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ÉDITORIAL La victoire ultime des gilets jaunes…

(Photo archive Corentin Corger)

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers, ils ne sont plus qu'une poignée à s'accrocher au mouvement des gilets jaunes. Ce samedi, sur le rond-point de Courbessac à Nîmes, ils étaient à peine une vingtaine. Un mouvement qui s'est donc presque éteint avec la crise sanitaire, déjà essoufflé depuis plusieurs mois. Pourtant, à sa naissance en octobre 2018, personne n'avait imaginé qu'une protestation contre l'augmentation du prix des carburants prévue dans le cadre d'une orientation écologique punitive prendrait autant d'ampleur. Un mois plus tard, la contestation s'amplifie et des Français de tous les âges, de toutes les conditions sociales, s'installent autour de routes et ronds-points tous les samedis pour exprimer leur ras-le-bol. Et retrouver un peu de chaleur humaine qui manque tant dans des sociétés modernes tournées vers l'individualisme. Dans le Gard, le phénomène se concentre aux entrées et sorties de Nîmes mais aussi sur la rocade d'Alès, à Bagnols/ Cèze, ou encore à Dions. Dans les zones rurales comme périurbaines, chacun ressent une forme de déclassement et de délaissement. Tous exigent finalement un peu plus de considération. Bien entendu, on retiendra aussi de ce mouvement les images de violence sur l’avenue des Champs-Élysées ou à proximité. Les blessées, aussi bien du côté des manifestants que des forces de l'ordre. À Nîmes, l'incendie de la trésorerie. Mais il serait injuste de ne pas souligner aussi la formidable mobilisation populaire qui s'est soulevée. Emmanuel Macron a bien tenté de reprendre la main avec son fameux "grand débat national". Mais la baisse d'impôts pour les classes moyennes et la réindexation des petites retraites ne mettent pas complètement fin au mouvement. Jusqu'à la crise du coronavirus qui est venue accentuer le fossé entre les riches et les pauvres. Alors les gilets jaunes n'ont pas disparus. Ils sont chez eux. Protégés. Murés dans le silence. Ils semblent poursuivre la révolte si l'on observe le record d'abstention lors des Municipales de l'année dernière, une élection de proximité généralement bien suivie. Les Départementales et Régionales s'annoncent pire. Et la Présidentielle de l'année prochaine ne présage rien de bon. Tous les gilets jaunes l'ont répété à plusieurs reprises : pas question pour eux de se faire récupérer par un mouvement politique, de Droite comme de Gauche. Mais leur décision de boycotter l'élection suprême en France pourrait avoir des répercussions directes pour le second mandat tant espéré par le Président. Il pensait réussir le pari d'un nouveau monde au moment de sa victoire, il pourrait se prendre la réalité en pleine face et être sorti par l'ancien monde. Elle est peut-être là la victoire ultime des gilets jaunes...

Abdel Samari

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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