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ALÈS Journée de grève chez Crouzet : « Montrer à la direction qu’on ne lâchera rien »

L'entreprise Crouzet a bénéficié du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), du crédit recherche et développement, et plus récemment, de 20 millions d'euros de prêt garanti par l’État (PGE). (Photo Corentin Migoule)

Ce jeudi matin, une cinquantaine de salariés de l'entreprise Crouzet Automatismes a choisi de débrayer devant les grilles d'entrée du site alésien situé au 40 de l'avenue Vincent-d'Indy, à Alès.

Depuis début décembre et l'annonce d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) par la direction de l'entreprise Crouzet Automatismes dont le site alésien est voué à fermer, les principaux concernés que sont les salariés s'étaient faits plutôt discrets, privilégiant les négociations dans l'ombre.

Début février, les délégués syndicaux de Crouzet avaient tout de même rallié ceux de la société voisine, Merlin Gérin, répondant ainsi à l'appel national de la CGT dans le cadre d'une journée de mobilisation interprofessionnelle. Ce jeudi, parce qu'aucune alternative acceptable n'a pu être trouvée depuis, les salariés (une cinquantaine) de l'entreprise alésienne qui fabrique des moteurs électriques ont débrayé devant les grilles d'entrée du site alésien.

40 licenciements secs

Une action qui a vocation à "montrer à la direction qu'on ne lâchera rien", prévient Didier Pin, suppléant de l’intersyndicale de Crouzet, par ailleurs employé depuis 24 ans dans l’entreprise. Pour autant, face à la rudesse d'un PDG qui ne semble pas enclin au renoncement, Didier Pin a "bien compris qu'il ne voulait pas entendre parler d'activité partielle de longue durée ni de toutes les propositions qu'on a pu faire." 

Ainsi, les délégués syndicaux "se battent pour faire en sorte que les salariés qui vont rester sur le carreau puissent partir dignement." Hier après-midi, une partie d'entre eux a pris part à une réunion en présence de la directrice des ressources humaines de l'entreprise, Frédérique Nitard, au cours de laquelle le cabinet d'expertise Syndex a livré un rapport d'environ 130 pages qui, chiffres à l'appui, "a permis de démontrer que ce plan social pouvait être révisé."

Parmi les 64 employés du site alésien de l'entreprise Crouzet Automatismes, 40 vont faire l'objet d'un licenciement sec, tandis que les restants vont être invités à rejoindre le siège social de la société à Valence (Drôme). Pour autant, la perte du site alésien, où est concentré "un vrai savoir-faire, détenu par une dizaine de têtes expérimentées", va être préjudiciable à long terme pour Crouzet selon Didier Pin : "Alès est l'un des pieds du tabouret qu'est Crouzet. Si l'on scie ce pied, c'est tout Crouzet qui va être bancal et nos collègues valentinois l'ont bien compris."

La pétition des élus locaux

L'avant-veille, des élus locaux, majoritairement de Gauche, s'étaient réunis au 40 de l'avenue Vincent-d'Indy pour faire connaître le lancement d'une pétition réclamant au Gouvernement d'"exiger du groupe Crouzet l'abandon du projet de fermeture de l'unité d'Alès". L'instigateur, Jean-Michel Suau, conseiller départemental communiste, avait alors désigné LBO France, actionnaire de Crouzet à 100% depuis 2018, comme le responsable de ce "capitalisme sauvage".

Mais les délégués syndicaux alésiens de Crouzet, qui ont échangé par voie postale avec les actionnaires, veulent croire ces derniers lorsqu'ils attribuent la responsabilité du PSE à David Arragon, PDG du groupe, se faisant "tout petit en ce moment" et se tenant à l'écart des négociations.

Corentin Migoule

 

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