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FAIT DU JOUR Le Grau-du-Roi, future « Silicon Valley » méditerranéenne et éco-responsable ?

Ces locaux qui ont fait les beaux jours des graffeurs accueilleront bientôt les chercheurs du CNRS. (Photo Boris Boutet)

On parle habituellement du Grau-du-Roi pour ses plages, ses espaces naturels et son village de pêcheurs. On le sait moins, mais la commune est aussi très attractive pour les scientifiques, nombreux à s'y implanter. Une dynamique qui pourrait bien impulser un développement économique dans des secteurs innovants. 

L'institut marin du Seaquarium, l'unité mixte de recherche en rééducation spécialisée dans l'étude du mouvement, l'institut français de la Vigne et du Vin (IFV) et prochainement l'institut des Plages. Le Grau-du-Roi n'en finit plus d'attirer les scientifiques. "Notre commune est une grande station balnéaire, elle dispose du plus important port de plaisance d'Europe, mais elle est aussi un haut lieu de recherche", souligne le maire, Robert Crauste.

Sur le site de l'ancien hôpital du Grau-du-Roi, les travaux retardés de plusieurs mois, notamment par la crise sanitaire, doivent démarrer cet été. C'est 1 200 m2 de bâtiments qui seront totalement réaménagés d'ici le printemps prochain pour accueillir une unité du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dédiée à l'hydro-morphodynamisme littoral.

Le golfe d'Aigues-Mortes, laboratoire de recherche à ciel ouvert

"Ce domaine contient l'étude des vagues, des sédiments, la courantologie ainsi que l'évolution des niveaux d'eaux et des paysages, résume son directeur, Frédéric Bouchette, actuellement basé à l'Université de Montpellier. À l'heure actuelle, nous avons une trentaine de chercheurs dispersés sur toute la façade méditerranéenne."

Tous seront donc regroupés au Grau-du-Roi dès l'an prochain pour joindre leurs efforts. "Notre objectif est de trouver des solutions à court terme pour mieux gérer le littoral et améliorer les stratégies de préservation afin de les transmettre rapidement aux décideurs politiques, poursuit Frédéric Bouchette. Le golfe d'Aigues-Mortes est parfait pour cela car il regroupe toutes les caractéristiques que l'on peut retrouver ailleurs sur le littoral." 

À deux pas du futur institut des plages, une unité de recherche sur le mouvement. (photo Boris Boutet)

Le futur institut des Plages concentrera l'ensemble du matériel météorologique du CNRS. Le Grau-du-Roi et ses alentours lui serviront de laboratoire à ciel ouvert. "Il s'agira de l'un des trois observatoires du littoral à l'échelle nationale, indique le directeur. Les caractéristiques territoriales et scientifiques du Grau-du-Roi ont évidement joué dans notre choix de nous y installer. Des ponts peuvent se faire entre les différentes unités de recherche."

C'est en tout cas la volonté de Robert Crauste. "On veut les mettre en résonance les unes avec les autres, explique le maire du Grau-du-Roi. La présence scientifique dans la commune est importante en terme d'image, mais pas uniquement. Elle nous place dans l'axe de l'innovation et a des conséquences économiques positives avec une activité annualisée." 

La transition énergétique comme point commun

De l'institut marin du Seaquarium à l'IFV en passant le futur institut des Plages, les chercheurs ont tous des problématiques différentes à traiter. Mais ils se retrouvent sur la nécessité de trouver des solutions pour favoriser la transition énergétique. Centre de sélection et de conservation de la vigne, l'IFV travaille par exemple sur la création de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies.

"Le site du Grau-du-Roi est la tête de pont de notre réseau national, avance son directeur, Jean-Pierre Van Ruyskensvelde. L'idée est de permettre aux vignerons de ne plus utiliser de pesticides. Nous cherchons aussi des solutions pour entretenir les sols sans glyphosate et pour réduire les taux de sulfite dans les vins sans générer de problèmes de conservation."

Des axes de travail qui sont donc liés de près au développement durable. "Nous sommes très favorables à des concertations entre les différents organismes de recherche présents au Grau-du-Roi", abonde Jean-Pierre Van Ruyskensvelde qui accueille régulièrement des délégations étrangères qui viennent se renseigner sur les méthodes françaises.

Attractif pour les starts-up ?

Mettant en relation la recherche sur le mouvement et l'intelligence artificielle, l'unité mixte du centre de rééducation du Grau-du-Roi est plus éloigné des préoccupation environnementales. "Nous tentons de proposer de nouvelles solutions à nos patients grâce à la robotique et réalité virtuelle", indique le Dr Jérôme Froger.

Quoi qu'il en soit pour la commune, dynamique scientifique pourrait bien rimer prochainement avec développement économique. Robert Crauste s'y prépare. L'institut des Plages n'occupera en effet que la moitié des bâtiments de l'ancien hôpital. "Sur l'autre partie du site, 250 m2 seront dédiés à l'implantation de starts-up qui travailleront dans l'écosystème des travaux du CNRS, projette-t-il. Sur le dernier quart, la société d'économie-mixte (SEM) Le Grau-du-Roi développement aménagera un tiers-lieu où seront disponibles des espaces de coworking. Il y a aussi un projet d'incubateur (une structure qui aide les jeunes entreprises en leur offrant formation, conseil et financement, ndlr) sur Port-Camargue." 

"On sent qu'il y a une volonté politique de développer l'activité scientifique, un peu dans l'esprit de la Silicon Valley", analyse Frédéric Bouchette. Une Silicon Valley à l'accent méditerranéen et tournée vers la transition énergétique.

Boris Boutet

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