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NÎMES Quand les jeux d’enfant redeviennent du sport à l’école

Le sport à l'école, pendant les course et pour mieux vivre ensemble (Photo Anthony Maurin).
Philippe Maheu, Sophie Béjean, le principal du collège Jean-Rostand et son adjointe (Photo Anthony Maurin).

C'est encore à titre expérimental, mais le collège Jean-Rostand a lancé son dispositif "30 minutes d'activités physiques". Pour l'occasion, la rectrice de la région, Sophie Béjean, s'est déplacée pour voir de ses propres yeux les enfants faire du sport qui n'en est pas.

Il fut un temps où le sport et l'école n'avaient aucun lien. Puisque les élèves sont devenus de plus en plus sédentaires, de moins en moins sportifs, l'école a pris à sa charge une partie de leur activité sportive via le sport. Les choses se sont délitées encore un peu et, ne faisant presque plus de sport, les jeunes se retrouvent dans une situation de surpoids qui peut poser quelques problèmes lors de leur scolarité.

Les générations passées jouaient dans la cour d'école, le matin avant les cours et pendant les récréations. Aujourd'hui, les téléphones sont de mise et le sport, même auprès des plus jeunes, est empêché par ce nouveau fléau. Alors il faut repenser une activité physique, un temps afin que les collégiens puissent faire, un peu à leur insu, du sport. "Perdre 20 minutes d'un cours, c'est pas rien" lance un prof. Et Philippe Maheu, directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gard de répondre : "Perdre, dans ce cas, c'est gagner !"

C'est tout le débat : gagner en vitalité, perdre en heures de cours. C'est ainsi que les classes de 6e, de 4e et une Ulis sont intégrées à un projet innovant. Non, en fait, il n'y a strictement rien d'innovant mais pour l'heure, c'est axe que l'on a trouvé de mieux en revenant quelques années en arrière.

Le sport à l'école, pendant les courses et pour mieux vivre ensemble (Photo Anthony Maurin).

La sonnerie a retenti, le collège est calme. Une classe reste cependant dehors et gagne le terrain de handball. Ces 6e ont un ballon de basket et vont jouer. Jouer. Jouer pendant une vingtaine de minutes. Jouer avec le ballon à se toucher de plus ou moins loin en citant le nom de la personne visée. Pour le principal, Didier Lambolez : "Je suis un ancien instituteur et je suis convaincu par les bienfaits que l'air et l'activité sportive peuvent faire aux élèves ! Nous nous sommes lancés dans cette expérimentation et les équipes n'ont pas été difficiles à convaincre. Nous voulons maintenant faire grossir le projet."

Ici, le projet prend tout son sens. Ce collège, depuis 2018, a vu son recrutement changer. Habituellement les enfants des CSP+ étaient seuls ou presque dans cet environnement mais tout à coup, les jeunes du quartier de Valdegour ont été intégrés à l'établissement. Une mixité sociale qui fait du bien à tous, mais qui est difficile à appréhender. "On a tout basé sur le climat scolaire, y compris en apportant des choses vues dans l'éducation prioritaire. Nous vivons la mixité et le sport est une réponse à nos questions, comme la laïcité", poursuit le principal.

(Photo Anthony Maurin).

Popur son adjointe, très impliquée dans le dossier : "Je me suis rendue compte que nos élèves étaient en surpoids, toujours un peu plus. C'est aussi un enjeu de santé publique car le surpoids complique l'apprentissage, pose des problèmes relationnels, de respect et de vivre-ensemble. Mais je voulais que ces temps de sport soient fixés dans les emplois du temps afin de mettre en place des routines." Pour les encadrer, les seuls profs de sport ne suffisent pas. Des professeurs d'histoire-géographie, d'arts plastiques ou de physique donnent un coup de main.

"On ne s'arrêtera pas à la seule date des JO 2024, même si l'établissement est labellisé comme tel ! Avec les sports dedans, ce ministère nous fait prendre conscience de la nécessité d'avoir une vision sur les temps de l'enfant et sur ses pratiques physiques. On peut même transmettre certaines valeurs par le sport en classe et le travail collectif", note Sophie Béjean, une rectrice heureuse de voir le projet prendre forme. "C'est intéressant au niveau de la capacité de concentration des élèves après le sport. Les élèves ne perdent pas de temps, ils en gagnent ! Et on ne parle que de 20 minutes de jeu tous les 15 jours..."

Dans la cour, on discute sur la suite du projet (Photo Anthony Maurin).

Les nouvelles mixités, sociale et culturelle, connues par l'établissement furent un changement radical pour les us et coutumes des lieux. Mais tout débute par une autre expérimentation. Gardoise celle-là. Philippe Maheu est conscient des enjeux. "Dans neuf écoles gardoises, 18 classes ont débuté cette approche l'an passé. Cette pratique peut-elle avoir un effet bénéfique sur le climat en classe ? Dans l'établissement ? C'est le but et nous voulons étendre cela car c'est intéressant et que ça participe à une forme d'éducation. Ici, à Jean-Rostand, les élèves viennent de six écoles, il faudrait rapidement les inclure dans ce dispositif."

Heureuse d'avoir assisté à ces quelques minutes de jeu d'un autre temps, la rectrice Sophie Béjean s'est avouée pleine d'espoir sur la question du sport, de l'école et du vivre-ensemble en bonne santé.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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