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FAIT DU SOIR Gérald Darmanin répond aux « oubliés » du territoire

Gérald Darmanin était en visite à Alès ce lundi. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Gérald Darmanin, à gauche, aux côtés du maire d'Alès, Max Roustan, était en visite au commissariat d'Alès ce lundi. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Ce lundi après-midi, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, était à Alès pour un nouveau volet du "Beauvau de la Sécurité". En plus de donner la parole aux acteurs locaux de la sécurité, ces réunions hebdomadaires ont pour objectif de mettre en place un grand plan de réforme des forces de l'ordre et de "renouveler la confiance des Français dans la police".

Si Gérald Darmanin voulait se confronter à la réalité du terrain, il a été servi ce lundi après-midi à Alès. Loin de la très chic place Beauvau, il est resté près de deux heures à quelques encablures de la plus bien plus modeste place des Martyrs de la Résistance où se trouve le commissariat d'Alès. Après des salutations distanciées aux élus locaux venus de tout le département, il a été présenté aux trois nouveaux adjoints de sécurité qui viendront renforcer les effectifs de la police nationale (relire ici). Il est ensuite entré dans le vif du sujet en répondant aux légitimes préoccupations de ses troupes.

Manque de moyens

La technique est rôdée et efficace. D'abord, on rassure : "Le ministre de l'Intérieur est toujours du côté des policiers et, sans eux, il n'y aurait pas de protection des plus faibles". Dans le champ de vision du ministre, un de ses conseillers acquiesce à grands hochements de tête. Gérald Darmanin rappelle ensuite quelques vérités : "La délinquance évolue. On doit s'adapter et faire évoluer nos pratiques".

Et d'insister : "Le premier des fléaux, c'est la drogue". Tout le monde est d'accord sur le constat, et en premier le conseiller dont la tête ne cesse de gigoter. C'est la pratique qui pose problème. Un chef de service de la DDSP (Direction départementale de la sécurité publique) du Gard l'illustre dans son intervention : "Le matériel ne suit pas. Il nous manque des véhicules. À chaque fois que de nouveaux effectifs arrivent, on a des difficultés pour tout un tas de problèmes matériels".

Gérald Darmanin était en visite à Alès ce lundi. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Gérald Darmanin était en visite à Alès ce lundi. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Manifestement doté d'une grande mémoire, Gérald Darmanin enchaîne deux-trois questions avant de répondre, ce qui pourrait présenter l'avantage de ne pas avoir à se prononcer sur tous les points abordés... Une jeune policière du commissariat de Bagnols-sur-Cèze poursuit : "On manque cruellement d'effectif. Il y a deux ans, nous avons eu des violences urbaines. On a demandé des renforts à Alès et Nîmes qui ont mis 45 minutes à venir. On a l'impression d'être les oubliés du Gard".

"On est les oubliés..."

Son ministre lui fait comprendre qu'il va falloir s'armer... de patience : "Il y a eu une hausse de 30% des effectifs de police depuis 2017. Et depuis deux ans, on remet des effectifs sur la voie publique. Mais il va falloir encore attendre des recrutements pour les commissariats de province. Notre objectif pour avril 2022 est d'avoir plus de policiers dans les commissariats que quand le président de la République est arrivé".

Seulement, il le souligne, il n'est pas le seul responsable de cette "désertification policière" : "Ce n'est pas parce que l'on met des objectifs budgétaires que les gens viennent. Je ne peux pas forcer les policiers à aller quelque part".

Gérald Darmanin en discussion avec Christophe Rivenq et Max Roustan. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Gérald Darmanin en discussion avec Christophe Rivenq et Max Roustan. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Une policière de la brigade de nuit d'Alès pointe à nouveau le manque de moyens, thème récurrent de cette réunion délocalisée. "Nous les "nuiteux", on est les oubliés de l'administration. À 3 heures du matin, on est seuls. On arrive rarement à avoir deux patrouilles en permanence."

On est les oubliés (bis)

Le ministre encaisse, écoute, se répète, blague, et rouvre ses oreilles pour de nouvelles doléances. Un policier de la brigade des stups dénonce des "procédures beaucoup trop lourdes", une jeune femme gardien de la paix s'inquiète de la durée de son temps de formation tandis qu'un dernier se plaint d'attendre depuis des années le poste qu'il mériterait suite à l'obtention de son concours.

Darmanin dit qu'il a bien entendu. Son conseiller ne gigote plus la tête, mais des bras de sémaphore pour signifier la fin de l'échange. Les policiers alésiens, bagnolais et nîmois n'ont plus qu'à attendre les résultats de ces débats qui serviront à l'élaboration de la future loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure en 2022. Patience. Et longueur de temps...

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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