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FAIT DU JOUR Assassinat d’un père de famille : sa femme et ses fils aux Assises

Photo Boris de la Cruz / Objectif Gard

Le procès débute ce mardi matin et le verdict attendu vendredi.

Photo Boris de la Cruz / Objectif Gard

Un père de famille est retrouvé étranglé, poignardé et brûlé. La mère avoue le crime et dénonce un conjoint violent, tyrannique. Les sœurs du défunt défendent avec véhémence un père aimant. Deux thèses, deux clans à jamais irréconciliables. La cour d’assises devra trancher.

Accusés de l’assassinat de son époux et de leur père, une femme et ses deux enfants ont rendez-vous à partir de ce mardi 6 avril devant la cour d’assises du Gard. Ils sont accusés d’avoir tué Fakir Badre (voir photo ci-dessous), un enfant de la ZUP Pissevin de Nîmes, très connu dans ce quartier populaire. Une affaire qui a braqué les projecteurs des médias au moment du drame, car les personnes mises en examen dans ce dossier criminel sont sa femme et ses deux fils. Un trio qui fera face aux jurés gardois pendant quatre jours.

Un cocktail explosif, étranglé et poignardé

Catarina Castro, 49 ans aujourd’hui, a reconnu les faits. Elle est l’épouse de la victime, Badre Fakir. Elle évoque une vie personnelle et familiale faite de violences à son encontre. Elle aurait fait ingurgiter un cocktail explosif à base de somnifères à son mari. Ce dernier, très affaibli par la boisson a été étranglé et poignardé un soir de fin d’été 2015. Des faits qui sont survenus au domicile de la famille, une belle villa située sur la commune de Milhaud. Le père de famille a ensuite été abandonné sous un pont SNCF à Nîmes. C’est dans cet endroit peu fréquenté qu’il sera retrouvé partiellement carbonisé.

Deux fils de Catarina Castro et Fakir Badre sont également renvoyés devant la juridiction criminelle pour cet assassinat. Durant l’enquête, ils ont avoué avoir participé au transport du corps. Mais la mère comme ses deux complices sont restés sur une position commune : les deux enfants n’ont pas participé à l’empoisonnement, l’étranglement et les coups de couteaux portés au père de famille. « Catarina s’en veut. C’est elle qui a entraîné ses fils. Si le soir des faits lorsqu’elle a tué son compagnon elle appelle les forces de l’ordre au lieu d’appeler ses fils, elle se retrouverait seule devant la cour d’assises », affirme maître Aoudia, le conseil de l' accusée. Les fils du couple, Mickael et Jordan seront appelés à la rescousse et c’est eux qui vont transporter le corps de leur père. L’un d'entre eux avouera avoir mis le feu.

Banditisme, mort lié à la drogue ?

Pourtant le 1er septembre 2015 lorsqu’ils découvrent le corps carbonisé d’un homme corpulent sous un pont SNCF de l’ancienne route d’Anduze, sur les hauteurs de Nîmes, les enquêteurs de la police judiciaire envisagent immédiatement la piste du banditisme et des règlements de compte liés à la pègre locale. C’est en effectuant sa patrouille journalière qu’un garde forestier est tombé sur ce corps, bien en vue sous le tunnel et sa piste en terre, peu fréquentés et peu passagers. Ici on est encore à Nîmes, mais loin de la zone urbanisée, c’est même plutôt le cœur de la garrigue.

Photo DR / Objectif Gard

Le lendemain, un nom émerge rapidement. Une femme se rend à la police pour déclarer la disparition de son frère, Fakir Badre, 44 ans. Les soupçons deviennent des certitudes. L’autopsie et l’ADN prouvent qu’il s’agit bien de cet homme originaire de Pissevin. Autre certitude : ce n’est pas un accident. La piste criminelle est incontestable dans ce dossier.

L’épouse de la victime indique que son mari et plusieurs hommes ont eu des échanges violents juste avant la disparition qu’elle date de la soirée du dimanche 30 août. Un des fils affirme même que son père pouvait être impliqué dans un dossier de stupéfiants. Des indications parvenues à la police faisaient état d’un vol de stupéfiants de la part de Badre Fakir, le père de famille étant en plus connu de la justice. Mais rapidement la piste d’un règlement de comptes lié à un trafic va être abandonnée et celle d’un drame familial va devenir l’unique axe d’enquête.

La piste familiale

Un drame qui serait survenu après une journée banale autour d'un barbecue dans la maison familiale. Un repas a lieu, avec le père aux grillades. Une joie simple pour une famille en apparence sans histoire. Dans la soirée, le drame va survenir. Catarina dira plus tard aux enquêteurs venus l’arrêter, plus d’un mois après la mort de son mari, que ce dernier lui faisait subir des violences depuis toujours, qu’elle avait peur de lui, évoquant des coups mais aussi des viols dont elle aurait été victime. Un de ses fils évoque son père comme "un tyran". Un autre parle d'un homme violent qui frappait sa femme et ses enfants.

Le corps de la victime sera caché dans la maison. Le lundi, la mère de famille part travailler comme aide-maternelle, dans une école de Nîmes. Elle affirmera tout au long de la procédure qu’elle a agi seule, voulant systématiquement mettre hors de cause ses deux grands garçons. Ces derniers ont avoué avoir chargé le corps le lendemain, 24h après la mort, pour se débarrasser de leur père retrouvé plus tard partiellement brûlé sous ce pont des hauts de Nîmes.

De son côté, la famille de Badre Fakir balaie la version d’un homme violent, ingérable et tyrannique avec sa famille. Ses sœurs indiquent depuis le début qu’il était un père qui aimait ses enfants et sa femme. L’audience de la cour d’assises devra faire la lumière sur les zones d’ombres de ce dossier.

Boris De la Cruz

Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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