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FAIT DU JOUR Lasalle, maires de résistance

Les maires étaient à Lasalle hier matin en soutien à Henri de Latour. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Les maires étaient à Lasalle hier matin en soutien à Henri de Latour. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Les maires étaient à Lasalle, hier matin, en soutien à Henri de Latour. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Hier matin, les maires de nombreuses communes gardoises, mais aussi des sénateurs, député, sous-préfet et présidents d’agglomération ont apporté leur soutien au maire de Lasalle, Henri de Latour, agressé dans sa commune le 11 janvier dernier. Face à eux, des habitants réclamaient « la vérité »…

Il y a parfois, à quelques mètres seulement, des hommes et des femmes que rien ne semble pouvoir concilier. Ce lundi 25 janvier, devant la mairie de Lasalle, il y avait d’un côté un bloc formé par une grosse centaine d’élus, arborant fièrement leur écharpe tricolore, et de l’autre, des habitants du village, portant fièrement des pancartes réclamant « la vérité ». Ces deux mondes, qui se côtoient pourtant quotidiennement puisqu’il n’y a certainement pas un élu plus proche de sa population qu’un maire, sont tristement restés à distance les uns des autres un jour où aurait dû régner un esprit de concorde.

Des habitants ont demandé "la vérité". Photo Tony Duret / Objectif Gard
Des habitants ont demandé "la vérité". Photo Tony Duret / Objectif Gard

Du côté de la cinquantaine d’habitants, ce lundi matin, on n’a qu’un mot à la bouche : « Un jour, vous verrez, on connaîtra la vérité », lance l’un d’eux qui, lui, prétend la connaître. Il était déjà là, deux semaines plus tôt, quand Henri de Latour, 71 ans, a été agressé par l’un de ses administrés, un homme d’une quarantaine d’années.

« J’étais à même pas un mètre et ce n’est pas un coup de poing qu’il a pris le maire, c’est une gifle », tient à rectifier ce témoin qui n’a pas donné son identité parce qu’il était sur une liste d’opposition lors des précédentes élections municipales. Quand on fait remarquer qu’une gifle reste une agression, sa voisine intervient : « On ne cautionne pas la violence, mais on ne cautionne pas non plus le faux témoignage ». Pour eux, c’est le maire qui aurait cherché la bagarre : « Il a foncé sur le type et il a collé son front contre le sien. Et là, il a pris une gifle. Je lui ai dit à Henri qu’il avait été imprudent », poursuit l’opposant.

Résister !

Voilà à quoi tient cette défiance : à une divergence des versions. Est-il si important de savoir qui a commencé ? Est-il capital de déterminer si c’était une gifle ou un coup de poing ? Ne faut-il pas parfois tout simplement arrêter d’ergoter ? On peut le tourner dans tous les sens, c’est un fait, le lundi 11 janvier, le maire de Lasalle a été agressé par l’un de ses administrés. Et c’est pour cela que des centaines d’autres élus venus des quatre coins du département ont accouru pour témoigner de leur soutien.

Le maire Henri de Latour s'est dit "très ému" à l'issue de la cérémonie. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Le maire Henri de Latour s'est dit "très ému" à l'issue de la cérémonie. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Parmi eux, le président de l’association des maires ruraux du Gard, Sylvain André, a fait savoir que d’autres maires ont vécu la même chose : « Il faut dire stop à la banalisation de la violence. C’est inacceptable. Rien ne justifie une agression physique ou verbale ». Idem pour le président de l’association des maires du Gard, Philippe Ribot, qui demande « du respect, de l’écoute et du dialogue ».

Le président de la communauté de communes du Pays Viganais, Régis Bayle, enchaîne : « Ceux qui t’ont frappé te connaissent mal. Henri, tu n’es pas un tenant de l’ordre établi. Tu es peut-être le plus révolutionnaire de nous tous ». Avant de conclure joliment : « Nous sommes venus ici pour proclamer ce mot, qui est si attaché à notre territoire cévenol : résister ».

Tony Duret

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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2 commentaires

  1. « Voilà à quoi tient cette défiance : à une divergence des versions. Est-il si important de savoir qui a commencé ? Est-il capital de déterminer si c’était une gifle ou un coup de poing ? Ne faut-il pas parfois tout simplement arrêter d’ergoter ? On peut le tourner dans tous les sens, c’est un fait, le lundi 11 janvier, le maire de Lasalle a été agressé par l’un de ses administrés. Et c’est pour cela que des centaines d’autres élus venus des quatre coins du département ont accouru pour témoigner de leur soutien. »

    Cette phrase est hallucinante! La personne qui a écrit ça est journaliste ou propagandiste du fachisme? Un déni complet des lois qui encadrent la justice! Pour rappelle, la présomption d’innocence et la légitime défense ont toujours cours dans ce pays, n’en déplaise à ce « journaliste ».

  2. Bien entendu qu’il est important de savoir qui a commencé voyons!… puisque c’est cela qui permet de différencier, selon les modalités de la loi, l’agresseur de l’agressé. Or dans ce cas précis, c’est bien le Monsieur le Maire qui a agressé un administré et non le contraire comme vous le sous-entendez. Alors oui, c’est important… Et il serait bienvenue que la vérité soit rétablie et que l’on arrête de se ranger du coté des manipulations de Monsieur le Maire. Parce voyez vous, c’est ce que réclame l’honnêteté. Une honnêteté qui réclamerai par ailleurs que des excuses soient présentées à l’agressé, Laurent G, de la part de tous les maires, sénateur, élus, pour s’être organisé contre lui, l’avoir accusé à tort, et jugé coupable avant même qu’un procès équitable ait été ouvert… Faudra-t-il y compter ?… Certes pas, on vous connait…

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