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GEL Face à cette « calamité », les élus d’Alès Agglo prônent l’union sacrée

Les cépages Grenache et Chardonnay sont, par leur précocité, ceux qui ont visiblement payé le plus lourd tribut de cet épisode de gel. (Photo Corentin Migoule)
Les cépages Grenache et Chardonnay sont, par leur précocité, ceux qui ont visiblement payé le plus lourd tribut de cet épisode de gel. (Photo Corentin Migoule)

Ce vendredi après-midi, au lendemain d'une journée particulièrement pénible pour les agriculteurs, Christophe Rivenq, président d'Alès Agglomération, s'est rendu à Lézan à la rencontre d'Éric Torreilles, maire de la commune hôte, lui-même viticulteur. Plusieurs élus ont pris part à cette rencontre informelle organisée à la hâte dans l'optique d'organiser le redressement.

Au lendemain d'une matinée noire pour la plupart des agriculteurs de la région suite à un épisode de gel, et alors que son homologue Franck Proust, à la tête de Nîmes Métropole, avait fait le déplacement pour visiter l’exploitation de la famille Angelras à Nîmes jeudi après-midi, Christophe Rivenq, président d'Alès Agglomération, a choisi de se rendre à Lézan ce vendredi.

Une destination logique pour le président du Pôle métropolitain Nîmes-Alès invité par le premier magistrat lézanais, Éric Torreilles, lui-même viticulteur. Accompagnés d'une petite délégation d'élus d'Alès Agglo, les deux hommes ont d'abord refait le monde, philosophant sur cette période noire pour l'économie au sein de laquelle l'agriculture était "l'un des rares secteurs à s'en sortir" avant de "prendre ce terrible coup de gel."

En effet, la veille, entre 5 heures et 8 heures du matin, le Gard a enregistré des températures excessivement basses pour un mois d'avril, et ce après quinze jours de grand beau temps. Le mercure est descendu jusqu'à -7°C par endroits, c'est notamment le cas à Lézan où Patrick Fesquet, président de la cave, table sur une perte de plus de deux tiers de son exploitation. L'une de ses parcelles de cépage grenache a été totalement grillée durant cette nuit glaciale où les bourgeons naissants n'ont pas résisté. Parce que cet épisode météorologique était annoncé depuis plusieurs jours, les viticulteurs avaient pourtant pris soin de s'organiser, comme à Saint-Césaire-de-Gauzignan où des feux avaient été allumés et des ballots de paille éparpillés pour tenter de réchauffer la terre, en vain. Maire de Castelnau-Valence, Christophe Bougarel dit n'avoir "jamais vu ça en 40 ans de métier !"

"Quand l'agriculture souffre, c'est toute l'économie locale qui est malade"

"Il y a 50 ans, un bon agriculteur avait toujours une récolte d'avance pour encaisser un éventuel coup dur", indique de son côté le maire de Lézan, qui reconnaît qu'aujourd'hui "ce n'est plus possible." Si ce dernier a aussi eu "une pensée pour toutes les exploitations familiales qui ne vivent que de ça", Frédéric Gras, maire de Saint-Césaire-de-Gauzignan, redoute que toute une économie soit mise à mal : "Celui qui voulait changer sa machine à vendanger attendra un an ou deux. Cet été, la récolte sera tellement faible qu'il n'y aura pas d'emplois saisonniers pour les jeunes." Et l'édile saint-césairois de résumer : "Dans le Gard, quand l'agriculture souffre, c'est toute l'économie locale qui est malade."

Quelques heures plus tôt, le gouvernement avait activé le régime de calamité agricole mais ce dernier ne concerne pas les viticulteurs qui se retrouvent ainsi pour la plupart démunis. À son niveau, Christophe Rivenq veut bien aider mais la participation sera "plus symbolique qu'autre chose" tant le budget de l'Agglo parait étriqué. Alors ce dernier ira taper à toutes les portes : "Je vais appeler Jean Castex pour voir comment l'État peut nous venir en aide même si en ce moment son téléphone doit chauffer." Selon Éric Torreilles, le salut des exploitants passera par l'union sacrée : "Il faut que tous les élus du secteur se réunissent pour mener une action massive sinon il y en a beaucoup qui vont rester sur le carreau !" D'autant qu'à l'heure des grands bouleversements climatiques, à une époque où "on vendange de plus en plus tôt", personne n'est à l'abri d'un nouveau coup de froid synonyme - peut-être - de coup fatal.

Corentin Migoule

 

 

 

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