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FERIA D’ARLES Émotions et sensations pour la corrida goyesque et le retour de Talavante

Le paseo de la corrida goyesque d'Arles en 2021 avec le retour d'Alejandro Talavante (Photo Anthony Maurin).

 

Panorama des arènes avant le paseo (Photo Anthony Maurin).

La corrida goyesque de la feria du Riz 2021 a vu Alejandro Talavante (oreille, salut et deux oreilles)  et Andrés Roca Rey (oreille, silence et deux oreilles) sortir en triomphe devant des arènes pleines à craquer. 

Cette corrida goyesque aurait pu être dantesque, une fresque d'arabesques presque chevaleresque, heureusement rien d'ubuesque, de grotesque ou de grand-guignolesque non plus ! Cette corrida goyesque fut simplement une bonne corrida de "reprise".

Le toro de Nuñez del Cuvillo (Photo Anthony Maurin).

Voir un amphithéâtre quasi rempli est une chose magnifique, surtout sous un soleil de fin d'été et un décor très coloré signé Diego Ramos. Voir un public radieux et heureux d'être là, de communier à nouveau. Entendre la musique de Chicuelo II, la soprano Muriel Tomao (habillée par Michel Bonzi) et le choeur Escandihado. Sentir, ressentir des émotions vives. Toucher le rêve de revoir Alejandro toréer... Y goûter avec délectation.

Chicuelo II, le choeur Escandihado et Muriel Tomao en rouge (Photo Anthony Maurin).

Le grand retour d'Alejandro Talavante au centre des ruedos s'est donc fait à Arles. Accompagné du Péruvien Andrés Roca Rey, ce retour s'est surtout fait devant des toros de Garcigrande, d’Adolfo Martín et d'un toro de Nuñez del Cuvillo. Le dernier Garcigrande (5) et le Nuñez (6) furent primés d'une vuelta al ruedo à titre posthume. De jeu divers, de force et de bravoure très varié, le lot a quelque peu déçu l'aficion qui s'attendait à de meilleurs collaborateurs.

Alejandro Talavante (Photo Anthony Maurin).

Alejandro Talavante ouvre le bal sous les hourras de la foule ravie qui va lui octroyer une belle oreille après un duel dynamique et avec une douceur enveloppante inexplicable. Le tout devant un bon premier toro de Garcigrande. La course démarre fort avec une émulation au quite entre les maestros, hélas, nous ne reverrons plus de chose semblable, dommage. Talavante revient aussi élégant et efficace qu'avant, sauf aux aciers où il s'y reprend sans ternir sa réputation.

Alejandro Talavante (Photo Anthony Maurin).

La course retombe dans le creux de sa vague. Quel creux... Premier toro d'Aldolfo Martin, première déception. Heureusement que la main gauche de Talavante a choisi ce moment pour se montrer sous son meilleur jour ! Encore une fois, l'Espagnol trace des lignes d'esthète, dessine sa faena sur le sable chaud mais le toro, fade, n'offre rien de plus que sa petite présence. Quand Talavante tente de creuser l'affaire et de déclencher quelque chose sous le mufle du cornu, le public n'apprécie pas et refuse les débats. Le natif de Badajoz essaie encore mais rien n'y fait. Salut.

Alenjandro Talavante (Photo Anthony Maurin).

On retrouve un peu de panache avec le toro de Garcigrande qui aura droit à la vuelta. Pour la vuelta, on pourra toujours en reparler mais elle n'est pas choquante. Le choc est venu du maestro. Quel moment de force et de savoir, quelle sensation de bien-être et de félicité. Voir un tel torero ne peut que réchauffer le coeur ! Dans tous les terrains, des deux mains, avec ou sans épée, dans les cornes ou sur la pointe des pieds, Talavante et son offre totale sont de retour. Qu'on se le dise, ça va piquer et on est heureux de le savoir !

Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin).

Deuxième de la course et premier de Roca Rey. Un de Garcigrande qui avait du moteur et qui transmettait de bonnes ondes. Le Péruvien prend sa place, ne veut surtout pas laisser Talavante prendre les devants. Il monte immédiatement sur le toro, lui montre qui il est sous les yeux d'un public conquis. Une faena comme il sait en concevoir, variée et panachée avec bien souvent un rapprochement des cornes qui émeut les tendidos et qui a le grand avantage de transmettre quelque chose. Oreille.

Andres Roca Rey et son Adolfo Martin (Photo Anthony Maurin).

Comme nous le disions tout à l'heure, voici la suite et fin du creux de la vague. Le quatrième toro de la course, le deuxième de Roca Rey si vous suivez, était un de chez Adolfo Martin, encore. Si Talavante avait salué, Roca Rey entendra le cinglant silence. Pas pire que le toro qui est sifflé à l'arrastre... Pourtant le Préuvien n'a pas démérité et s'est arrimé. On le savait enflammé, on l'a vu technique, pointu, examinateur de détails. Mais rien à faire.

Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin).

Andrés Roca Rey coupera les deux oreilles d'un dernier de Nunez, excellent et qui a fait son tour de piste, logique. Vibrant au cheval (Daïtane, une jument de la cavalerie Bonijol qui sortait pour la première fois), ce toro a soulevé les arènes. Comprenant la situation et voyant les qualités du bougre, Roca Rey n'a rien laissé échapper ! Des quites au pechos en passant par des cambios fous, des desplantes dingues et des séries entières de passion animée, Roca Rey a fait fort, très fort. Deux oreilles largement méritées, olé !

Sortie en triomphe des deux maestros, Alejandro Talavante et Andrés Roca Rey (Photo Anthony Maurin).
La piste de la goyesque (Photo Anthony Maurin).
Du public ! (Photo Anthony Maurin).
Beaucoup de public ! (Photo Anthony Maurin).
Talavante, encore (Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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