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NÎMES Devenir mère : parfois un long et difficile combat pour la vie

"Prêts à tout pour devenir parents", écrit par Gwennaëlle Balcerek est sorti le 27 juillet 2021. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

D'après une enquête menée par l'Institut national d’études démographiques en 2018, une naissance sur trente provient d'une procréation médicalement assistée. Derrière les chiffres se cache un parcours, un combat parfois comme celui de la Nîmoise Gwennaëlle Balcerek.

La PMA a fait la Une de l'actualité au début du mois d'août avec la promulgation de la loi bioéthique et des nouvelles dispositions qui en découlent : accès à la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes célibataires, droit d'accès aux origines des enfants nés d'une PMA, conservation des gamètes sans motif médical, recherche sur les embryons et les cellules souches... Mais au-delà de ces textes, ces débats, ces données chiffrées lâchées dans diverses publications, diverses études, que se cache-t-il réellement derrière ce sigle ? La Nîmoise Gwennaëlle Balcerek, 33 ans, a couché sur le papier son parcours semé d'embûches, de frustrations, de déceptions pour répondre à ce besoin bien plus qu'une envie de devenir mère. Ce témoignage, elle a voulu l'écrire noir sur blanc pour elle, "comme un exutoire et afin d'exprimer des choses ressenties, pas forcément compréhensibles pour l'entourage", mais aussi pour aider, accompagner les couples engagés dans ce processus, ne rien leur cacher.

"Prêts à tout pour devenir parents", écrit par Gwennaëlle Balcerek est sorti le 27 juillet 2021. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

"Une vie sans enfant, c'était impossible pour moi. J'étais paniquée rien qu'à cette idée". Gwennaëlle y a été confrontée lorsque le diagnostic d'un syndrome des ovaires polykystiques est tombé. Peu connu du grand public, il est pourtant l’un des désordres hormonaux féminins les plus fréquents. La Nîmoise souffre de trouble de l'ovulation, "j'ovulais pas ou très mal". C'est un premier combat qui s'engage pour elle, toujours soutenue par son mari. S'ensuivent des mois de traitement, des stimulations médicamenteuses qui n'ont pas eu de conséquences physiques mais psychologiques. "J'avais des sautes d'humeur et je ressentais une certaine culpabilité", se souvient-elle. Les cycles passent sans que Gwennaëlle ne voit son ventre s'arrondir. Le sujet de la procréation médicalement assistée est alors abordé et se concrétise au fil des semaines. Le couple dont la sexualité est à ce moment-là "optimisée, programmée" n'a plus qu'un mois d'essai avant de se lancer dans le protocole. "Mais le miracle s'est produit. Nous avons mis 13 mois à concevoir Jules. La rencontre avec cet enfant a été exceptionnelle." C'était le 24 septembre 2015.

"Ce n'est pas comme cela qu'on imagine faire un enfant"

Deux ans plus tard, l'envie d'un deuxième enfant se fait ressentir. Le couple en discute : "Mon mari n'était pas prêt. De mon côté, je ne voulais pas trop attendre car je savais que ça prendrait un peu de temps." Au mois d'août 2018, la jeune femme arrête sa contraception, la famille est fin prête à s'agrandir. Mais une nouvelle fois, la conception de cet enfant prend des allures de combat. Gwennaëlle multiplie les examens, les rencontres avec les spécialistes, les piqûres... Autant d'étapes épuisantes physiquement et moralement, les espoirs et les déceptions. Jules assiste à toutes ces épreuves, le couple ne lui cache rien, lui explique avec des mots simples, "il ne fallait pas que ça devienne un tabou, pas avec lui." Et cette fois-ci, la PMA n'est plus une option mais un passage obligé jusqu'à la fécondation in vitro. "Ce n'est pas comme cela qu'on imagine faire un enfant. Être obligée de faire confiance aux autres pour concevoir un enfant, ça a été très compliqué à accepter. Mais je n'ai jamais baissé les bras et mon mari m'a toujours épaulée, il est formidable, je ne cesse de le répéter dans mon livre."

Après des années de combat, Gwennaëlle Balcerek donnera bientôt naissance à son deuxième enfant, un autre garçon. (Photo : S.Ma/ObjectifGard)

Au fil des pages, l'auteure détaille tout de cet instant de vie, le protocole, le recueil des ovocytes au transfert d'embryons, cette fausse couche survenue le 22 décembre, les larmes puis la résilience et enfin cette merveilleuse nouvelle après trois ans de lutte : depuis le mois de février, la Nîmoise porte à nouveau la vie en elle et le trio attend l'arrivée de ce petit être, un garçon, avec impatience. "Au départ, j'ai été très détachée de cette grossesse, j'avais peur de le perdre. Je pense que je me préservais. Mais aujourd'hui - lors de notre rencontre, Gwennaëlle était enceinte de 5 mois et demi, Ndlr - le bébé va bien, je le sens bouger quotidiennement", sourit la jeune femme. Et la même de poursuivre : "Le plus étrange, c'est quand la PMA s'arrête, qu'il faut faire ses adieux à tout le corps médical, à toutes ces personnes qui vous ont suivies pendant un an et demi et qui presque du jour au lendemain sortent de votre quotidien." Que ces personnes ne se vexent pas, mais qu'elles sortent de la vie de cette famille, c'est bien tout le mal que nous pouvions lui souhaiter !

Stéphanie Marin

"Prêts à tout pour devenir parents", de Gwennaëlle Balcerek, paru le 27 juillet 2021.

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