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GARD Agression du maire de Lasalle : l’auteur présumé s’explique au tribunal

Maitre Anaïs Farget a défendu le maire de Lasalle, Henri de Latour. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Maitre Anaïs Farget a défendu le maire de Lasalle, Henri de Latour. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Maitre Anaïs Farget a défendu le maire de Lasalle, Henri de Latour. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Près de cinq mois après les faits qui avaient provoqué une vive émotion au sein de la population et auprès de nombreux élus gardois (relire ici), Laurent, un Lasallois de 44 ans, comparaissait ce vendredi après-midi devant le tribunal correctionnel d’Alès pour violence, outrage et rébellion.

Pendant plus de deux heures d’audience, l’accusé n’a rien lâché. Pas un mot d’excuse pour le maire de Lasalle, Henri de Latour (qui n’a pas fait le déplacement au tribunal, Ndlr), ni de regrets. Bien au contraire, le quadragénaire s’est vigoureusement défendu, accusant entre autres les gendarmes d’avoir produit de « faux témoignages » ou encore le maire de l’avoir provoqué.

Tout commence le 11 janvier sur le marché de Lasalle. Ce matin-là, trois gendarmes patrouillent à pied pour faire respecter la règle du port du masque dans la commune. Plusieurs personnes n’en ont pas, l’atmosphère se tend. « Vous êtes l’individu le plus énervé de ce groupe », indique d’entrée la présidente, Bérangère Le Boedec, qui rappelle les faits. Laurent ne le conteste pas, d’autant qu’il sait que la juge s’appuie sur une vidéo d’une dizaine de minutes qui a été diffusée à l’audience. On y découvre la suite. Laurent, lunettes noires sur le visage et sans masque, est effectivement très en colère : il insulte les militaires qu’il compare à la « Gestapo ». Droit dans ses bottes, le prévenu, qui n'a pas pris d'avocat pour se défendre, ne se démonte pas face à la juge : « Oui, j’assume. La gendarmerie de Lasalle agit comme une police d’État ».

"J'ai juste mis une gifle"

La suite de la vidéo est plus confuse. L’altercation entre le maire et son administré, qui n’a duré que quelques secondes, n’a pas été filmée par la caméra-piéton portée par l’un des trois gendarmes. Laurent reconnaît avoir donné la gifle, mais refuse de tout endosser : « Je vois un mec masqué foncer vers moi. Je me sens menacé, c’est mon instinct qui a parlé. Il a été agressif envers moi. J’ai juste mis une gifle », déclare-t-il à la présidente. Une version relayée par d’autres habitants qui ont témoigné par écrit en sa faveur. Un homme, cité comme témoin, a fait le déplacement à la barre et confirme les déclarations de Laurent : « J’ai vu le maire foncer sans se présenter, sans aucun préalable, qui a mis son front contre le front de monsieur ». Précisons, comme l’a fait remarquer l’avocate de la partie civile, que le témoin en question est un opposant politique du maire Henri de Latour.

C’est justement à l’avocate de ce dernier, Maître Anaïs Farget, de plaider et elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle demande 1€ de dommages et intérêts et surtout que l’accusé n’approche plus son client. « Monsieur le maire a peur », indique-t-elle avant d’attaquer Laurent sur l’idéologie qu’il défend :  « Les gendarmes et le maire sont fascistes parce qu’ils ne pensent pas comme lui. Monsieur qui est si sûr d’être du bon côté, qui dit faire de la philosophie… Ce matin-là, on n’a pas entendu Diogène ou Socrate. Il n’y a eu ni rhétorique, ni maïeutique. Non, il a insulté et frappé. Les règles, on ne les applique qu’aux autres ». Et de conclure : « Tout est inversé : monsieur qui prétend défendre les faibles, c’est bien lui qui a attaqué un homme faible de 71 ans ».

Dans la foulée, la procureure Nathalie Welte, qui a prévenu ne vouloir faire « ni politique, ni idéologie », estime qu’il « n’y avait aucune nécessité de porter cette gifle » et demande à ce que l’accusé soit reconnu coupable. Elle fait toutefois part de son « doute » quant à la rébellion. Elle requiert deux amendes : une de 1 000€ dont la moitié avec sursis et une autre de 200€. Le jugement a été mis en délibéré au vendredi 25 juin à 9h.

Tony Duret

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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Un commentaire

  1. Ca a duré des plombes et on a dû attendre deux heures avant de voir le bout du tunnel… Mais on a eu la chance de voir un garçon se défendre avec fermeté et droiture, jusqu’à faire perdre tous ses moyens à l’avocate, qui s’est mise à dire n’importe quoi et à se comporter bizarrement. Fallait voir ça! …
    Ce qui m’a le plus surpris c’est que le garçon a osé dire ce que personne aurait osé dire devant un tribunal. Il a pris des risques pour défendre les gens et ce qu’on leur fait subir.
    Franchement, je ne sais pas si c’est ça un philosophe, mais si c’est ça, ça me plaît…

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