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NÎMES Cinq enfants et leur maman vont se retrouver à la rue

À la permanence de Christian Bastid, ce mercredi matin (Photo : Coralie Mollaret)
À la permanence de Christian Bastid, ce mercredi matin (Photo : Coralie Mollaret)

Vendredi matin, à 9 heures, un huissier accompagné de la police expulseront Maria* et ses cinq enfants, résidant dans le quartier de la route d’Arles à Nîmes. L’élu départemental, Christian Bastid, cherche une solution en urgence pour éviter que les enfants ne se retrouvent à la rue. 

Au cercle de l’avenir, siège de la permanence de Christian Bastid, la mère de Maria a les larmes aux yeux : « Comment peut-on en France mettre une mère et ses cinq enfants à la rue ? » Depuis plusieurs mois, sa fille est en conflit avec le nouveau propriétaire de l’immeuble dans lequel elle loge, dans le quartier de la route d'Arles. En juillet 2019, celui-ci met fin au bail locatif avant de lancer une procédure d’expulsion pour cause de « bruit ». Pour Maria et sa mère, le prétexte est fallacieux : « forcément, quand on a des enfants, il y a du bruit. Mais ce n’est pas du tapage. D’autres voisins, comme ceux qui mettent de la musique jusqu’à 3 heures du matin, sont beaucoup plus bruyants que nous ! » 

Le propriétaire continuait de percevoir les loyers 

Il y a un an, en janvier 2020, la justice a tranché en faveur du propriétaire en ordonnant l’expulsion de la famille. Sauf qu’entre temps, la crise sanitaire et les confinements successifs ont gelé la procédure. « Ma fille a également eu des problèmes de santé », indique sa mère à mille lieues de prévoir que « l’on allait en arriver là ». Contrairement à d’autres locataires, Maria a toujours payé ses loyers. Si la rupture du bail a été actée en juillet 2019 et l'expulsion ordonnée en janvier 2020, le propriétaire aurait continuer à percevoir les 613€ d’allocation logement, en plus d’un complément d’environ 200€ toujours selon la mère de famille.

L'élu départemental Christian Bastid est inquiet : « à partir du moment où la procédure d’expulsion est engagée, c’est très difficile d’agir. Là, ce qui m’inquiète, ce sont les enfants. Non mais vous imaginez ? La police va mettre toutes leurs affaires dehors… C’est traumatisant ». Avec l’assistante sociale, l'élu a envoyé en urgence un mail à la préfecture, la seule en capacité de repousser l’expulsion. En vain. L’association DAL (Droit au Logement) a été informée du cas. En raison du grand nombre d’expulsions, Christian Bastid ne sait pas si les bénévoles de la structure pourront intervenir. 

Une solution en août à Garons ? 

Depuis plusieurs semaines, la mère de Maria est sur tous les sites Internet pour trouver une solution à sa fille : « Chez moi, c’est très petit », commente-t-elle. Titulaire du permis de conduire, Maria n’a rien contre déménager dans les villages alentours, comme Garons ou Rodilhan : « il faudra juste que je vois pour le transport scolaire de mes enfants ». Les deux plus âgés, 14 ans et 12 ans, sont scolarisés au collège des Oliviers et les trois plus petits au Mas de ville à l’école André-Chamson. 

En contactant un Toit pour tous, la mère de Maria a appris qu’une maison de village allait se libérer en août. Christian Bastid va essayer de les contacter pour avoir une lettre d’engagement, ce qui pourrait peut-être geler la procédure. « Le pire dans cette affaire, c’est que l’on n’est pas dans une situation où le locataire refuse de payer le loyer. Il s’agit d’un conflit de voisinage. Elle a été prise en grippe », souligne Christian Bastid qui a conseillé toutefois à la famille de prendre un box pour y installer ses affaires. 

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

*Le prénom a été modifié. 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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