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GARD Qu’importe la pluie pourvu qu’on manifeste !

Un parvis de l'Hôtel de ville bien rempli et de nombreux élus de la Gauche du bassin alésien pour ce 1er mai de convergence des luttes. (Photo Corentin Migoule)
Le parapluie était de rigueur au moment des prises de parole sur le camion (Photo Corentin Corger)

Privés de rassemblement l'année dernière à cause du confinement, les militants étaient de retour ce samedi 1er mai pour défiler en ce jour symbolique de la Fête du travail. À Nîmes, Alès et Bagnols, Objectif Gard a suivi ces manifestations. 

Hormis la CFDT, tous les syndicats étaient représentés lors de la manifestation qui s'est déroulée à Nîmes. FSU, Solidaires, CGT, FO, CNT... et on s'excuse par avance pour ceux que l'on a oublié. Même Attac était présent. Après de longues minutes d'attente sous des trombes d'eau et un froid de canard, le temps que chaque représentant de chaque organisation prenne la parole sur le camion, le cortège a pu enfin partir. Avec en tête pour mettre l'ambiance les acteurs culturels de Paloma instruments à la main accompagnés d'une batucada pour manifester en rythme. Au total, plus de 300 personnes étaient rassemblées dans la cité des Antonin.

Parmi les manifestants, on retrouve Marc, un habitué du 1er mai depuis 15 ans, pour qui, malgré les conditions climatiques, il était indispensable de venir : "Ça a été rebaptisé la journée de la Fête du travail mais c'est avant tout la fête de la lutte des travailleurs. C'est un hommage à tous nos anciens qui se sont battus pour avoir tout ce que l'on a aujourd'hui. C'est important et c'est un minimum que l'on soit là." Dans la foule, quelques politiques ont été aperçus comme Vincent Bouget, élu d'opposition communiste à la ville de Nîmes ainsi que l'ancien maire communiste Alain Clary, toujours au rendez-vous. Il dirigea la municipalité de 1995 à 2001. Partie de la Place Gabriel-Péri, la troupe a emprunté les boulevards Gambetta puis Victor-Hugo ainsi que l'avenue Feuchères pour terminer devant la préfecture du Gard.

À Alès, le parvis de l'Hôtel de ville était au deux tiers plein lorsque la CGT a cédé le micro au collectif d'intermittents qui occupe le Cratère depuis le 16 mars dernier pour la première prise de parole d'une longue série. L'occasion pour l'une de ses membres de rappeler, sous une pluie qui s'est alors intensifiée, "que toutes les luttes qui s'agrègent autour de la réouverture des lieux de culture" depuis plusieurs semaines sont "cohérentes entre elles." 

Dans l'assistance, les drapeaux de Solidaires, du Parti communiste, de la France insoumise, de la CNT, du SNUipp-FSU et de Solidaires s'entremêlaient aux parapluies de rigueur pour cette journée de "lutte globale" et non de "fête" d'après Martine Sagit, secrétaire de l'Union locale de la CGT d'Alès. À l'issue d'une sortie que l'on qualifiera de longuette, la dernière nommée a invoqué le concept du "3 fois 10" élaboré par son organisation syndicale : "10% de temps de travail en moins, 10% d'emplois en plus et 10% d'augmentation de salaire immédiate" pour "combattre les 1 607 heures de temps de travail annuel que le gouvernement veut instaurer" à tous les travailleurs pour qu'ils "produisent plus en travaillant gratuitement", le tout "au gré du capitalisme".

Un parvis de l'Hôtel de ville bien rempli et de nombreux élus de la Gauche du bassin alésien présents pour ce 1er mai de convergence des luttes. (Photo Corentin Migoule)

Le micro atterrissait ensuite entre les mains de Robert Guiraud, secrétaire de l'Union locale Force Ouvrière alésienne qui a, entre autres, déploré la gestion gouvernementale de la pandémie illustrée par "un état d'urgence sans fin" qui serait utilisé "pour domestiquer les travailleurs." Co-secrétaire départementale du SNUipp-FSU, Dany Bénézet avait eu le temps de réclamer l'ouverture du RSA à tous les moins de 25 ans "quel que soit leur statut"  car en ces temps de pandémie, "les périodes de stages ont été empêchées" et "de nombreux emplois étudiants ont disparu." Aussi, la FSU a exigé des créations d'emplois statutaires "à hauteur des besoins, notamment pour les remplacements dans les écoles".

Un cortège composé d'environ 350 personnes s'est ensuite formé prenant la direction du parvis de la scène nationale du Cratère où plusieurs animations ont eu lieu, dont celles proposées par le collectif Ziktamu et la chorale de lutte baptisée "Lasalle gueule". Peu après 12 heures 30, la mobilisation du 1er mai a pris fin lorsque les différentes organisations ont été invitées à se désagréger à hauteur de la Bourse du travail.

Ce samedi matin, lors de la manifestation du 1er-mai à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

À Bagnols, ils étaient plus d’une centaine d’après la CGT, dont quelques candidats aux départementales, à braver la pluie, le froid et le contexte sanitaire. L’état d’urgence sanitaire sera d’ailleurs critiqué par les différents syndicats lors de leurs prises de parole, teintant cette fête du travail de questions de santé. Un contexte qui provoque « pour tous ceux qui ne peuvent vivre que de leur travail, la sextuple peine, lancera Louise Moulas, de FO. Chômage obligatoire, pertes d’emplois, télétravail déstructurant obligatoire, pertes de salaires, pertes de droits, peur permanente, délitements familiaux et psychologiques. » Et ce alors que pendant ce temps, « la contre-réforme de l’assurance-chômage, elle, a été promulguée », poursuivra-t-elle. 

Le secrétaire de l’union locale CGT de Bagnols Patrick Lescure en reviendra aux inégalités, en prenant l’exemple des plus riches : « Pendant que les premiers et les suivants de corvée se précarisent, les plus riches se gavent. De mars 2020 à mars 2021, la fortune des milliardaires français a augmenté de 170 milliards, soit une hausse de 40 %. » Alors « Oui nous voulons mener la guerre, poursuivra le cégétiste, pour qu’enfin cesse la casse de notre outil de santé publique. Pour qu’on donne la place centrale à l’éducation de nos enfants. Contre vos politiques de casse des services publics de proximité. Pour une relance économique qui ne fasse pas payer aux premiers de corvée la crise sanitaire. Contre l’opacité des aides publiques. Contre votre politique de précarisation de l’emploi. » 

Car, comme le soulignera Mohammed Hammani de FSU, « De trop nombreux plans sociaux, des délocalisations sont en cours. Beaucoup d’entreprises ont pourtant bénéficié d’aides publiques importantes sans contrepartie. » La conditionnalité de ces aides sera une nouvelle fois réclamée par les syndicats présents. 

« Il est important de combattre car par la lutte nous avons pu obtenir la retraite, les services publics, l’assurance chômage, des acquis sociaux », rappellera ensuite Adrien Couffin de Solidaires. Patrick Lescure terminera par la promesse de jours de lutte prochains : « La colère que nous entendons sera bientôt déconfinée. » 

Corentin Corger (à Nîmes), Corentin Migoule (à Alès) et Thierry Allard (à Bagnols)

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