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ALÈS L’association Au cœur de nos différences réclame la création d’aires de jeux adaptées aux enfants handicapés


Hugo Carré, papa d’un enfant porteur de handicap, milite pour la création d'aires de jeux adaptées dans le Gard, qui en est à ce jour totalement dépourvu. Ce combat, qu’il mène notamment avec l’aide de Patrick Bernard, vient de débuter par la mise en ligne d’une pétition destinée à interpeller les élus locaux.
Ce lundi 8 mars, les maires du Gard, l’agglomération d’Alès, Nîmes Métropole, le conseil départemental du Gard et de l’Hérault, ainsi que la région Occitanie, entre autres, ont reçu de nombreux courriers sur leurs boîtes mails respectives. Parmi eux, une lettre adressée par l’association alésienne Au cœur de nos différences, présidée par Hugo Carré.
Un écrit où figure le projet de création d’aires de jeux adaptées pour les enfants handicapés. Le développement espéré de ce prototype inclusif s’appuie sur la réussite de la ville de Vannes en Bretagne qui, en novembre 2019, s’est dotée de la première aire de jeux inclusive de France, regroupant sur plus de 750 m² près de cinquante activités ludiques.
« C’est une aire adaptée à tous les handicaps, que celui-ci soit moteur, auditif, sensoriel, visuel ou intellectuel », s’émerveille Hugo Carré, papa d’un enfant porteur de handicap. Le président de l’association, qui nous a reçus chez lui à Saint-Martin-de-Valgalgues avec Patrick Bernard, le vice-président, rajoute : « C’est aussi adapté aux enfants autistes qui peuvent profiter d’une zone un peu à l’écart où règne le calme. » 

Coût estimé à 500 000 euros

Connu pour être notamment le vidéaste des gilets jaunes, Patrick Bernard concède : « Il n’y a peut-être pas beaucoup d’entreprises spécialisées dans ce genre d’équipements c’est pour ça qu’il faudra s’entourer de professionnels de santé. » Pour que soit mise en service une telle infrastructure qui n’existe pas dans le Gard et dont le coût est estimé à un demi-million d’euros, « il faut qu’il y ait une volonté politique », prévient Hugo Carré.
Reconnaissant que l’aspect financier peut-être un blocage pour certaines petites communes du département, le président de l’association alésienne entend en faire un dispositif intercommunal et a donc logiquement sollicité les entités potentiellement concernées (Alès Agglomération, Nîmes Métropole et Montpellier Méditerranée Métropole). « L’objectif en sollicitant les agglos c’est qu’elles rentrent un petit peu en concurrence car la première qui s’emparera du projet aura forcément les projecteurs braqués sur elle », justifie Patrick Bernard.
Pour rester dans "les gros sous", Hugo Carré, qui estime que la confusion entre accessibilité et inclusivité se mêle souvent dans bon nombre d’esprits d’élus locaux, affirme : « Quand je vois que des mairies n’hésitent pas à mettre 300 000 euros pour des ronds-points je me dis que 500 000 pour une aire de jeux adaptée c’est peanuts ! » Et d’ajouter : « Et encore ça c’est le chiffre maximal, ça pourrait coûter moins cher car on a visité une aire de jeu déjà existante sur l’agglo qui pourrait accueillir des activités ludiques adaptées. »

« C’est ça la magie de ce prototype »

Sans le nommer, l’association a déjà établi un contact avec « un maire du bassin alésien » qui se dit tout à fait « favorable » à la démarche mais dont la commune ne pourra pas assumer à elle seule le financement. « Il faut faire comme l’a fait la ville de Vannes et aller chercher des financements partout. Mais ça ce n’est pas notre rôle, c’est aux élus de s’en charger », estime Hugo Carré.
En plus d’une lettre, le collectif a mis en ligne une pétition depuis le début de la semaine. « Le député européen Manuel Bompard a été le premier grand nom à la signer », indique le président, qui a pu échanger récemment avec l’Insoumis, ce dernier lui promettant de « porter le projet au niveau de l’Europe pour lever des fonds. »
Avant d’honorer son rendez-vous prochain avec la mairie de Nîmes, l’association, dans l’attente d’une rencontre avec Carole Delga, présidente de la région Occitanie, va réaliser un clip à partir des images tournées par la ville de Vannes. « Dans la vidéo, on voit les sourires sur les visages des enfants handicapés qui jouent avec des enfants valides et oublient la présence du fauteuil. C’est ça la magie de ce prototype ! », résume Patrick Bernard. Et Hugo Carré de compléter : « On n'a aucun intérêt dans ce projet. Le seul bénéfice est pour les enfants qui sont déjà malmenés par la crise sanitaire. »

Corentin Migoule

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