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LE 7H50 de Sophie Ressouche : « Dans le sud du Gard, les nappes phréatiques n’avaient plus été aussi déficitaires depuis 1993 »

Sophie Ressouche, directrice des nappes Vistrenque et Costières. (Photo DR)

Responsable du pôle eaux souterraines à l'EPTB Vistre Vistrenque, Sophie Ressouche fait le point sur les stocks d'eau dans les nappes phréatiques du sud du département. 

Vous êtes spécialiste des nappes Vistrenque et Costières, quel territoire votre syndicat mixte couvre-t-il ? 

Sophie Ressouche : Nous couvrons un total de 48 communes principalement situées au sud de Nîmes, plus la Vaunage. Au total, le territoire a une superficie de 780 km2 et une surface de nappes phréatiques de 530 km2.

Comment vont ces nappes à l'heure actuelle ? 

Nous sommes dans une situation déficitaire depuis plusieurs mois. Il faut savoir qu'en moyenne, nous il faut 760 mm de pluie sur notre territoire pour recharger suffisamment nos nappes. L'année 2018 a été extraordinaire à cet égard puisqu'il y avait eu 1 120 mm de précipitations, ce qui avait eu pour effet de bien recharger les réserves. Depuis deux ans, il tombe environ 500 mm de pluie sur douze mois. Mais, grâce aux provisions de 2018, nous avons pu éviter des restrictions d'eau trop importantes l'été.

Malheureusement, il n'a presque pas plu ni cet automne, ni cet hiver. En mars, sur le secteur Nîmes-Courbessac, il n'est tombé que 2 mm de pluie. On a consommé toutes nos provisions et l'on se retrouve à des niveaux comparables à ceux d'un mois de septembre. Les nappes du Vistrenque et Costières font entre 10 et 20 mètres d'épaisseur et il y a actuellement un déficit d'environ un mètre cinquante par rapport à la normale.

La situation est-elle exceptionnelle ? 

Oui plutôt. Il faut remonter à 1993 pour trouver un niveau équivalent pour retrouver ces niveaux-là début avril.

Faut-il s'attendre à des conséquences dans les prochaines semaines ?

Théoriquement, il peut y avoir des tensions sur certains secteurs en termes d'approvisionnement en eau potable. Mais sur notre territoire, ce n'est plus arrivé depuis longtemps. S'il ne pleut pas suffisamment d'ici le mois de juin, il est par contre possible qu'il y ait des restrictions d'eau pour les particuliers, les industriels et les agriculteurs. Nous sommes dans une période très sèche et le vent accentue cette tendance. Des précipitations sont attendues pour ce week-end mais l'intensité devrait être modérée.

L'assèchement des nappes est-elle une tendance que vous observez à long terme ? 

Ce que l'on observe, c'est que les années de bonnes recharges comme l'a été 2018 sont de moins en moins fréquentes. Et comme les populations augmentent, les besoins en eau risquent d'augmenter à l'avenir. Il va falloir les gérer.

Propos recueillis par Boris Boutet

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