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FAIT DU JOUR La maltraitance animale fait réagir la SPA de Nîmes

Le bel Arthur est au refuge de la SPA de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

C'est un phénomène qui n'est pas simplement sociétal mais les animaux et leur bien-être prennent de plus en plus d'importance dans le quotidien des français du XXIe siècle. Une proposition de loi contre la maltraitance animale devait être étudiée à l'assemblée nationale ce mardi. Michel Gabach, président de la SPA de Nîmes (le refuge), nous en dit plus.

Il y a maltraitance et maltraitance. On ne va pas rentrer dans l'épineux et sensible débat mais tout ne doit pas être considéré comme de la maltraitance. Plus que les abominables us et coutumes de l'homme moderne, il est intéressant de s'intéresser au pourquoi du comment. Pourquoi une famille lambda achète-t-elle un animal pour l'abandonner quelques jours, semaines ou mois plus tard ? Pourquoi maltraiter un être vivant ? Est-ce le symbole d'une civilisation en pleine décadence ? Réels, l'abandon et la maltraitance sont cruels.

Pour Claude Gabach, le président de l'association SPA de Nîmes, cette nouvelle loi pourrait faire avancer les choses mais elle ne suffira pas. Il faut la peaufiner. " Tous les points de cette proposition de loi sont positifs sauf un qui part d'une bonne intention mais qui va poser problème. " Si la loi est adoptée, un certificat de sensibilisation obligatoire pour tout adoptant ou acheteur sera demandé. " Sensibiliser les gens c'est très bien. Un animal coûte de l'argent, c'est un budget conséquent d'au moins 80 euros par mois ! Pour nous, je pense que ce certificat va pénaliser les gens car il sera payant. Nous pourrions, nous au refuge, donner gratuitement ce certificat car nous prenons le temps de discuter avec les adoptants. Au fil des conversations on voit bien à qui l'on a affaire et si la personne est en capacité d'avoir un animal de compagnie ou non. "

Claude Gabach, président de l'association de la SPA de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Pas de débat entre les animalistes et ceux qui ne le sont pas. Non, cette nouvelle proposition de loi s'attaque en particulier aux animaux domestiques, de compagnie. En effet, le texte est plus concernant car un foyer sur deux, en France, a un animal qui accompagne la vie familiale au quotidien. " Prendre un animal c'est un engagement sur 15 ans si on prend un chiot par exemple ! Il faudra lui consacrer du temps, de l'argent, des soins. Bref tout se calcule et on ne fait pas ça à la légère. On ne parle pas d'un scooter qu'on peut remiser dans le garage ! "

De plus en plus de maltraitance

" Les seuls commentaires négatifs que nous avons sur les réseaux sociaux émanent des gens à qui l'on a refusé un animal... Chez nous, on ne repart pas avec un chien à la fin de la première visite, non, on ne fait pas dans le cadeau de Noël compulsif pour faire plaisir ! Nous voulons des adoptants au courant de tout ce qu'il faut pour qu'un animal de compagnie soit heureux et en bonne santé ", poursuit Claude Gabach. Mais où démarre la notion même de maltraitance ? Depuis quand en entend-on parler ?

La SPA à Nîmes, c'est au refuge de la route de Sauve (Photo Anthony Maurin).

Comment identifier une maltraitance ? Si vous entendez les plaintes d'un animal, s'il est très maigre, s'il est attaché avec une corde ou une chaine d'une longueur de moins de trois mètres, si son environnement est sale... " En tout cas il y en a de plus en plus... La maltraitance peut arriver à cause de combats de chiens, oui, ça existe encore y compris dans le Gard et à Nîmes ! Certains fracassent leur chien parce qu'il ne se bat pas comme il faut. Mais la maltraitance c'est aussi le fait qu'on ne s'occupe pas de l'animal. Nous voyons des chiots grandir et dépérir et on les récupère toujours en compagnie des forces de l'ordre. Tout est fait en bonne et due forme. "

Beaucoup de visiteurs mais beaucoup d'adoptions en vue (Photo Anthony Maurin).

" La police municipale ou les gendarmes sont avertis qu'il y a maltraitance et nous retirons l'animal dans les règles de l'art en leur compagnie. Si la personne est conciliante elle nous donne un certificat d'abandon si elle ne l'est pas nous déposons plainte et nous gardons le chien en attendant le jugement qui peut intervenir plusieurs mois après. Nous avons gain de cause 99 % du temps et la personne est souvent interdite d'avoir d'autres animaux. " Quoi qu'il en soit et pour en revenir à l'abandon, c'est un nouveau drame sociétal.

L'abandon, complexe et souvent économique

Pour d'autres, la maltraitance, même si c'est un bien grand mot, peut aussi se voir dans la manière de nourrir trop abondamment son animal, de le faire manger des choses qu'il ne devrait pas consommer, de l'humaniser un peu trop. " Ça existe, mais c'est souvent de la méconnaissance car ces gens veulent trop bien faire. "

Les allées du refuge de la SPA de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

" L'abandon, en effet, c'est plus complexe. Maintenant, les gens viennent nous voir car depuis une vingtaine d'années les animaux doivent être identifiés, pucés ou tatoués. Ils ont peur qu'on remonte jusqu'à eu alors ils viennent mais ils sont souvent dans le déni. Ils nous disent qu'ils nous amènent leur animal mais qu'ils ne  l'abandonnent pas... Ce sont souvent des jeunes couples qui viennent de se séparer et qui n'ont pas les moyens de garder l'animal en question. Cela peut s'entendre et c'est assez courant. En général, les animaux que l'on retrouve sur les bords des routes ne sont même pas identifiés... "

En 2020, le refuge de la SPA de Nîmes a contribué à l'adoption de 512 chiens. Ici, un chiot coûte 280 euros, un chien 250 et un chat 160 euros. Tous sont vaccinés, identifiés. " Beaucoup de gens repartent sans animaux car nous ne sommes pas des marchands ! On passe des contrats avec les adoptants. Nos animaux repartent dans une famille qui leur correspond. " Le refuge a trois employés, un budget de dépenses de 287 000 euros pour 278 000 de recettes. Rien qu'en frais de vétérinaires, le refuge dépense 165 000 euros qui sont à ajouter aux 57 000 euros des salaires et des charges inhérentes...

Pour aider la SPA de Nîmes qui ne vit que de dons, vous pouvez aller voir la page Facebook dédiée ou appeler au 04.66.23.79.13. Refuge "les Murailles", route de Sauve, kilomètre sept, 30 900 Nîmes. Ouvert du Lundi au samedi de 14h30 à 17h.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

1 commentaire sur “FAIT DU JOUR La maltraitance animale fait réagir la SPA de Nîmes”

  1. Merci pour cet article.
    Il y aurait beaucoup de choses à dire encore, comme par exemple le fait que les gens voisins de maltraitants rechignent souvent à témoigner ( pour ne pas changer leur confort de vie) , qu’il y a plein de chiens de chasse qui ne sortent jamais ou quasiment jamais de leur prison ( un chenil est une prison pour innocents ), etc…
    Seul un permis reconnaissant la capacité à s’occuper correctement d ‘un animal , travaillé sur le modèle du permis de conduire, fera réellement avancer la cause.
    On apprendrai entre autres au jeunes que nombre de chiens et chats sont abandonnés suite à une séparation ou un déménagement ou l’ arrivée d’ un bébé. donc on ne prend pas un animal si on est pas suffisamment sur de son sort ( qui le prendra en cas de séparation? etc…)

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