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ÉDITORIAL Le doute, ce poison…

Selon l'ARS : contre la rougeole la seule parade efficace demeure le vaccin (photo illustration)
Photo d'illustration archives DR/OG
En prenant la délicate décision de suspendre l'administration du vaccin AstraZeneca pour des raisons de sécurité sanitaire préventives, le Gouvernement a ouvert en grand le parapluie et anticipé les reproches supplémentaires qui auraient pu lui être fait dans un dossier dont la gestion pour le moins empirique et cahoteuse a été l'occasion d'une longue série de valse-hésitation et d'une mitraille discontinue d'ordres et de contrordres auxquelles les Français ont été soumis bien malgré eux. Ce faisant, vaguement à l'abri sous son pébroque, le Gouvernement a dans le même temps ouvert la boîte de Pandore de la défiance et de la controverse dans une période agitée où, entre fakes news, complotisme, activisme, décisions mal comprises et/ou mal acceptées, interventions cacophoniques de spécialistes autoproclamés et des tenants de l'ultracrépidarianisme, la confiance de la population envers ceux qui la représente au plus haut niveau de l'État a déjà été sérieusement écornée. Et finalement peu importe - et l'avenir nous le dira ! - que le vaccin incriminé soit ou non réhabilité et remis dans le circuit, c'est bien connu dans l'imagerie d'Épinal, il n'y a pas de fumée sans feu. "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose", disait le grand philosophe anglais Francis Bacon, un des pionniers de la pensée scientifique moderne. Plus grave que l'avenir d'AstraZeneca qui, on ne se fait pas de bile (*), s'en remettra, à l'heure où se profilent d'autres mesures de confinement, c'est maintenant à l'instillation dans l'esprit des Français du pernicieux venin du doute, ce poison pour lequel il n'y a ni antidote ni parapluie, auquel va faire face un Gouvernement qui devra déployer des trésors de conviction pour les persuader de lui emboîter le pas comme un seul homme. Tout en gardant à l'esprit une pensée de l'essayiste et romancier québécois Pierre Turgeon : "À tromper autrui, l'on risque de se duper soi-même". Pas mieux.

Philippe GAVILLET de PENEY

* Le groupe suédo-britannique affichait en 2019 un chiffre d'affaires de 24 384 millions de dollars US et un résultat net de 1 335 millions.

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Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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