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UN JOUR, UN CANTON Alès 1 : la Droite pousse, les sortants s’accrochent

Infographie A.F / Objectif Gard

Chaque jour à 11 heures 30, la rédaction d’Objectif Gard décrypte la situation politique d’un des 23 cantons du Gard à l’approche des élections départementales. Place aujourd’hui au canton d'Alès 1 où les sièges occupés par Jean-Michel Suau et Geneviève Blanc sont plus que jamais convoités par la Droite.

Comme son voisin de La Grand-Combe ou celui de Rousson, le canton d'Alès 1 est historiquement ancré à Gauche. Composé de seulement huit communes mais peuplé d'environ 32 000 habitants, il est relativement dense, s'étalant à l'ouest de la capitale cévenole, de Saint-Christol-lez-Alès, commune dirigée par Jean-Charles Bénézet (UDI) depuis 2014, à Anduze, aux mains de l'écologiste Geneviève Blanc depuis le printemps 2020.

Si le premier nommé est candidat sur le canton sous la bannière du "Bon sens gardois", six ans après avoir échoué à la dernière place d'une triangulaire avec son binôme Nathalie Rivenq (27,80%), la seconde n'est autre que la conseillère départementale sortante, vice-présidente déléguée à l'Environnement et à la Prévention des risques. Alors que Jean-Charles Bénézet bénéficie de la fraîcheur apportée par Léa Boyer, jeune (27 ans) conseillère municipale de la ville d'Alès, Geneviève Blanc s'appuie sur l'expérience de l'inusable Jean-Michel Suau, conseiller municipal d'opposition de Max Roustan depuis 2001.

Pour arbitrer ce match équilibré sur le papier entre l'union de la Gauche et le Centre et la Droite réunis, le Rassemblement national qui, après avoir talonné le duo Suau-Blanc il y a six ans (31,66% au premier tour à moins d'un point des premiers), nourrit de très bons espoirs sur ce canton où il ne faut pas oublier la présence des non-affiliés Katharina Bürki et Bernard Hoarau.

Les sortants ont encore de l'appétit

Jean-Michel Suau et Geneviève Blanc, conseillers départementaux du canton Alès 1. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Jean-Michel Suau et Geneviève Blanc, conseillers départementaux sortants du canton Alès 1. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Si leurs adversaires les disent "usés", le communiste Jean-Michel Suau et l'écologiste Geneviève Blanc n'en ont pas eu assez et sont prêts à ferrailler six ans de plus. À l'issue d'une mandature pour laquelle ils défendent leur "complémentarité" par "l'addition" de leurs différences, les deux sortants se montrent plutôt sereins, renforcés par un accord "historique" de la Gauche dont ils ont été "les précurseurs" en associant "différentes sensibilités" il y a six ans.

"Aider tout le monde, quelle que soit la couleur politique de la commune" est le credo défendu par le duo qui s'appuie sur un exemple pour le moins criant, celui du chantier du rond point de la cave de Saint-Christol-lez-Alès, sur les terres d'un "adversaire", pour lequel le Département a répondu présent. Il en sera de même pour un autre projet saint-christolen, et pas des moindres puisqu'il s'agit du fameux contournement du centre-ville traversé chaque jour par plus de 15 000 véhicules, espéré depuis plus de 50 ans. Avec sa ligne de conduite baptisée "Plus de Gauche pour plus d'écologie", le binôme entend faire de la question de l'eau "un enjeu majeur" et souhaite par ailleurs expérimenter un revenu minimum de base pour les jeunes précaires.

Le "Bon sens gardois" pour faire "un gros coup"

Le duo Boyer-Bénézet à la conquête du canton d'Alès 1. (Photo DR)

S'il avait remporté le canton en 2015, le centriste Jean-Charles Bénézet aurait fait basculer le Département à Droite pour la première fois en 150 ans. Alors, plus que jamais, le maire de Saint-Christol-lez-Alès, enseignant à l'IMT Mines d'Alès, connaît l'enjeu que revêt le seul canton aléso-alésien qui a échappé à la Droite il y a six ans. Fort d'une notoriété grandissante après avoir été solidement conforté aux manettes de la deuxième plus grande commune d'Alès Agglomération dès le premier tour, le quinquagénaire forme un tandem "complémentaire" avec la petite nouvelle, Léa Boyer, 27 ans.

La jeune conseillère municipale d'Alès franchit une étape supplémentaire dans sa carrière politique officiellement lancée en 2017 par une participation aux élections législatives. Parce qu'elle refuse d'entendre la formule trop souvent usitée à ses yeux "Voter à Gauche ou à Droite, même combat", la secrétaire départementale adjointe des Républicains prévient : "Mettez-nous au pouvoir et en six ans vous verrez que la Droite et la Gauche, ce n'est pas du tout la même chose !" Attribuer "les bonnes aides aux bonnes personnes", cesser "le clientélisme" et "faire du social mais du vrai" figurent parmi les intentions du binôme qui promet de soutenir l’économie locale dans les domaines de l’environnement, de l’agriculture, de la viticulture, du tourisme, et de l’artisanat.

Le RN sur sa lancée

Le binôme RN sur Alès 1. (Capture d'écran affiche de campagne RN / DR)

Si les adversaires du RN avancent régulièrement la méconnaissance du terrain de candidats supposément "parachutés", l'adage ne tient pas pour le binôme aligné sur le canton d'Alès 1. Conseillère municipale d'opposition à la ville d'Alès depuis le printemps dernier, Aurélie Wagner est associée à Christophe Clot qui l'a été de 2014 à 2020. Aussi, ce dernier peut se targuer d'avoir échoué à moins d'un point du duo Suau-Blanc au premier tour il y a six ans. Surfant sur la dynamique nationale de leur formation qui a glané 42% des voix dans le Gard en 2015, les deux candidats nourrissent de gros espoirs sur ce canton qui apparaît plus ouvert que jamais. Pour se donner les moyens de ses ambitions, le duo bat campagne depuis plusieurs semaines, bénéficiant à deux reprises de la venue à Alès de la tête de liste départementale et régionale du Rassemblement national, le maire de Beaucaire, Julien Sanchez. À respectivement 49 et 43 ans, le directeur de cabinet d'expertise comptable et la conseillère funéraire espèrent franchir un cap électoral avec ces élections, six ans après s'être hissés tous les deux - séparément - au deuxième tour (Aurélie Wagner sur le canton du Vigan). Pour y parvenir, le tandem s'appuie sur des thématiques chères au parti de Marine Le Pen : la lutte contre la fraude sociale, le refus de l’accueil des migrants, la sécurisation des établissements scolaires et de leurs abords, un renfort des moyens alloués à la sécurité, entre autres.

Mais aussi... Katharina Burki et Bernard Hoarau, les non-affiliés

S'ils n'ont à ce jour pas communiqué avec Objectif Gard, Katharina Burki et Bernard Hoarau sont bel et bien candidats sur le canton d'Alès 1 où ils résident puisque la première nommée est domiciliée à Saint-Jean-du-Pin, le second à Saint-Christol-lez-Alès. Portant la liste baptisée "Un nôtre monde", les deux candidats ne sont affiliés à aucun parti politique et sont référencés en "liste divers" par la préfecture.

Corentin Migoule

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