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FAIT DU JOUR Vaccination en Ehpad : comment ça se passe ?

Hier matin, à Serre-Cavalier (Photo : Corentin Corger / Objectif Gard)
Pierre, âgé de 85 ans et résident de l'Ehpad de Serre Cavalier à Nîmes, n'a pas hésité à se faire vacciner (Photo Corentin Corger)

Dans le Gard, la vaccination des personnes âgées contre la covid-19 a démarré dans quatre Ehpad (les 7 Sources à Bagnols-sur-Cèze, au Centre hospitalier de Pont-Saint-Esprit, aux Jardins de l'Escalette à Uzès et à Serre Cavalier à Nîmes). Objectif Gard s'est rendu à Nîmes et Pont-Saint-Esprit pour voir comment se déroule cette campagne.

La première vague de la covid-19 est loin d'avoir épargnée l'Ehpad de Serre Cavalier rattaché au centre hospitalier universitaire de Nîmes où près de 100 cas ont été recensés et où 30 personnes ont perdu la vie. Et même si la deuxième vague a été plus calme, l'établissement attendait avec impatience le vaccin. Dès le 19 décembre dernier, la phase de consultation a démarré pour informer et obtenir le consentement des résidents. "Nous avons eu très peu de refus", assure la directrice, Isabelle Arnal-Capdevielle.

La campagne de vaccination a commencé ce jeudi avec 51 premiers patients et 65 hier dont 26 seulement pour le pavillon "Le Buis" où nous nous sommes rendus. Pour effectuer les piqûres, la salle à manger a été réquisitionnée. Un espace suffisamment grand pour accueillir en même temps des groupes de huit contre six au départ. Parmi les vaccinés du jour, on retrouve Pierre, 85 ans, qui n'a pas hésité à se faire piquer. "Pourquoi me faire vacciner ? Parce que je suis jeune et que je ne risque rien !", a ironisé ce senior.

Une opération qui se déroule exactement de la même manière que tout les vaccins que l'on a tous reçus. Et comme le personnel hospitalier, les résidents reçoivent un badge avec l'inscription : "Je suis vacciné." Des doses de la marque Pfizer acheminées par le CHU Carémeau et qui sont disponibles pendant cinq jours après avoir quitté le congélateur à -80 degrés. Si aucune difficulté ne se présente d'un point de vue logistique, la directrice doit néanmoins gérer un léger contretemps auprès des majeurs protégés.

Isabelle Arnal-Capdevielle, directrice de l'Ehpad de Serre Cavalier à Nîmes (Photo Corentin Corger)

Pour certains d'entre eux, le tuteur n'a pas encore fait parvenir leur accord pour une vaccination, ce qui retarde la campagne concernant ce "public beaucoup plus fragile. À cause de cette absence de réponse, sept résidents n'ont pas pu être vaccinés hier", poursuit Isabelle Arnal-Capdevielle. Serre Cavalier a ainsi saisi le juge des tutelles pour faire accélérer la procédure. Malgré ce petit couac, la directrice pense avoir terminé la vaccination de tous ses résidents "d'ici la fin de semaine prochaine."

Jeudi prochain un centre de vaccination ouvrira sur place pour les 500 agents qui travaillent sur ce site. Même si les plus de 50 ans ont pu déjà se faire tester au CHU Carémeau, le peu de créneaux restant disponibles a poussé la direction de Serre Cavalier à prendre les devants. "Le badge c'est très motivant, ça incite les autres à se faire vacciner", confie Benoît de Wazieres, professeur de gériatrie, qui a fait le tour des services pour rassurer le personnel. "Et puis dans six mois, ce sera obligatoire d'être vacciné pour prendre l'avion ou aller au cinéma", ajoute-t-il sûr de lui. Forcément, cela motive davantage.

"La vaccination c'est une question de confiance"

À l'hôpital de Pont-Saint-Esprit, la campagne de vaccination du personnel médical et des résidents de l'Ehpad a démarré hier matin à 9 heures. Symboliquement, c'est le directeur de l'établissement, Daniel Desbrun, qui a reçu la première dose. Ici, pour commencer, 102 doses ont été commandées, et pour cette première journée 41 membres du personnel ont été vaccinés ainsi que 38 résidents de l'Ehpad.

Marie chef, résidente à l'Ehpad de l'hôpital de Pont-Saint-Esprit, a été parmi les premières vaccinées ce matin (Photo : Thierry Allard : Objectif Gard)

Parmi elles, Marie Chef, bientôt 87 ans. Cette spiripontaine, résidente de l'Ehpad de l'hôpital, a été "la première à dire oui" à la vaccination, affirme-t-elle. Elle dit avoir accepté "sans hésitation", malgré le fait qu'"à la télé, on voit tellement de choses." Après un dernier examen médical, avec prise de tension, auscultation et prise de température, l'octogénaire a été vaccinée comme 37 autres résidents de l'Ehpad de l'hôpital ce vendredi. Les autres établissements gérés par l'hôpital suivront la semaine prochaine : lundi Notre-Dame de la Blache, mardi l'Ehpad de Saint-Paul-les-Fonts et le lundi 18 celui de Cornillon.

Lors de la préparation des doses, vendredi matin à Pont-Saint-Esprit (Photo : CH Pont-Saint-Esprit)

"Nous sommes partis pour quelque chose de long, mais c'est une étape plus qu'importante", estime le docteur Philippe Masson, du service soins palliatifs et de l'Ehpad Notre-Dame-de-la-Blache, juste après s'être fait vacciner ce vendredi matin. Chez les résidents de la Blache, "nous avons environ 10 % de personnes qui ont refusé la vaccination dans un premier temps", affirme-t-il. Au global, 50 à 70 % des résidents des Ehpad de l'hôpital ont pour l'heure donné leur consentement.

Le docteur Masson a été un des premiers vaccinés à l'hôpital de Pont-Saint-Esprit vendredi matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Pour le personnel aussi, il y a du travail. Ce vendredi, l'hôpital de Pont-Saint-Esprit comptait 62 volontaires sur 480 agents. Ce chiffre est toutefois à tempérer : "C'est allé plutôt vite, et certaines personnes sont en attente car elles ont eu le covid il y a moins de trois mois", note la directrice des soins de l'hôpital, Isabelle Helly Dordet. "Une campagne d'information va être mise en place dans les services. Elle sera faite par des médecins, pour répondre aux interrogations, informer et démystifier", explique le directeur de l'hôpital. "Il nous faut expliquer, ajoute le docteur Masson. La vaccination c'est une question de confiance."

Corentin Corger (à Nîmes) et Thierry Allard (à Pont-Saint-Esprit)

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Un commentaire

  1. Deux remarques : « Le tuteur n’a pas encore donné son accord ». D’abord c’est la personne âgée qui doit le donner (article 459 et suivants du code civil). C’est seulement si elle ne peut pas le donner que le tuteur la représente. Le tuteur n’est aucunement obligé de donner son accord. Le Juge ne peut intervenir qu’en cas de désaccord entre le tuteur/curateur et son protégé, aucunement en cas de désaccord entre le représentant légal et le Médecin. Deuxième

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