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FAIT DU JOUR Du jeu et de la proximité : la méthode de Pascal Plancque décryptée

Pascal Plancque tente d'imposer sa patte sur une équipe en manque de confiance (Photo Anthony Maurin).

Nommé vendredi suite à la mise à pied de Jérôme Arpinon, son ex-adjoint Pascal Plancque devrait finir la saison sur le banc du Nîmes Olympique. Malgré deux défaites pour ses débuts, ce dernier est très proche de ses joueurs et a tenté d'imposer sa patte dans le jeu des Crocos. Une méthode et une manière d'être qui ne datent pas d'hier. 

Joueur, Pascal Plancque était un numéro 10. Un technicien dribbleur et créatif. Un peu dans la veine de Yassine Benrahou qu'il a tenté de relancer dès son premier match à la tête du Nîmes Olympique. Rien d'étonnant alors qu'une fois devenu entraîneur, le natif de Cherbourg soit resté un adepte du jeu. "Je ne suis pas pour balancer devant et jouer les seconds ballons, expliquait-il en conférence de presse ce mardi. Il n'y a d'ailleurs plus beaucoup d'équipes qui jouent comme ça." 

Du côté de Niort, où il a connu son dernier banc de touche entre janvier 2019 et janvier 2020, Pascal Plancque a laissé le souvenir d'un coach offensif. "Chez nous, il a succédé à Patrice Lair qui était très fort dans les transitions entre la défense et l'attaque, raconte Karim Fradin, son président dans les Deux-Sèvres. Pascal proposait un jeu plutôt basé sur la possession." 

Avec Michel Estevan, les relations étaient tendues. (Photo via MaxPPP)

Et il n'est pas du genre à changer son fusil d'épaule lorsque les résultats ne suivent pas. "Il a débuté par une quinzaine de matches sans victoire mais il n'a jamais voulu bétonner la défense pour autant, abonde Denis Jumeau, journaliste au Courrier de l'OuestQu'importe les difficultés, il a toujours prôné un jeu offensif." Avec des Nîmois en manque de confiance, Pascal Plancque croit là encore à la thérapie par le jeu et tente d'imposer sa patte.

Ces dernières semaines, les Crocos ont plus souvent tenté de repartir de derrière. Une stratégie qui a donné lieu à quelques bonnes séquences contre Monaco (3-4) et au but de Duljevic face à Nice (1-3) ce mercredi. Mais aussi à des cadeaux offerts à l'adversaire comme contre Marseille, Angers ou Paris. "Pascal Plancque est quelqu'un qui a des principes de jeu et qui les conserve même si les joueurs n'ont pas les qualités techniques pour les développer", analyse Michel Estevan, qui l'a eu comme adjoint à Boulogne-sur-Mer en 2011.

Une fin de collaboration difficile avec Claude Puel

Car avant et entre ses expériences d'entraîneur principal, Pascal Plancque a souvent brillé dans des rôles moins exposés. Le plus notable est probablement celui d'adjoint de Claude Puel pendant plusieurs saisons à Lille, Southampton et Leicester. Une dernière collaboration qui s'est mal terminée puisque les deux hommes sont aujourd'hui en froid.

Le nouveau coach nîmois a aussi longtemps exercé auprès des jeunes de la réserve de Lille et du centre de formation de Lens. "Je l'avais recruté pour insuffler des idées nouvelles dans nos équipes de jeunes et sortir du jeu stéréotypé que l'on voyait dans toutes les académies, se rappelle l'ancien directeur sportif des Sang et Or, Jocelyn Blanchard. C'était un précurseur, quelqu'un qui sait rechercher le geste efficace. Par son expérience et ses compétences, il a fait progresser nos éducateurs et mis en place de nouveaux principes de jeu." 

Un homme discret, proche de ses joueurs

Partout où il est passé, Pascal Plancque a aussi instauré une relation de proximité avec ses joueurs. "Malgré des résultats en berne, il était très apprécié par le vestiaire des Chamois niortais", abonde Denis Jumeau. Une manière d'être qui, paradoxalement, a pu créer des conflits avec certains entraîneurs qu'il assistait. "On attend d'un adjoint qu'il fasse tampon quand ça ne se passe bien avec un joueur. Lui, il faisait l'éponge, image Michel Estevan. Il était trop dans la connivence avec l'effectif et ça desservait l'équipe." 

Le nouveau coach des Crocos préfère quant à lui insister sur sa volonté de mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles. "Je veux qu'ils jouent libérés, a-t-il annoncé en conférence de presse. Je considère que je n'ai pas toutes les solutions à moi tout seul. Je ne suis qu'un outil au service du club." 

Une posture emplie d'humilité qui correspond bien au personnage. "C'est quelqu'un de timide et de réservé au premier abord, mais il est très ouvert et plein d'humour une fois la glace brisée, témoigne Denis Jumeau. Ce qui lui manque peut-être, c'est un peu de charisme et d'envergure pour s'imposer au sein d'un groupe. Il est sans doute trop effacé." 

Un bilan comptable peu rassurant

Ces lacunes expliquent sans doute ses deux expériences à la tête d'équipes professionnelles qu'il qualifie lui même de "douloureuses". En 76 rencontres de Ligue 2 avec Boulogne-sur-Mer et Niort, Pascal Plancque n'a pris que 73 points. Une moyenne de 0,96 point par match qui est certes supérieure à celle de 0,68 de Jérôme Arpinon, mais qui serait sans doute largement insuffisante pour maintenir le Nîmes Olympique en Ligue 1.

"Il est arrivé chez nous dans contexte interne très compliqué avec un club divisé suite au départ de Patrice Lair, le défend Karim Fradin. Ce qui est certain, c'est qu'il a plus le profil d'un bâtisseur, qui a besoin de temps et de conditions favorables pour construire une équipe, que celui d'un pompier de service." 

À Niort, Pascal Plancque a du faire face à une situation difficile [Photo via MaxPPP]
Dans le Gard, c'est pourtant dans l'urgence que Pascal Plancque devra réussir. Un succès auquel veut croire l'ancien président du RC Lens, Gervais Martel. "C'est quelqu'un de très consciencieux et je garde un très bon souvenir de notre collaboration, nous-a-t-il confié. À Lens, Franck Haise, qui est pourtant un inconnu pour le grand public, réussit des miracles. Quand on leur donne leur chance, les bons formateurs font souvent de belles choses à la tête des équipes professionnelles." 

Le Nîmes Olympique, qui doit une bonne partie de ses succès récents à Bernard Blaquart, en sait quelque chose. Pascal Plancque a quant à lui bien conscience qu'il ne pourra être jugé que sur ses résultats. Après deux échecs en Ligue 2, il a entre les mains une occasion inespérée de prouver dans l'élite que le costume n'est pas trop grand pour lui.

Boris Boutet

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