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UN JOUR, UN CANTON Beaucaire : Qui pourra barrer la route du Rassemblement national ?

Il y a six ans, la victoire du Rassemblement national sur le canton de Beaucaire s’est voulue la preuve de l’implantation du parti de Marine Le Pen sur le territoire. Aujourd’hui, trois binômes sont en lice pour tenter de les déloger. Une mission impossible ? 

Jean-Pierre Fuster veut confirmer son élection

Jean-Pierre Fuster, conseiller départemental RN sortant (Photo : Stéphanie Marin)

Le canton est tombé dans l’escarcelle du Rassemblement national en 2015. Et le parti compte bien le conserver. Le sortant Jean-Pierre Fuster est candidat avec une nouvelle binôme : Élisabeth Mondet, pharmacienne à Beaucaire, qui remplace ainsi Sandrine Corbière. Le duo compte sur le soutien de Julien Sanchez, maire de Beaucaire, le chef-lieu du canton. L’an dernier, le frontiste a été réélu dès le premier tour des élections municipales. L’histoire pourrait-elle se répéter aux élections départementales, quand on sait que la ville de Beaucaire représente un tiers des voix du canton ? C'est bien ce qu'on espère au RN. Mais est-ce que la dynamique beaucairoise enrayera-t-elle les polémiques autour des Municipales de Vallabrègues ? Beaucoup de questions qui trouveront leurs réponses dans les urnes les 20 et 27 juin. Pour rappel : Jean-Pierre Fuster avait déposé un recours afin de demander l’annulation des élections. La justice ayant statué en sa faveur, un nouveau scrutin a été organisé. Toutefois Jean-Pierre Fuster n’a pas souhaité y participer, laissant son adversaire Jean-Marie Gilles se faire réélire pour un troisième mandat. En parallèle, Jean-Pierre Fuster a déposé une plainte au pénal visait Jean-Marie Gilles pour fraude électorale. Relaxé par le tribunal correctionnel, c'est finalement Jean-Pierre Fuster qui a été condamné à 2 500 euros d'amende pour abus de constitution de partie civile. Il a fait appel de cette décision.

Climent-Étienne, deux adjoints du territoire

Lancé par l’ancien conseiller départemental du canton, Juan Martinez, un nouveau binôme entre en piste. Il s'agit de deux adjoints : Cathy Climent à Jonquières et Frédéric Étienne à Bellegarde. Les candidats se revendiquent « sans étiquette », soucieux de défendre « les intérêts des citoyens sans faire de politique politicienne ». D’ailleurs, « nous sommes soutenus par nos maires qui sont à la fois de Droite et de Gauche ». Vous l'avez compris, le ticket veut donc ratisser large. Parmi les propositions, Cathy Climent, infirmière de profession, accorde une importance toute particulière aux personnes âgées : « les personnes de plus de 70 ans vont doubler en 2030 sauf que rien n’est prêt aujourd’hui ». Et à la candidate de proposer « de former nos jeunes qui sont au chômage et qui ont envie de bosser avec les personnes âgées. On pourrait imaginer un circuit en trois huit autour de la prise en charge médicale, de la restauration et des loisirs à domicile. La coordination pourrait partir du Département. » La lutte contre les déserts médicaux est aussi un axe de leur campagne : « tout le monde sait que les jeunes ne veulent plus travailler 72 heures par semaine. Certains veulent être salariés : le Département pourrait donc employer des médecins, les grilles indiciaires le permettent. À la maison médicale de Beaucaire, la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence l’a fait ! » Une Communauté de communes présidée par un certain Juan Martinez.

Une Gauche unie et claire

Jean-François Milesi et Marie-France Labbe (Photo : droits réservés)

Rassemblée, la Gauche incarnée par le tandem Jean-François Milesi et Marie-France Labbe espère profiter de la dynamique de l’union. Le premier est animateur du Parti communiste du canton de Beaucaire et professeur retraité du collège Eugène Vigne. Marie-France Labbe, elle aussi, est enseignante retraitée du collège Elsa Triolet. S’ils n’ont pas les relais de leurs adversaires déjà élus, les candidats misent d'abord sur leur clarté politique. « Nous siégerons dans une majorité de Gauche », indique Jean-François Milesi, se différenciant ainsi du binôme Climent-Étienne. Avant d'ajouter : « Sur nos affiches, il n’y a que nos photos ! Ce n’est pas comme le Rassemblement national qui met celle du maire de Beaucaire… On vote pour les élections départementales, pas les municipales. Ce mélange des genres floue les électeurs, abime la démocratie. Toutes ces postures ressemblent à des impostures ! » La salve passée, le binôme veut convaincre en avançant quelques projets : « le soutien à la déviation de Jonquières-Saint-Vincent : ça fait un demi-siècle qu’usagers et riverains attendent ce projet ! » Sur la prise en charge de la population vieillissante : « il nous manque un EHPAD mais aussi une structure intergénérationelle ou un accueil de jour pour les personnes âgées ». Enfin, marqueur de Gauche : les candidats militent pour un retour des services publics : « quand une Poste ferme, les gens prennent leur voiture pour se rendre dans le village à côté... Et ils en profitent pour y faire leurs courses ». La double peine ? 

La Droite et le Centre s'affichent 

Cécile Calamel et Christophe André.

Si dans quatre cantons du Gard la Droite n’a pas de candidat, à Beaucaire elle se devait d’être présente. L’enjeu n’est pas anodin sur ce canton où le Rassemblement national grignote peu à peu du terrain. Pour contenir l’échappée des électeurs de Droite vers le RN, le conseiller municipal d’opposition de Beaucaire Christophe André et son homologue d’Aramon, Cécile Calamel, partent au combat. Candidat à plusieurs reprises aux municipales beaucairoises, Christophe André a laissé la tête de liste en 2014 à la Pascale Noailles-Duplissy pour déloger le maire sortant. En vain... « Nous sommes là pour représenter les habitants et notamment ceux d’Aramon qui composent pour 14% des habitants du canton. Nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêt que Beaucaire, Bellegarde ou Jonquières plutôt tournés vers Nîmes et Arles », commente la candidate Cécile Calamel. À 57 ans, cette architecte de profession est critique vis-à-vis de son adversaire RN : « Depuis son élection il y a six ans, il ne s’est rien passé sur Aramon ! Il est isolé à l’assemblée départementale et ses idées ne pourront jamais être votées ». Le binôme André-Calamel souhaite mettre en œuvre « un plan de réhabilitation pour les logements sociaux » mais aussi « permettra aux gymnases d’ouvrir en dehors des horaires scolaires pour permettre aux associations de venir s’entraîner ». Enfin, « il faut accentuer la prévention du harcèlement et de la discrimination dans les collèges afin d’apporter une ouverture d’esprit aux jeunes ». 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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