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FAIT DU JOUR Le retour à la vie « presque comme avant » dans les lieux culturels, les bars et les salles de sport

Enzo et Anthony en pleine séance de musculation à Alès (Photo : Corentin Migoule / Objectif Gard)

La troisième étape du déconfinement est entrée en vigueur hier avec le décalage du couvre-feu à 23 heures et la réouverture des salles de sport, des cafés et des restaurants en intérieur et un passage de la jauge maximale des lieux culturels de 35 à 65 %. 

Un assouplissement bienvenu et permis par le recul de la pandémie de covid-19, notamment dans notre département. Objectif Gard est allé à la rencontre d’acteurs culturels, sportifs et de la restauration dans le Gard. Des professionnels soulagés de ce retour progressif à la vie « presque comme avant », mais qui doivent encore faire preuve de souplesse et d’adaptation.  

« Nous espérons qu’en septembre tout rentrera dans l’ordre »

Le café-théâtre La Comédie à Nîmes rouvrira ses portes dès ce samedi 12 juin. Un choix assumé par la direction, alors qu’elle était autorisée à le faire dès le 19 mai. « Nous avons un petit théâtre de 50 places. Ce n’était donc pas pertinent pour nous d’ouvrir à partir du 19 mai avec une jauge limitée à 35%. Et surtout, seuls les lieux en extérieur pouvaient relancer leur activité restauration. À partir de ce mercredi 9 juin, la jauge maximale passe à 65%, le couvre-feu de 21h à 23h et nous pouvons rouvrir notre partie restauration et bar à 50% de la capacité », explique Arno Maxx, co-gérant avec Sofi Martel du lieu situé au 3 Ter Rue de Saint-Gilles à Nîmes.

Malgré la fermeture de La Comédie depuis plusieurs mois, l’équipe n’a pas chômé. « Nous en avons profité pour embellir le café-théâtre. Nous avons également fait l’acquisition de quatre caméras pour faire du streaming. Mais on s’est rapidement rendu compte que le spectacle vivant doit rester vivant et dans l’esprit collectif, il restera vivant. Ce n’est pas quelque chose qui a fondamentalement marché. À l’avenir, ce dispositif nous permettra de faire des captations ou de faire des partenariats avec des structures accueillant des publics empêchés. Jusque-là, il nous a permis de garder le lien avec nos spectateurs », assure le co-gérant.

Sofi Martel et Arno Maxx, co-gérants du café-théâtre La Comédie à Nîmes (Photo : Stéphanie Marin/Objectif Gard)

Au-delà de l’aspect financier et bien que l’établissement a pu survivre grâce aux aides attribuées dans le cadre de la crise sanitaire, la perte de lien avec le public est la principale préoccupation de Sofi et Arno. « On appréhende un peu que le retour soit lent et progressif. Pour les premières représentations, ce n’est pas folichon au niveau des réservations mais nous nous y attendions. D’abord parce que nous rouvrons au moment du week-end taurin à Nîmes, mais nous l’avons fait histoire de, pour faire suite aux mesures d’allègement du protocole sanitaire », précise le duo.

Et de poursuivre : « Cette année, nous serons ouverts les week-ends de juillet et d’août alors que nous sommes fermés traditionnellement. En sachant pertinemment que ce ne va pas être tonitruant, nous avons fait ce choix pour maintenir le lien avec les spectateurs mais aussi pour les compagnies et comédiens qui ont une envie folle de retrouver les planches. Et nous espérons qu’en septembre tout rentrera dans l’ordre. » 

Dans les cinémas, le passage de la jauge de 35 à 65 % est aussi un soulagement. « On a pu doubler notre capacité, note Valentin, qui travaille au cinéma indépendant le Capitole, à Uzès. Imaginez, dans notre petite salle, à 35%, on ne disposait que de 14 places. » Résultat : « On était obligé parfois de  refuser du monde, souffle-t-il. C'est frustrant pour nous et les gens s'énervaient parfois car certains avaient fait de la route pour rien. Même s'il reste toujours la possibilité de réserver sur Internet au préalable. » Reste que même à 35 %, le cinéma a plutôt bien travaillé depuis le 19 mai, grâce notamment à « Adieu les cons » et « Des Hommes ». 

Au cinéma Le Capitole à Uzès, on est soulagé de passer à une jauge à 65% dans les salles. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Désormais, outre la jauge, cette troisième étape du déconfinement permet aussi au cinéma de vendre à nouveau des boissons, des confiseries et du pop corn. « Cela fait des rentrées d'argent qui ne sont pas négligeables », note Valentin. Précisons que les spectateurs doivent toujours garder le masque une fois la lumière éteinte. On a déjà vu plus pratique pour manger du pop corn…

« On retrouve enfin la normalité »

Autre salle, autre ambiance. Dans l’entrée de sa salle de sport ce mercredi, Florian Baron échange, masqué, avec Yann, l’un de ses plus fidèles clients. Comme Enzo et Anthony venus partager une séance de musculation durant laquelle leurs pectoraux en ont pris pour leur grade (notre photo ci-dessous), le gérant a franchi avec un plaisir non dissimulé les portes du Studio Danse Forme. « On retrouve enfin la normalité », se réjouit Florian Baron, fondateur de cette salle multisports créée en 2014 à La Calmette. 

Depuis plus d’un an, le trentenaire n’a cessé de s’adapter, toujours suspendu aux dernières annonces gouvernementales. Il y a d’abord eu les sessions en live sur Facebook qui, après avoir cartonné lors du premier confinement, se sont essoufflées au second. Puis les cours par petits groupes en extérieur qui viennent de s’achever. « On a fait le dernier ce lundi et on a conclu ça par une petite auberge espagnole », indique l’entrepreneur. Parce que le sport en salle était toujours autorisé à certaines conditions y compris avant que la bride sanitaire ne se relâche, celui qui est aussi coach sportif avait choisi d’accueillir certains de ses clients qui bénéficiaient d’une prescription médicale ces derniers mois. Un moyen de « garder le cap » après « un coup de moins bien » durant l’hiver. 

Enzo et Anthony en pleine séance de musculation à La Calmette (Photo : Corentin Migoule / Objectif Gard)

Avec - comme tous ses confrères - une jauge de 50 % de la capacité à respecter, Florian Baron se dit heureux de pouvoir retravailler « presque comme avant ». Pourtant, le mois de juin n’est pas propice à un engouement sportif et le gérant du Studio Danse Forme ne le sait que trop bien : « En général les gens pratiquent leur sport de manière régulière de septembre à mi-mai avant de se relâcher pour profiter de l’été et de toutes les tentations. »

Alors, pour rester attractive, sa salle restera ouverte sept jours sur sept, de 6 heures du matin à 23 heures. Aussi, une offre trimestrielle valable du 9 juin au 9 septembre comprenant l’accès à toutes les activités de la salle a été lancée. Les vestiaires, à nouveau ouverts, ont retrouvé leur usage habituel. Les douches restent quant à elles fermées mais peuvent être ouvertes exceptionnellement à la demande du client. « C’est difficile d’en refuser l’accès à quelqu’un », prévient Florian Baron, évoquant les sportifs de la pause méridienne trop heureux de pouvoir se refaire une beauté avant de regagner leur poste de travail. 

Désormais, cap sur la rentrée pour l’entrepreneur déjà en quête de la bonne formule à l’heure où l’incertitude sanitaire a rebattu les cartes. « Les gens ont peur de s’engager car ils craignent un nouveau confinement donc il faudra sans doute proposer des offres sans engagement, avec beaucoup de liberté. »

« J'ai l'impression que c'est serré maintenant »

Dans la restauration aussi, ce 9 juin a marqué le retour à un semblant de normalité. « Avec les nouvelles décisions gouvernementales, on a le droit d'ouvrir la salle intérieure à la moitié de sa capacité, pose Thierry Hernandez, gérant du bar-restaurant "Ma Cantine", à Uzès. Et on peut désormais servir une terrasse complète à 100% de sa capacité et rester ouvert jusqu'à 23 heures. » 

Thierry Hernandez est le gérant du bar-restaurant "Ma Cantine" à Uzès depuis 2012. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ce qui signifie plus de couverts et jusqu’à plus tard. Si la possibilité de rouvrir la salle est moins attendue, car « à cette époque, personne ne mange dedans, sauf les touristes incommodés par la fumée de cigarette mais ils ne sont pas là cette année », affirme le gérant, c’est plus la fin des restrictions en terrasse qui revient. « Je n'étais plus habitué, j'ai l'impression que c'est serré maintenant », glisse Thierry Hernandez qui, comme le cinéma voisin, a eu beaucoup de monde la première semaine de réouverture avant un retour à la normale. D’ailleurs, « On a changé quelques plats sur la carte mais pas trop car nos habitués avaient envie de retrouver le goût de leurs assiettes fétiches », explique-t-il, histoire de ne pas tout chambouler non plus.  

Si l’étau des mesures sanitaires se desserre, des restrictions, comme le couvre-feu à 23 heures, restent tout de même en vigueur jusqu’au 30 juin. « On essaye de se montrer compréhensif et de faire de la prévention, affirme Patrice Rous, chef de la police municipale du Grau-du-Roi. Nous allons maintenir nos dispositifs en collaboration avec la gendarmerie avec qui nous sommes liés par une convention de coordination. Il y aura toujours des contrôles dynamiques et statiques pour contrôler de manière aléatoire les différents points de la commune. » À bon entendeur…

Boris Boutet (au Grau-du-Roi), Stéphanie Marin (à Nîmes), Marie Meunier (à Uzès), Corentin Migoule (à Alès) et Thierry Allard

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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