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FAIT DU JOUR Corridas : enfin une vraie feria !

Paseo Nîmes vendanges 2020 (Photo Archives Anthony Maurin)
Le paseo de la première corrida à Nîmes cette saison (Photo Archives Anthony Maurin).

Quel bien fou ! Rendez-vous compte, qui aurait pu penser il y a encore trois mois que nous allions connaître une feria presque normale ? Elle le sera dans les arènes où les cartels peuvent réserver de très belles surprises.

En cette fin d'année 2021, en mode feria, on pense forcément à celui qui n'est plus là depuis trente ans, Nimeño II. Sans oublier le passé et ses valeurs, regardons l'avenir proche et on ne peut qu'être satisfait de l'ouverture, un jeudi soir, de cette feria des Vendanges cru 2021 par la grande novillada de la Cape d'or.

Donné par la peña Antonio Ordoñez, ce trophée, remporté en son temps par Nimeño et bien d'autres célébrités de la sphère taurine, est un must dans la catégorie. La présentation des novillos de l'Arlésien Roland Durand mettrait un peu de sel sur le palais des amateurs.

Un novillo bondissant sur l'épaule de Manuel Perera. Ce sixième exemplaire de la course de présentation de Roland Durand, chez lui à Arles vendredi dernier, a fait son effet (Photo Archives Anthony Maurin).

Les novilleros, eux, se chargeront de mettre le feu. Vous voulez voir de la compétition ? venez jeudi soir. Carlos Olsina, Français et Biterrois, est à la hauteur du rendez-vous. Chef de lidia parfait pour l'occasion, il saura emballer la course par sa gestuelle tout en douceur. À ses côtés, Miguel Polope, connu des Nîmois curieux qui étaient venus il y a quelques années lors des novilladas sans picadors printanières.

Enfin, un Nîmois, Solal Calmet, Solalito. Une grande partie des espoirs de l'aficion repose sur ses frêles épaules. Solalito est un torero de valeur. Il est discret, sérieux, avance un pas après l'autre, mais sait où il va. Solalito est un futur grand, en tout cas il s'en donne les moyens et croyez-le quand il dit qu'il tentera tout, qu'il donnera tout pour gagner cette 60e Cape d'or.

Adrien Salenc avec un Gallon en 2018 encore de novillero à Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin).

Le vendredi, un autre Nîmois sera à l'affiche, un autre chouchou de l'amphithéâtre : Adrien Salenc. Avec une corrida de Garcigrande, forcément mobile et pleine de noblesse pour les toreros, celui qui sort en triomphe de toutes les arènes où il fait le paseo depuis le début de l'année est prêt à triompher dans sa ville. Il y confirmera par ailleurs son doctorat des mains de son idole de jeunesse, El Juli, et sous les yeux d'un autre monstre sacré en la personne de Jose Maria Manzanares II. Ces trois maestros à l'oeuvre ne peuvent qu'offrir aux gradins une belle occasion d'applaudir à s'en rompre les veines des avant-bras.

Léa Vicens sur son second toro il y a un an (Photo Archives Anthony Maurin).

Un corrida de rejon inhabituelle est proposée le samedi en matinée. Les toros de Fermin Bohorquez sont des habitués du genre et les centaures qui vont défiler face à eux le sont aussi. Enfin presque... Arles a vu l'alternative de Duarte Fernandes il y a quelques jours, Leonardo Hernandez et la Nîmoise Léa Vicens confirmeront celle de Francisco Palha. Il est toujours rafraîchissant de voir de nouvelles têtes dans les arènes pour une corrida équestre.

Juan Leal a triomphé des José Cruz et du Rafi à Saint-Gilles il y a un mois (Photo Archives Anthony Maurin).

Mano a mano au sommet pour l'après-midi de samedi. Les toros de Domingo Hernandez départageront Daniel Luque et Juan Leal. Luque est natif de Gerena, Leal d'Arles. Les deux ont pris leur alternative dans cet amphithéâtre et ils auront à coeur d'y briller une nouvelle fois. Daniel Luque est un rouleau compresseur et sa tauromachie s'est apaisée pour ne conserver que ce qu'elle avait de meilleur : le style, la classe et l'intelligence.

Leal, lui, a un autre concept, ni moins bon ni moins pertinent que celui de Luque. Juan Leal et fait preuve d'autorité et de domination. Il torée dans les terrains les plus proches des cornes, offre des sensations oppressantes aux étagères mais quand il parvient à les renverser, les arènes s'offrent à lui.

La verticalité d'El Rafi sur son second toro de José Cruz à Saint-Gilles cet été (Photo Archives  Anthony Maurin).

Le dimanche matin sera chargé en émotion. Déjà, on attend beaucoup des Victoriano del Rio qui ne déçoivent que très rarement, même si ce fut le cas il y a un an. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et la relève s'annonce meilleure. Le cartel monté par l'empresa Simon Casas est celui d'un coup de folie. Deux Péruviens et un Nîmois. Pas de grande connexion entre ces mondes...

Pourtant Andrés Roca Rey a pris son alternative à Nîmes, mais n'y a jamais réellement triomphé avec force alors qu'il est vénéré par la totalité de la planète des toros. Rare... Joaquin Galdos se présente chez nous, mais les aficionados le connaissent bien car le jeune et Roca Rey se sont tirés la bourre alors qu'ils étaient novilleros. Tarascon s'en souvient encore. El Rafi, le régional de l'étape, compte bien sortir en triomphe seul ou avec les deux autres. Dans tous les cas, les arènes seront acquises à sa cause mais attention, le public versatile peut rapidement se trouver de nouvelles icônes. Il va, comme toujours, falloir tout donner pour marquer les esprits.

Ferrera au mois de juin dernier (Photo Archives Anthony Maurin).

Corrida en solitaire pour clôturer cette feria. Un retour à la normalité inespéré, mais quel bonheur de voir quatre jours et nuits de fêtes dans les arènes comme dans les rues. Antonio Ferrera a fait le pari de la solitude. Un pari osé que Simon Casas a relevé. Tout cela en vue de la même course mais à Madrid, donc Nîmes servira d'échauffement.

Ne croyez cependant pas que le maestro va se la couler douce et laisser passer les toros comme on regarde tourner les aiguilles d'une montre. Non, c'est même peut-être lui qui va faire tourner en bourrique les toros de Robert Margé. Ferrera veut rendre hommage à la France et à ses élevages, sa tauromachie très variée, technique et tantôt dynamique, tantôt apaisante, se prête parfaitement au solo. Avec lui, pas de monotonie donc n'hésitez pas à faire le pari.

Des toros de Domingo Hernandez (Photo Anthony Maurin).

Vous l'avez compris, cette feria est comme un retour aux sources avec la présence de six Français sur le sable et de deux lots tricolores. Voilà de quoi, s'il hésitait encore, faire venir le public. "Qui aurait cru cela il y a trente ou quarante ans ? La tauromachie a évolué et s'il y a des Français à Nîmes, ce n'est certainement pas parce qu'ils sont Français. Simon Casas l'a toujours dit, ils sont là parce qu'ils ont les qualités pour y être !", lançait Curro Caro, le représentant de Simon Casas, lors de la présentation des toros de la feria lundi matin au corral.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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