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USAM Alain Portes : « Je n’ai pas envie de jouer petit bras »

Alain Portes a l'habitude d'affronter l'équipe de France (photo Norman Jardin)

L’ancien joueur et entraîneur de l’USAM (et du HBCN) est depuis 2019 le sélectionneur de l’équipe nationale d’Algérie de handball. Aujourd'hui à 18h, avec ses joueurs il affrontera au Caire, l’équipe de France pour le compte du championnat du Monde. Face aux Bleus des Nîmois Guigou, Acquevillo et Desbonnet, Alain Portes vivra un moment particulier, dans l'espoir que son équipe pose quelques problèmes à la France.

Objectif Gard : Jouer contre l’équipe de France en compétition ce n'est pas une première pour vous ?

Alain Portes : Non, je les ai affrontés souvent. Avec la Tunisie au Mondial 2011 et 2013, aux Jeux Olympiques de Londres également, et au Mondial juniors 2011 où l'on gagne de 10 buts et qu'on fini sur le podium. En fait, je ne les ai jamais évités. J’ai toujours entendu la Marseillaise.

Cette Marseillaise vous fait quelque chose particulier ?

Au début, je me revoyais à l’époque où j’étais joueur. Mais maintenant c’est bon, je reste concentré sur mes joueurs.

"Contre le Maroc c’était un véritable hold-up, mais nous l’avons provoqué"

Il y a trois nîmois chez les Bleus (Guigou, Acquevillo et Desbonnet qui a été appelé ce lundi). Que cela vous inspire-t-il ?

Que c’est la première fois depuis mon époque qu'il y a des joueurs de l’USAM en équipe de France. C’est bon signe pour le club. Quand je jouais au début nous étions trois : Gilles Derot, Frédéric Volle et moi. Après il y a eu Philippe Gardent, Philippe Medard et Stéphane Stoecklin. Nous étions parfois cinq en même temps avec en équipe de France. Après 1994, il n’y en a plus eu.

Parlez-nous du parcours de l'Algérie dans ce Mondial...

Contre le Maroc nous étions menés 15-8 à la mi-temps et nous avons gagné 24-23. Nous avons mené deux fois dans la rencontre une fois 1-0 et une 24-23. C’était un véritable hold-up, mais nous l’avons provoqué quand même. Un sacré combat et il y a des gens que disent que ce match rentre dans l’histoire du handball africain.

La suite a été plus compliqué...

Mes joueurs ont été un peu impressionnés par les grandes nations. Contre l’Islande (défaite de l'Algérie 39-24, NDLR) je n’ai pas reconnu mes joueurs. Ils ont manqué d’agressivité. Ils ont regardé jouer l’adversaire. C’est un peu normal car l’équipe que j’ai récupéré en 2019 était restée cinq ans sans jouer les grandes compétitions internationales. En plus nous n’avons pas pu nous préparer parce que l’Algérie a fermé ses frontières. C’était compliqué pour voyager mais nous sommes parvenus à séjourner 15 jours en Pologne, où j’ai passé Noël. Mes joueurs ont pu affronter le Pologne et la Russie mais cela faisait un an que les Algériens n’avaient pas joué.

Votre dernier match c’était contre le Portugal. Quel enseignement en tirez-vous de cette défaite 26-19 ?

Les Algériens se sont un peu repris mais il faut dire que nous avons changé de stratégie pour prendre moins de risques. Maintenant j’aimerais bien que l’on se lâche un petit peu. Je n’ai pas envie de jouer petit bras.

En Octobre 2019, l'équipe d'Algérie était venue se préparer à Nîmes (photo Norman Jardin)

Quel est l’objectif de l’Algérie dans cette compétition ?

Apprendre, voir ce qui nous manque pour revenir avec des prétentions supérieures. Tout le monde a envie d’en tirer profit et je suis content de participer à ça avec eux.

Quelle est la place du handball sur l’échiquier sportif algérien ?

Dans les années, 80, 90 et 2000, ils étaient très bons puisqu’ils gagnaient les Coupes d’Afrique des nations presque à chaque fois. Après ça a été délaissé et il n'y a que le football qui s’en est sorti. Mais la récente médaille de bronze à la CAN (2020) et la qualification pour le mondial ont remis du baume au cœur des Algériens. L’État nous a affrété un avion spécial pour venir en Egypte, c’est un privilège qui est habituellement réservé aux footballeurs. On se sent soutenus.

À quoi ressemble une grande compétition en version covid ?

On est centrés sur les gestes barrières, les masques, les tests et ne pas croiser les équipes qui s’entraînent avant. Dans la salle ou nous jouerons contre la France, il n’y aura même pas le toss. L’équipe A ira à droite et les l’équipe B à gauche pour que les effectifs ne se croisent pas trop.

"Un résultat positif contre la France, ce serait totalement loufoque"

Cela impacte-t-il le niveau du jeu ?

Non, car les matches sont de bonne qualité. Même s’il n’y a pas de public, les émotions sont bien là. Ce n’est pas si mal.

L’Algérie d’Alain Portes peut-elle jouer un mauvais tour à l’équipe de France ce soir ?

Il faut être réaliste, ça relèverait de l’exploit XXL. Mais j’aimerais bien les accrocher un petit peu et leur poser des problèmes. Les mettre en échec à certains moments mais de là à dire de faire un résultat positif ce serait totalement loufoque.

Avez-vous suivi le début de saison de l’USAM ?

Oui, en Coupe d’Europe c’est pas mal et ils sont toujours dans leurs objectifs. Je pense qu’ils suivent leur route et ça reste bien.

Propos recueillis par Norman Jardin

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