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FAIT DU JOUR Jean-Paul Cubilier, survivant du coronavirus : « Pendant un mois, je n’existais plus »

Jean Paul Cubilier peut à nouveau s'occuper de ses poules après plusieurs semaines passées en coma artificiel. (Photo Boris Boutet)

Conseiller municipal de Saint-Laurent-d'Aigouze et vice-président de la communauté de communes Terre de Camargue (CCTC), Jean-Paul Cubilier a été testé positif à la covid-19 le 2 octobre 2020. Placé en coma artificiel pendant plus d'un mois, il est aujourd'hui de retour sur pied et témoigne de l'épreuve qu'il a du traverser. 

"C'est comme si je n'existais plus." Quand on lui demande de raconter sa descente aux enfers, Jean-Paul Cubilier n'a pas la mémoire très fraîche. À 77 ans, son esprit vif l'a pourtant propulsé durant trois mandats au rang de vice-président de la CCTC, un rôle dans lequel il était très investi. C'est d'ailleurs probablement dans le cadre de ses fonctions que le Saint-Laurentais est tombé malade.

"J'ai été cas contact au début de l'automne et mon test du 2 octobre s'est révélé positif, se souvient-il. Au départ, je n'avais pourtant aucun symptôme. D'ailleurs, je ne me rappelle pas qu'ils soient apparus. Toujours est-il que quatre jours plus tard, j'ai complètement perdu pied. C'était le black out complet."

Transféré près de Toulouse

Visiblement épuisé, Jean-Paul Cubilier est méconnaissable. "Je trouvais qu'il n'était plus lui-même, raconte son épouse Géraldine. Il n'avait ni fièvre ni problème de respiration. Mais lui qui est si bavard d'ordinaire n'avait plus aucune réaction et ne mangeait plus. Il passait son temps à dormir. Le médecin nous a dit d'appeler les urgences si son état empirait. C'est ce que j'ai fait une semaine plus tard. Il n'avait plus la force de se lever. Quand le Samu est arrivé, on a mis une heure pour le faire venir depuis la chambre jusqu'à une chaise du salon." 

Le 13 octobre, Jean-Paul Cubilier débarque au centre hospitalier universitaire de Nîmes où il est placé en coma artificiel. "Je me rappelle que je n'arrêtais pas de rêver, explique-t-il. Des rêves sur mon quotidien. Une fois, par exemple, ma femme avait laissé la voiture au milieu de nos vignes. Je sentais que je n'étais plus là, mais je me disais que si je rêvais c'est que je n'étais sûrement pas mort." 

À la fin du mois, l'élu saint-laurentais est transféré à Muret, à côté de Toulouse. "On m'a dit qu'il n'y avait plus assez de place à Nîmes et que Jean-Paul faisait partie de ceux dont l'état était suffisamment bon pour qu'il puisse faire le trajet, témoigne son épouse. Malgré tout, sa charge virale était importante. Mon neveu qui est anesthésiste réanimateur m'a fait comprendre que je ne devais pas me faire trop d'illusions."

À son réveil, les difficultés commencent pour Jean-Paul Cubilier qui avait perdu 15 kg. (Photo DR)

Pourtant, peu à peu, sa santé s'améliore. Après plusieurs essais infructueux, Jean-Paul Cubilier se réveille finalement le 15 novembre. "Je ne sais pas pourquoi, j'étais persuadé que j'étais à Alès, indique-t-il. J'avais une jambe paralysée. Je n'arrivais plus à marcher et des difficultés à respirer. On m'a renvoyé à Carémeau en attendant que je puisse entrer en rééducation. Pendant une douzaine de jours, c'était un calvaire. On était en plein second confinement et les hôpitaux étaient débordés. Forcément, la priorité, c'était les patients en danger de mort. Moi, je suis arrivé comme un chien dans un jeu de quille et j'ai du prendre mon mal en patience." 

Au-delà des souffrances physiques, le quotidien de Jean-Paul Cubilier s'accompagne des désagréments qu'ont connu beaucoup de malades. "Mes papiers d'identité et mon alliance ont été perdus pendant mon hospitalisation, regrette-t-il. Et surtout, ma femme me manquait beaucoup. Je crois que c'est pour elle que cette période a été la plus dure. Car moi, pendant mon coma, je n'avais aucune douleur." 

"Quand je l'ai vu en photo ça m'a fait un choc, confirme cette dernière. Il était méconnaissable et avait perdu 15 kilos !" Combatif, le vice-président de la CCTC se refait la santé sur ses terres, au centre de rééducation du Grau-du-Roi. "J'ai été très bien accompagné, apprécie-t-il. J'ai réappris à marcher, à respirer et à m'alimenter. Je suis finalement ressorti le 18 décembre pour faire quelques examens cardiaques avant de rentrer chez moi." 

C'est aux côtés de son épouse Géraldine que Jean-Paul Cubilier a traversé cette épreuve. (Photo Boris Boutet)

Depuis, Jean-Paul Cubilier retrouve chaque jour un peu plus d'autonomie. S'il n'a pas repris la conduite et qu'il souffre parfois de vertiges lors de mouvements trop brusques, il marche à nouveau avec l'aide d'une béquille et a retrouvé l'appétit. "On nous l'a dit : la clé c'est le temps, résume Géraldine. On remercie les élus de tous bords qui appelaient chaque semaine pour prendre de ses nouvelles." 

Des collègues que le Saint-Laurentais espère retrouver très vite sur les bancs des conseils municipaux et communautaires. "Je travaille mes dossiers. À distance pour le moment, indique-t-il. Je dois encore me remuscler un peu avant de pouvoir reprendre le volant. Mon objectif c'est de revenir avant mon 78e anniversaire, mi-avril, pour qu'ils puissent me payer un coup à boire !" Nul doute que son retour sera célébré comme il se doit.

Boris Boutet

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