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FAIT DU JOUR À l’Agglomération du Gard rhodanien, la neutralité carbone ne doit pas attendre 2050

Les mesures mises en place par l'Agglomération du Gard rhodanien ont été présenté au Pin. (Marie Meunier / Objectif Gard)

De nombreuses actions sont mises en place sur le territoire. Et ce, dans tous les champs d'intervention de la collectivité : petite-enfance, transport, déchets...

Patrick Palisse, maire du Pin, Jean-Christian Rey, président de l'Agglomération du Gard rhodanien, et Anthony Cellier, député de la 3e circonscription du Gard. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Le gouvernement français vise l'horizon 2050 pour atteindre la neutralité carbone. C'est-à-dire que les activités humaines ne doivent pas produire plus de carbone que ce qu'elles sont en capacité de capter. Pour l'instant, le ratio n'y est pas. D'autant qu'on n'a pas trouvé de procédé technologique aussi efficace que les arbres pour l'absorber.

"Il y a urgence à agir, il ne faut pas attendre 2050, clame Jean-Christian Rey, président de l'agglomération du Gard rhodanien. Il faut que l'on accélère les petites graines qu'on a déjà essaimé. Chacun à son échelle : collectivités, entreprises et citoyens. Et il n'y a pas de grands et de petits moyens." À l'échelle du territoire, plusieurs actions sont menées ou vont voir bientôt le jour, après un long travail d'élaboration de quatre ans. Et ce, dans tous les champs de compétences de l'Agglomération.

Le président rappelle : "Dans le Gard rhodanien, c'est plus de 643 000 tonnes équivalent CO2 qui sont produites chaque année. 40% proviennent de l'industrie, 20% du transport et le reste, c'est le logement, c'est nous tous. À l'horizon 2050, il faudrait en capter autant pour avoir l'autorisation de continuer." Deux solutions s'offrent aux territoires : baisser le niveau de production et/ou favoriser les solutions de captage.

C'est avec cet impératif en tête que Jean-Christian Rey a énoncé toutes les mesures prises dès aujourd'hui dans le Gard rhodanien. À commencer par les 17 centres aérés et les 13 multi-accueils qui maillent le territoire et qui amènent du service public à proximité de chaque foyer pour limiter les déplacements. "Et toutes les activités que l'on propose aux enfants sont en local : accrobranche, swing-roller", ajoute le président.

Bientôt une thermographie aérienne pour identifier les bâtiments les plus énergivores

Du côté de la cuisine centrale, déjà 30% des aliments servis dans les cantines sont issus de l'agriculture biologique et labellisée. Ce taux va encore augmenter grâce à la loi Egalim. L'Agglo veut également favoriser les circuits courts et mener tout un travail d'éducation à l'alimentation et à la saisonnalité, dans l'optique d'adopter les bons comportements dès le plus jeune âge et aussi de limiter le gaspillage.

Grâce à un important travail avec le député, Anthony Cellier, plus de 2 millions d'euros du "plan de relance" vont être injectés sur le territoire. Une grande part servira à la rénovation des bâtiments publics pour qu'ils soient moins énergivores. Parfois, les murs, les toitures, les menuiseries sont mal isolés, laissent passer de la chaleur et donc de l'énergie est dépensée pour rien.

Un des gros morceaux de l'Agglo consistera d'ailleurs à dresser une thermographie aérienne. Lorsque les températures seront basses et les chauffages allumés dans les maisons (entre décembre 2021 et février 2022), un avion survolera avec précision tous les bâtiments des 44 communes du Gard rhodanien. Il identifiera par rayons infrarouges les édifices les plus économes en énergie et les plus dépensiers à cause d'une mauvaise isolation.

Le tout sera communiqué ensuite aux habitants, qui n'ont pas toujours conscience de vivre dans une passoire énergétique. Et qui pourront ainsi solliciter les aides de l'État pour rénover leur habitation : changer les huisseries, les faux-plafonds, remplacer la chaudière... Les équipes de l'agglomération, de concours avec le Département et le CAUE (Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement), militent beaucoup pour qu'un guichet unique soit ouvert et facilitent la démarche pour les administrés.

Préserver les terres de l'autonomie alimentaire de demain

Chaque année, l'Agglomération investit 28 millions d'euros dans l'eau et l'assainissement, de la manière la plus rationalisée possible et pour un résultat de qualité. L'eau est un enjeu au coeur du territoire. Elle permet à l'industrie et à l'agriculture de travailler quand les touristes en profitent pour un usage ludique, en canoë par exemple. "Le rôle de l'Agglo passe par le SCoT (Schéma de cohérence territoriale). Il est parfois contraignant et difficile (...) mais il faut être attentif aux zones agricoles et aux zones naturelles qui demain, nous servirons à l'autonomie alimentaire. C'est important de sacraliser ces terrains et au passage, de ne pas lancer une urbanisation sans contrôle", poursuit le président.

43% du territoire de l'Agglo est occupé par de la forêt, alors la collectivité la protège, notamment via le dispositif Natura 2000. Le photovoltaïque est illimité dans le SCoT pour les zones déjà anthropisées : "Grâce à la CleanTech Vallée et au contrat de transition énergétique (CTE) signé en 2018, on a des projets de photovoltaïque nouvelle génération, pas forcément horizontaux, mobiles, qui peuvent protéger contre la grêle la végétation ou capables de faire de la rétention d'eau en cas de pluie."

"Un certain nombre de nos déchets va jusqu'à Toulouse, Montauban ou Perpignan pour être traités"

L'un des grands chevaux de bataille de Jean-Christian Rey, ce sont les déchets: "On produit plus de déchets que l'on est capable d'en traiter en circuit court... On travaille à ce que tous soient traités dans un rayon de 50km. Aujourd'hui, dans le Gard, on se retrouve en situation de monopole où nous n'avons pas assez de place dans l'incinérateur de Nîmes ou dans le centre d'enfouissement de Bellegarde, et donc un certain nombre de nos déchets va jusqu'à Toulouse, Montauban ou Perpignan pour être traités. C'est inadmissible."

Pour pallier ce problème, l'Agglo travaille avec la CleanTech Vallée pour que tous ces déchets puissent devenir de l'hydrogène qui pourra alimenter les moteurs de demain. Et en 2023, la redevance incitative sera en vigueur (plus vous produisez de déchets, plus vous payez, ndlr) et devrait engager les administrés à mieux trier et à favoriser le recyclage: "Si on arrive à faire baisser le tonnage des déchets, on pourra aussi baisser le nombre de passages de camions de collecte."

Inciter les entreprises à arrêter la lumière la nuit, miser sur le slow tourisme, mettre des transports en commun reliant toutes les communes du territoire pour délaisser la voiture, équiper progressivement les agents de l'Agglo de véhicules électriques... La liste est longue et saluée par le député, Anthony Cellier, pour qui la "transition écologique" doit laisser place sans attendre à "l'accélération écologique" : "Il faut dire que peu de choses sont faites compte-tenu de l'urgence. Et plus le temps avance, plus ça risque de bouleverser nos quotidiens. [...] Le travail est colossal et c'est maintenant qu'il faut le faire."

Chacun apporte sa pierre à l'édifice, même les plus petites communes, comme Le Pin, où s'est tenu ce point presse. La commune est particulièrement précurseur dans le développement durable et a obtenu un label trois étoiles "Villes et villages étoilés". Vous pourrez retrouver toutes leurs mesures dans un prochain article.

Marie Meunier

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