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FAIT DU SOIR Au 1er REG, le colonel François Perrier est le nouveau chef de corps

Le colonel François Perrier a succédé au colonel Fleuret qui commandait le régiment depuis 2019. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Le 1er régiment étranger de génie (REG) compte 950 hommes dans ses effectifs. Ils sont depuis le 20 juillet sous le commandement du nouveau chef de corps : le colonel Perrier. (photo 1er REG)

Le mardi 20 juillet, le colonel François Perrier a vécu l'un des plus beaux moments de sa vie. C'est le jour où il a pris le commandement du 1er Régiment étranger de génie (REG), basé à Laudun-l'Ardoise. Il succède ainsi au colonel Antoine Fleuret. Nous l'avons rencontré pour son premier jour dans les bottes de chef de corps et découvert un homme au parcours remarquable, voulant tirer vers le haut ses troupes mais aussi très à l'écoute.

François Perrier a grandi en Afrique. Il voyait souvent des militaires français là-bas : "Très tôt, je me suis dit que ce serait une vie que j'aimerais bien mener." Être à l'étranger lui a aussi donné envie de travailler au côté d'étrangers. Il s'oriente donc tout naturellement vers la Légion étrangère.

Plutôt littéraire, il suit des études de lettres classiques (Hypokhâgne Khâgne) puis intègre l'école militaire de Saint-Cyr en 1999. En sortant, il choisit l'arme du génie. "Elle allie le combat à une très grande diversité de missions. On peut aller servir la population française au lendemain d'une inondation comme on peut aller déminer à l'autre bout du monde", atteste le colonel.

En 2003, il arrive au 1er REG comme chef de section à la première compagnie de combat avec 30 hommes sous ses ordres puis sera promu capitaine en 2006. Il a effectué cinq missions à Mayotte, Djibouti et en Côte-d'Ivoire. En 2010, il quitte le régiment et rejoint le centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) à Paris, là où toutes les opérations stratégiques sont conçues. De 2013 à 2015, il intègre l'école de guerre, concours obligatoire pour prendre la tête d'un régiment.

De Monsieur "Vigipirate" à "plume" du général Burkhard

En 2015, il est affecté au service du Premier ministre au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) où il occupait le rôle de "Monsieur Vigipirate". De 2017 à 2019, il revient au 1er REG au Bureau opérations et instruction et sera projeté en Irak comme chef opérations de la Task Force Monsabert. Il y a formé les forces irakiennes en charge de la sécurité de Bagdad.

En 2019, il renoue avec son amour des lettres et devient la plume du Cemat (Chef d'état-major de l'Armée de terre). Il rédige pendant deux ans les discours, les lettres, les ordres du jour du général Burkhard (qui va bientôt prendre le chef d'État major des Armées). Ce dernier a d'ailleurs fait l'honneur de sa venue lors de la prise d'arme le 20 juillet.

En tant que nouveau chef de corps du 1er REG, le colonel François Perrier "veut s'inscrire dans la continuité de (ses) prédécesseurs." Il tient à remercier le colonel Fleuret qui lui laisse un "régiment très solide, très soudé, avec un très bon niveau opérationnel." Loin de lui l'idée de mener une "révolution" quartier du Général-Rollet, "mon objectif, c'est de continuer à faire avancer le régiment."

"Viser l'excellence" et "développer les compétences"

Dans la continuité certes, mais aussi dans la modernisation pour "répondre à des engagements encore plus difficiles". "Il faut avoir une image en tête, celle du sapeur de combat : c'est lui qui est devant pour ouvrir la voie aux autres, c'est lui qui démine la route. Mais le sapeur dans 10 ans, qu'est-ce qu'il va devoir faire pour lutter contre nos ennemis de demain? C'est à nous de l'imaginer aujourd'hui." Pour lui de nombreux champs doivent être explorés comme le combat fluvial qui se développe, les opérations amphibie (trois ont été réalisées l'année dernière)...

Lors du premier ordre du jour adressé à ses hommes, le colonel Perrier, il a rappelé que chacun "devait viser l'excellence" : "On ne doit pas être dans une culture élitiste mais dans une culture où on cherche au mieux à développer ses compétences." Il demande aussi beaucoup d'exemplarité envers ses chefs et "d'identifier les talents de leurs hommes pour les faire grandir."

Il est heureux de retrouver le régiment de ses débuts, aux commandes maintenant de 950 hommes : "On est à charge d'âme. Le chef est responsable de beaucoup de choses. Ma mission, c'est que le régiment soit prêt à toutes les situations." Sa première journée à la tête du régiment a débuté par la cérémonie des couleurs avec la revue des troupes. "C'est un moment important, cela permet au chef de regarder ses hommes. On voit tout de suite dans le regard de quelqu'un si ça va ou si ça ne va pas", atteste le colonel Perrier.

"On doit être prêt pour la dangerosité du quotidien et pour la dangerosité du monde"

Il a accompagné ses troupes dans un premier exercice sportif de cohésion de groupe : de la course en treillis et du brancardage dans la Tave. "Notre métier peut bien se passer mais parfois, on peut avoir des blessés qu'il faut porter. Il faut mettre du sens dans ce qu'on fait", assure le colonel. Si les missions en France tournent autour du terrorisme et de la covid, il y a aussi un véritable axe de préparation sur le volet aléa climatique/catastrophe naturelle : "Vous connaissez le Gard... Il y a de l'eau et il peut y avoir des inondations. (...) Avec le dérèglement climatique, je ne pense pas qu'on va aller vers un monde plus calme. On doit être prêt pour la dangerosité du quotidien et pour la dangerosité du monde."

Premier exercice sportif de cohésion avec le nouveau chef de corps : du brancardage dans la Tave. Un entraînement utile en cas d'hommes blessés sur le terrain. (Photo 1er REG)

Pour rappel, le 1er REG s'occupe de la "liberté d'action de la brigade" : faire franchir des rivières, appui sur les débarquements, déminer, ouverture de routes, de pistes après avoir enlever tous les pièges, tous les engins explosifs... mais aussi d'empêcher l'ennemi d'avancer (poser des mines anti-chars, des réseaux d'obstacles...). "Surtout que les engagements de demain risquent d'être plus difficiles que ceux d'aujourd'hui", relate le colonel, qui ajoute : "Il suffit de regarder aux portes de l'Europe avec les conflits du Haut-Karabakh : 40 jours de combat, plus de 6 000 morts. C'était une guerre de haute intensité, avec des drones armés, de la désinformation. Faut se préparer à ce type de conflits avec des ennemis qui disposent de matériels de haute technologie."

De nouveaux équipements pour se préparer à l'évolution des conflits

Pour riposter, a été mis en place le programme Scorpion avec un système de combat tactique et évolutif. Dans ce cadre, le 1er REG a été équipé du nouveau véhicule Griffon : "Il embarque de la technologie qui permet un meilleur partage de l'information. L'idée c'est que chacun dans son véhicule voit la position des amis et des ennemis. Ce sont des véhicules qui protègent mieux les soldats."

Le régiment de génie fait partie des plus déployés en missions. En 2020, 700 hommes du régiment sont partis en mission dont 100-200 sur le territoire national. En ce moment, 160 hommes sont en Nouvelle-Calédonie, une soixantaine en mission Sentinelle à Paris. Une grande compagnie de 130 effectifs partira en Guyane en septembre pour quatre mois, avec un groupe de plongeurs de combat, pour lutter contre l'orpaillage illégal. Fin janvier, une compagnie sera déployée au Sahel dans l'opération Barkhane.

Le quotidien du nouveau chef de corps sera partagé entre ses hommes et l'extérieur du régiment. Derrière son exigence, le colonel veut garder une grande écoute et garde sa porte ouverte pour chaque légionnaire qui le demandera. Mais aussi pour leur famille. "Car les hommes se donnent plus par adhésion que par contrainte." 

Marie Meunier

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