsit nous raconte son confinement dans le Gard (Photo : Anthony Maurin)

Rien de mieux que de se retrouver autour d’un bon repas pour discuter à bâtons rompus. Ce lundi à la Brasserie de Jérôme Nutile, c’est le comédien Patrick Timsit qui nous a donné rendez-vous. Pour un déjeuner qui forcément s’annonce convivial avec ce comédien-humoriste bourré de talents. Entretien réalisé début novembre dans le cadre du quatrième numéro du magazine Objectif Gard. 

Et pendant tout le repas, on n’a pas été déçu. Enchaînant les anecdotes et les réflexions comme des amis de longue date, difficile de savoir si Patrick Timsit était toujours dans l’humour ou quelque peu sérieux. Du lard ou du cochon ? D’ailleurs, des pieds de cochon, l’Uzétien d'adoption en a mangé avec plaisir en entrée. En sauce comme il les aime. "La présentation est magnifique. Mais ça manque de cartilage. Par contre, c’est bon, on ne peut pas dire le contraire. J’espère en tout cas que la truffe a été achetée chez mon ami Michel Tournaire, producteur gardois de truffe", commente-t-il.

Celui qui franchit pour la première fois les portes de la brasserie Nutile est en forme. "On s’est manqués avec Nutile à plusieurs reprises. Je suis donc ravi d’être là aujourd’hui." Au moment de choisir le vin, c’est tout un sketch, mais pour notre plus grand plaisir. "Comment ? Jérôme Nutile a oublié de mettre les millésimes sur la carte ! C’est impossible de ne pas les noter. Bon, bon..." On partira sur un millésime récent, une bouteille de rouge de Châteauneuf du Pape. Un bon choix semble-t-il. "Il est parfait !", répétera à plusieurs reprises notre commensal. N’hésitant pas à préciser avec un clin d’œil malicieux : "Malheureusement, 90 % du monde appartient aux chieurs. Vous remarquerez que ce sont souvent eux qui décident pour les autres."

Ça rigole, ça titille dans la bonne humeur

Entre deux bouchées, l’acteur déclenche l’assistant vocal de son téléphone et dicte les messages à envoyer à des amis. Ou s'affaire à rentrer des rendez-vous dans son agenda ou encore à installer une alerte importante sur un sujet. Mais rapidement, il se reconcentre sur ses partenaires de table. Notamment à sa droite, Fabrice Verdier, l’ex-député du Gard et président de la Communauté de communes d’Uzès, "un ami depuis 30 ans." Lui aussi participe au déjeuner et opine du chef à chaque déclaration de notre invité du jour, bon client des blagues et jeux de mots du Gardois d’adoption. Ça rigole, ça titille dans la bonne humeur. L’occasion aussi de se rappeler les bons souvenirs.

Patrick avec Fabrice Verdier, son ami depuis 30 ans (Photo : Abdel Samari)

À la discothèque Toto Club de Carsan. Avec ''Les Cochons de l’espace'' où le comédien avait fini par monter sur scène pour pousser la chansonnette. "On s’est éclaté, surtout à 3 heures du matin." Patrick Timsit raconte aussi son début de carrière, en 1985, avec le groupe Bill Baxter qui enregistre la comédie musicale ''Embrasse-moi, idiot'', qu’il a mis en scène, d'après le film-éponyme de Billy Wilder. Il rembobine ses premiers pas au Splendid "un bide terrible." Le creux de la vague et puis le succès. Enfin. La reconnaissance du public, la médiatisation, le quotidien parisien et son arrivée dans le Gard.

Avec la crise sanitaire et le confinement, le comédien a pour la première fois passé plus de temps sur notre territoire qu’aux quatre coins de la France et du monde. "En 2020, du mois d’avril jusqu’au démarrage des tournages de films, je suis resté ici. Un vrai bonheur." Un brin nostalgique, il regrette que la crise sanitaire ait supprimé tous ces moments de folie gardois. Il se souvient des parties de pétanque endiablées au fin fond des Cévennes. Des moments de fête de village. "Des jeunes qui débarquent en fanfare au bord de votre maison. Au début on a peur ! À la fin, vous êtes au milieu du groupe, en tee-shirt mouillé, à genoux, à réclamer que le trompettiste ne s’arrête surtout pas de jouer la messe sévillane."

"J’aime cet esprit protestant qui se dégage du Gard"

En attendant, "j’adore être ici. Il y a un accueil fantastique à chaque fois. Les habitants sont respectueux. Cette région je peux le dire m’a adopté. À la fois, j’aime cet esprit protestant qui se dégage du Gard. C’est assez secret, confidentiel. Cela me correspond." Mais le Gard, Patrick Timsit l’a quitté depuis le mois de septembre et jusqu’en décembre, pour enchaîner cinq films. Après avoir côtoyé Jean-Claude Van Damme sur un tournage récent - "une personne attachante", dit-il - dans le cadre d’un film pour la plateforme Netflix, le Gardois a poursuivi avec le tournage du dernier film de Michèle Laroque avec Thierry Lhermitte, puis le téléfilm de Marion Laine, "Intraitable", avec Fred Testot, un unitaire pour TF1, avant de rejoindre à nouveau Thierry Lhermitte pour "À Vos âges".

L'humoriste prenant quelques rendez-vous sur son téléphone (Photo : Abdel Samari)

Et de remonter sur scène, si tout va bien, en février 2021. "Faire mes adieux peut-être, même si c’est sûr." Impossible encore une fois de déceler la véracité du propos. Une chose est sûre, "je ne m’ennuie pas. Quand j’en ai marre d’être sur scène, je fais du cinéma et inversement." Le reste du temps, Patrick Timsit le passe en famille avec sa maman, ses enfants et les bonnes tables. "Ma vie gastronomique, c’est toujours avec les restaurateurs et les chefs. Je peux tomber en passion." Un bistrot, un "étoilé" et de temps en temps, chez Bocuse. "Les restaurants ont aussi finalement les mêmes horaires que moi. Et ils m’ont nourri. Mamie Rose (un restaurant au cœur d’Avignon, NDRL) lors du festival en juillet, elle en a nourri des comédiens..."

"Pierre Gagnaire c’est un très grand"

Patrick Timsit se satisfait aussi de l’arrivée de Pierre Gagnaire à l'Imperator. "C’est un très grand. Quelqu’un d’intègre qui a parcouru le monde avec sa gastronomie. Et je voudrais dire qu’il m’a consolé plusieurs fois quand il avait son restaurant à Saint-Étienne. Je me souviendrai toujours de son épouse qui repassait les nappes pendant que lui cuisinait. Je l’ai observé tendrement me disant que c’était définitivement des gens simples comme on les aime." La table, l’acteur en a fait une comédie de la vie. Avec ses partenaires de films, ses amis et sa famille assurément.

"J’y emmenais mon père. Des moments de partage insoupçonnés. Ma mère aussi, bien sûr. Elle qui, à 91 ans, est toujours là. Elle a même eu la covid et elle s’est relevée. C’est la Mama. On ne fait rien sans lui demander. Toujours de bons conseils pour la famille, pour mes trois garçons." Des enfants que Patrick Timsit n’a pas beaucoup l’occasion de voir. "Je ne me force pas. Nous sommes dans un rapport vrai, authentique." Alors qu'ils sont installés aux États-Unis, c’est par visioconférence ou lors des vacances que le Gardois peut enfin voir ses trois garçons. "J’en profite à fond. Je me régale. Et eux aussi je crois. J’en suis même sûr."

"Je suis un privilégié, j’en ai conscience"

Des échanges d’humeur et de débats enflammés lors de repas familiaux où Timsit se met en scène. Derrière les fourneaux cette fois-ci. "J’aime aller au marché. C’est mon père qui m’a appris à le faire. On y trouve toujours des bonnes choses, de qualité. Mais toujours les mêmes choses. Mon père était comme cela : pas d’extravagance. Pas de kiwis, par exemple. Que des oranges, des clémentines, des pommes. Et on n’achetait jamais à la descente au marché, toujours quand on remontait." Et la viande, une passion, que Patrick Timsit cuisine avec plaisir.

Un moment convivial passé au restaurant de Jérôme Nutile à Nîmes (Photo Abdel Samari)

Pas de dessert ce lundi là mais un café... puis deux. Avant de rejoindre un hôtel à Nîmes pour répondre à des sollicitations médiatiques. "Je suis un privilégié, j’en ai conscience. Encore plus en ces temps incertains. Quand on a décidé d’annuler le spectacle à cause de la crise sanitaire, je n’ai pas stressé. Je me suis dit que l’on reprendrait quand ce serait le bon moment. Tout simplement." Cette simplicité que le comédien adopte finalement durant tout le repas mais particulièrement dans la vie.

N’hésitant pas à dire ce qu’il aime, ce qu’il aime moins. Se confessant, racontant son passé, ses doutes et inquiétudes. Mais aussi ses passions. Et son Gard. Comme un homme normal finalement qui tourne des films pendant que d’autres vont au bureau. Avec ce petit supplément d’âme tout de même. Celui d’un artiste accompli, généreux et amusant. Toujours dans la bienveillance.

Abdel Samari

Important ! Cet article est un extrait de Objectif Gard, le magazine. Rendez-vous chez votre marchand de journaux pour acheter le dernier numéro. Découvrez le sommaire en cliquant sur le module ci-après :

 

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