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PONT-SAINT-ESPRIT Le Musée d’art sacré profite du confinement pour préparer sa mue

La directrice de la conservation départementale Béatrice Roche entourée de sa directrice adjointe Fanny Charton et la chef de service valorisation des collections Marie Barthelet (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le Musée d'art sacré est en pleine démarche d'évaluation (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Ce n’est pas parce qu’il est fermé au public depuis des semaines pour cause de confinement qu’il ne se passe rien au Musée laïc d’art sacré du Gard, à Pont-Saint-Esprit.

Un musée qui a finalement peu bougé depuis son ouverture en 1995 dans la maison des chevaliers de Pont-Saint-Esprit, construite au XIIe siècle par la famille des Piolenc et rachetée en 1988 par le Département pour en faire un musée particulier, dont le parti-pris est de présenter l’art sacré sous toutes ses formes, avec un éclectisme revendiqué et souvent détaché du fait religieux.

Ainsi, on y retrouve autant des bibles rares et des croix de mariniers que le sarcophage égyptien de la dame Kaa-Iset, qui date de 330 avant notre ère, qu’une eau-forte de Rembrandt, La Résurrection de Lazare, qui date de 1632, ou encore qu’une veste portée par Johnny Hallyday en tournée ou un tee-shirt dédicacé par les joueurs de l’équipe de France championne du monde de football en 2018.

Le fameux blouson de Johnny Hallyday (au second plan) (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Depuis 1995, le musée n’a pas du tout changé dans sa muséographie, par contre il y a eu une politique d’acquisition soutenue, donc nous avons complété le parcours de visite, les vitrines sont plus chargées et le discours du musée s’est un peu brouillé », explique la directrice de la Conservation départementale Béatrice Roche.

Alors pour joindre au diagnostic des agents du musée celui des visiteurs, une grande démarche d’évaluation a été lancée à la mi-mars, à la faveur de la fermeture des lieux. « Nous n’avions pas prévu de la faire cette année, mais comme le contexte sanitaire nous a poussé à annuler beaucoup d’événements, nous en profitons pour mener cette évaluation », résume Béatrice Roche, qui y voit également « un projet d’équipe ». L’évaluation ne s’arrêtera pas avec la réouverture du musée prévue pour le 19 mai, car elle est prolongée jusqu’au 10 juillet.

Concrètement, tout le monde peut y participer gratuitement, il suffit de s’inscrire auprès de la Conservation départementale. Alors nous nous sommes prêtés au jeu. Après un rapide topo sur l’histoire du lieu, nous voilà lâchés dans le musée, avec pour mission de le visiter et de donner des pistes d’amélioration. Très vite, la première piste saute aux yeux : l’architecture particulière, pour ne pas dire biscornue par endroits, de la maison des chevaliers, conjuguée à la quasi-absence de signalétique laisse le visiteur quelque peu perplexe. Le risque est même de louper une pièce.

La vierge à l'enfant, ressurgie dans le Rhône lors du bombardement du 15 août 1944 (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le foisonnement de pièces exposées dans les vitrines, s’il n’a pas déplu à votre serviteur, peut déstabiliser, tout comme les textes des fiches de salles et des cartels, pas toujours accessible. À l’issue de la visite d’évaluation, le visiteur-testeur est soumis à un questionnaire fouillé sur ses impressions. Pour l’heure, une trentaine de visite d’évaluations a été menée, et trois grands chantiers se dessinent. 

Les pistes d’améliorations

« Le premier est le réaménagement de l’espace accueil-boutique, en aménageant des vestiaires, car nous accueillons 10 000 visiteurs par an, dont des groupes et des scolaires », avance Béatrice Roche. La mise aux normes d’accessibilité des sanitaires et la création d’un comptoir de boutique sont aussi envisagées. Le deuxième chantier concerne la révision du parcours permanent. « Nous allons revoir la sélection des objets pour rendre plus lisible les thèmes développés dans le musée et alléger certains espaces », poursuit la conservatrice départementale. 

Enfin, le troisième chantier, et non des moindres, sera la refonte des supports de médiation. En clair, « tous les textes, qui ne sont pas adaptés au grand public et sont trop longs, donc nous allons mener un gros travail de réécriture de ces textes pour mieux valoriser la collection et le discours du musée », explique Béatrice Roche. La signalétique rentre aussi dans ce chantier, pour éviter que le visiteur ne se perde, ce qui, d’expérience, peut vite arriver.

La salle d'apparat, dans laquelle un sarcophage égyptien est exposé (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Ces chantiers, menés par la directrice-adjointe Fanny Charton et la chef du service valorisation des collections, Marie Barthelet, doivent donner leurs premiers aménagements d’ici la fin de l’année. Ils s’accompagneront de deux autres projets, un autour de la maison des chevaliers avec la création de supports de médiation, et un autour du pont du Saint-Esprit, qui a donné son nom à la ville, avec éventuellement une salle qui lui serait consacrée. 

En attendant, l’évaluation continue pour affiner les pistes d’améliorations déjà pressenties. Précisons que les visites se font dans le plus strict respect du protocole sanitaire, et uniquement sur rendez-vous au 04 66 90 59 36 ou à l’adresse mail suivante : musee@gard.fr. Comptez environ 1h30 pour la visite et l’entretien post-visite. 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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